Publié le 18 novembre 2004

Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations franco-britanniques dans le cadre de l'Union européenne, à Londres le 18 novembre 2004.

Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations franco-britanniques dans le cadre de l'Union européenne, à Londres le 18 novembre 2004.

18 novembre 2004 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Lord Chancelier,
Monsieur le Speaker,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Mesdames et Messieurs les membres des Parlements britannique et français,
Je vous remercie des paroles de bienvenue et d'amitié que vous venez de m' adresser. C'est effectivement la deuxième fois qu'il m'est donné de venir ici, au Palais de Westminster, au coeur même de votre grande démocratie, rencontrer les représentants du peuple britannique.
La Grande-Bretagne et la France sont deux vieilles nations : leurs institutions, leurs identités, leurs approches du monde sont le fruit d'histoires millénaires. Ces histoires sont distinctes, mais ces histoires sont jumelles: nos deux pays se sont beaucoup combattus, mais ils se sont aussi beaucoup emprunté. Ils partagent de longue date un même attachement à la démocratie, à la souveraineté, à la règle de droit. Cet engagement, ils l'ont, ensemble, défendu, aux heures les plus sombres de leur histoire, contre la barbarie. Ils continuent aujourd'hui de le défendre ensemble, au service d une aventure exaltante et historique, la construction de l' Europe.
Quand nos deux pays signèrent ensemble les textes qui fondent l' Entente cordiale, il y a cent ans, l'Union européenne, telle qu'elle est aujourd'hui, était assurément inconcevable. Mais la vision qui a inspiré le Roi Edouard VII, Lord Landsdowne, Paul Cambon, Théophile Delcassé, a aussi guidé, cinquante ans plus tard, les pères fondateurs de l' Europe moderne. Leur idée, simple et audacieuse, d'une "Entente permanente", est devenue une réalité entre nos deux pays, réalité scellée dans "le sang et les larmes" de deux conflits mondiaux. Elle est aussi devenue, plus tard, une réalité entre les Etats membres de notre Union, une réalité qui fonde la paix et enracine la démocratie sur le continent européen.
Entente cordiale, Union européenne, aujourd'hui ces inspirations visionnaires se rejoignent. L'Europe a besoin d'un partenariat fort entre le Royaume-Uni et la France.
Un partenariat pour une Europe plus forte, plus sûre, plus juste, dans laquelle les citoyens trouvent une réponse aux défis qui nous sont collectivement lancés.
Un partenariat qui prend déjà forme avec l'engagement commun de nos troupes dans les Balkans et en Afghanistan. Avec notre souci partagé de promouvoir une Europe plus compétitive et plus ambitieuse en matière de recherche et d'innovation. Une Europe attachée à son modèle social et déterminée à encourager le développement durable sur la planète. Ce sera, avec l'Afrique, une priorité de la Présidence britannique du G8 et celle-ci peut compter sur notre appui.
Le Royaume-Uni et la France partagent un destin commun dans une Europe respectueuse des nations qui la composent. Dès lors, le choix nous appartient : nous pouvons nous laisser entraîner par les mythes et les préjugés, caricaturer nos différences, ou bien choisir de valoriser les réalités, de consolider et d'approfondir notre alliance, de joindre nos forces, les formidables capacités de nos pays, leur complémentarité pour relever ensemble nos défis communs.
Je ne doute pas de la réponse de la France. Je ne doute pas non plus de celle du Royaume-Uni, alors qu'il s'apprête à prendre, au second semestre de l'année prochaine, la Présidence de l'Union. Nos deux peuples seront appelés à se prononcer par référendum sur l'étape décisive que représente, dans la construction européenne, le Traité constitutionnel que nous avons signé ensemble à Rome le mois dernier. Je forme le voeu que Britanniques et Français confirment, par leur vote, leur foi dans l' Europe, la paix, la démocratie et l'avenir.
Je vous remercie.

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