Publié le 9 septembre 2008

Message de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la la lutte contre le paludisme dans le monde, le 9 septembre 2008.

Message de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la la lutte contre le paludisme dans le monde, le 9 septembre 2008.

9 septembre 2008 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Par la faute d'une actualité internationale très chargée, j'ai malheureusement dû renoncer à me trouver au milieu de vous aujourd'hui pour inaugurer la très belle exposition de William DANIELS sur le paludisme. Je suis sûr que les centaines de milliers de personnes qui la verront seront touchées par la grâce qui se dégage de ses photographies au service d'un message fait de gravité et d'espoir.
Permettez-moi d'abord de remercier mon amie Michèle BARZACH pour son initiative qui attire notre attention sur une pandémie qui nous concerne tous.
Vous êtes venus nombreux ici pour témoigner de votre détermination, de la détermination de la France, de l'Union européenne et de ses partenaires, à gagner le combat pour un monde sans paludisme. Aujourd'hui, ce combat est une urgence, ce combat est une obligation - nous devons y mettre toute notre énergie.
Il est inacceptable qu'au XXIème siècle, plus de 3 milliards de personnes vivent sous la menace du paludisme dans plus de 100 pays. Il est inacceptable que le paludisme tue, chaque année, un million de personnes. Il est inacceptable de savoir que, dans les cinq minutes qui viennent, dix petites filles et petits garçons africains vont mourir pour avoir été piqués par un moustique infecté. Arrêtons-nous un instant sur ces chiffres terrifiants. Et rappelons-nous que ces morts sont évitables, parce qu'aujourd'hui nous avons les moyens d'éradiquer cette grave maladie.
Nous avons su éliminer le paludisme en Camargue, dans le marais poitevin et dans le Morbihan dans les années 1930, puis en Corse dans les années 50. Aujourd'hui, nous savons prévenir le paludisme, pour quelques euros seulement, avec de simples moustiquaires imprégnées et des pulvérisations d'insecticides à domicile. Nous savons aussi le traiter, avec les nouveaux médicaments à base d'artémisinine. Et nous avons la preuve que des résultats très rapides et spectaculaires peuvent être obtenus, comme en Éthiopie, au Rwanda ou en Tanzanie.
La France est fermement engagée dans la lutte contre le paludisme. Elle entend bien convaincre tous ses partenaires à augmenter leurs efforts.
C'est un médecin français, un militaire, Alphonse Laveran, qui a découvert le premier la cause du paludisme. Et il a obtenu le prix Nobel de médecine pour cela il y a un siècle. Plusieurs équipes de l'Institut de Recherche pour le Développement, de l'Institut Pasteur et du CNRS ont une notoriété internationale dans tous les domaines de la recherche sur le paludisme, des sciences fondamentales aux sciences humaines et sociales. C'est une grande entreprise pharmaceutique française, SANOFI-AVENTIS, qui est un des leaders des traitements. Depuis 2000, c'est près d'un demi-milliard d'euros que nous avons consacrés à la recherche, et à prévenir comme à lutter contre la maladie. Et grâce à leur contribution au Fonds mondial et à UNITAID en particulier, la France et les Français financent 20 % de l'effort international. Je tiens d'ailleurs à saluer tout particulièrement notre compatriote Michel KAZATCHKINE pour le travail remarquable du Fonds mondial, dont la France est le 2ème contributeur mondial.
Le paludisme nous concerne tous. C'est une maladie qui ignore les frontières. Le réchauffement climatique la fait resurgir dans des zones où elle n'existait plus depuis longtemps.
Le paludisme nous concerne tous car c'est une bombe à retardement sur le développement de notre planète globalisée. Le paludisme ne fauche pas seulement les vies et la santé des générations actuelles d'un continent que nous aimons, l'Afrique. Il assombrit l'avenir de ses générations futures, il brise les chances de croissance, de développement et de prospérité de toute une région du monde. Il accroît la pauvreté des plus pauvres. Ce faisant, le paludisme met en danger la stabilité et la paix de tous.
Mesdames et Messieurs,
Je veux témoigner une nouvelle fois, quelques jours avant l'Assemblée générale des Nations-Unies et à mi-parcours de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, de la détermination de la France et de l'Union européenne à lutter vigoureusement contre les pandémies dans les pays les plus pauvres.
"Roll Back Malaria" prépare un plan d'action mondial de lutte contre le paludisme. Ensemble nous pourrons obtenir qu'en 2015 cette pandémie ne soit plus une cause majeure de mortalité, qu'elle ne soit plus un obstacle au développement économique et social et à la croissance. J'appelle toute la communauté internationale à se mobiliser pour contribuer à l'éradication du paludisme. Nous pouvons le faire et nous pouvons le faire maintenant. La France poursuivra et accentuera ses efforts. Les regards de détresse et d'espoir magnifiquement saisis par William DANIELS nous obligent.
Bonne soirée à tous.

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