Publié le 30 septembre 2006

Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les liens entre la France et l'Arménie, à Erevan le 30 septembre 2006.

Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les liens entre la France et l'Arménie, à Erevan le 30 septembre 2006.

30 septembre 2006 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires
et les représentants des Français de l'étranger,
Mes chers compatriotes,
Je voudrais tout d'abord vous dire ma joie d'être parmi vous, la joie de mon épouse, celle de la délégation qui m'accompagne. Et je tiens à remercier chaleureusement l'Ambassadeur de France et Madame Henri CUNY qui nous ont reçu avec toute la qualité qu'ils ont mis dans tout ce qu'ils ont fait ici.
L'Arménie et la France, ce sont d'abord les legs d'une longue histoire commune. Notre relation a épousé les grands mouvements du monde, depuis les temps les plus anciens jusqu'aux tragédies du XXe siècle.
Tragédie du génocide, dont j'ai commémoré le 90e anniversaire, l'an dernier à Paris, aux côtés du Président KOTCHARIAN. Tragédie de la deuxième guerre mondiale et de l'occupation contre laquelle s'engagèrent nombre de nos compatriotes d'origine arménienne, à l'image de Missak MANOUCHIAN et de ses compagnons, dont je salue, une fois de plus, avec émotion, la mémoire. La France n'a pas oublié leur sacrifice et ne l'oubliera pas.
Elle n'oublie pas non plus les 5 000 Arméniens de France et leurs enfants qui, portés par les espoirs de l'après-guerre, retournèrent dans le pays de leurs pères, pour aider à sa reconstruction.
Certains sont, je le sais, parmi nous aujourd'hui et c'est à eux que je m'adresse à présent. Votre rêve se brisa sur les sombres réalités de la dictature stalinienne. Pris au piège du totalitarisme, emmurés dans un système fermé, vous êtes devenus des "naufragés de la terre promise".
Malgré les difficultés, malgré l'éloignement et l'oubli parfois, vous avez maintenu vos liens avec la France. La pérennité et la force de notre relation vous doivent, sans aucun doute, beaucoup.
Aujourd'hui encore, plusieurs centaines d'entre vous demeurent, selon le mot de notre grand ami Charles AZNAVOUR, à la fois 100% Français et 100% Arméniens. La France connaît les épreuves que vous avez traversées et les obstacles que vous avez dû surmonter pour faire reconnaître la singularité de votre situation. Par ma voix, la France vous exprime son estime et son affection.
Mes chers compatriotes,
Signe des changements profonds intervenus en Arménie ces dernières années, la communauté des Français d'Arménie se renforce sensiblement. Aux côtés d'enfants de la diaspora venus renouer avec leurs racines et participer à la renaissance du pays de leurs aïeux, elle a vu l'arrivée des familles des représentants des entreprises françaises.
Aujourd'hui, l'Arménie connaît une forte croissance économique et offre à nos entreprises de vraies chances de développement. Chances qui seront plus importantes encore le jour -prochain je l'espère- où s'ouvriront enfin les frontières de l'Arménie, à l'Ouest comme à l'Est.
Si de nombreuses entreprises ont fait le choix de l'Arménie, c'est parce qu'elles savent y trouver les jeunes talents dont elles ont besoin. Cette jeunesse, avec son niveau élevé de formation, est l'un des atouts les plus importants de l'Arménie de demain.
La présence à Erevan d'une Université française, en partenariat avec l'Université de Lyon III, est une chance pour le rayonnement de la France dans toute la région. Grâce à cette université, nos entreprises savent pouvoir trouver en Arménie des cadres formés au niveau des meilleures de nos grandes écoles de commerce ou de nos plus brillantes filières universitaires.
Mes chers compatriotes,
Au moment où s'ouvrent l'année de l'Arménie en France et la saison française en Arménie, j'ai souhaité vous dire ma confiance dans l'avenir de l'Arménie et dans la force des relations entre l'Arménie et la France.
Une relation dont vous êtes les premiers acteurs. Vous qui portez ici notre précieuse amitié. Vous qui, dans la grande diversité de vos situations, de vos activités, de vos talents, êtes unis par une même passion, celle de l'Arménie, ce pays si cher au coeur de la France et au coeur des Français.
Je forme, pour chacune et chacun d'entre vous et pour celles et ceux qui vous sont chers, des voeux ardents de réussite et de bonheur.
Vive la République ! Et vive la France !

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