Publié le 11 avril 1988

Intervention de M. François Mitterrand, Président de la République et candidat à l'élection présidentielle de 1988, à à Antenne 2, FR3 et France-inter le 11 avril 1988, sur ses objectifs.

Intervention de M. François Mitterrand, Président de la République et candidat à l'élection présidentielle de 1988, à à Antenne 2, FR3 et France-inter le 11 avril 1988, sur ses objectifs.

11 avril 1988 - Seul le prononcé fait foi

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Qu'attendez-vous, mes chers compatriotes, de celui que vous aurez élu dans moins d'un mois à la Présidence de la République ?
- D'abord, je le suppose, qu'il garde la France, qu'il la préserve de ses divisions, de ses déchirements £ qu'il veille à son unité et qu'il sache la rassembler quand il le faut.
- Vous attendez de lui, du moins je le suppose encore, qu'il ait autorité pour fixer les grands choix de notre politique extérieure, de notre politique de défense, puisqu'en fin de compte, c'est lui qui porte devant vous et devant notre Histoire la responsabilité suprême du pays.
- Vous attendez de lui enfin qu'il détermine les objectifs, simples et forts, que l'on attend.
- Le premier de ces objectifs, c'est l'Europe. Construire l'Europe, je n'ai jamais cessé d'y croire, je n'ai jamais cessé de le vouloir. C'est dans l'Europe et par l'Europe que nous projetterons dans l'avenir les valeurs de notre Patrie. Le deuxième objectif, c'est la défense de la paix. Depuis quelques mois, les Etats-Unis d'Amérique et l'Union soviétique se sont engagés dans la voie du désarmement nucléaire. Nous devons les aider et les encourager sans renoncer, bien sûr, à garantir notre sécurité.
- Le troisième objectif de notre politique extérieure doit être d'entraîner les grandes puissances industrielles, celles qu'on appelle les pays riches, à réduire le fossé qui les sépare des pays pauvres.\
Et chez nous, qu'allons-nous faire, mes chers compatriotes ? Il n'y a qu'un mot d'ordre : moderniser nos entreprises et rendre notre industrie et notre agriculture plus compétitives encore.
- Mais pour moderniser l'instrument, il faut former ceux qui s'en servent : priorité donc à l'éducation nationale, à la formation professionnelle, à la recherche scientifique. Alors, par une politique intelligente d'investissements productifs, nous créerons les emplois qui nous manquent. Nous en sommes capables, faisons-le.
- Mais il n'y aura de France unie, de France forte, de France en mouvement, que si en même temps nous luttons contre les injustices, si nous corrigeons les inégalités, si nous choisissons la solidarité. Défendons la Sécurité sociale, développons la politique contractuelle et refusons les exclusions.
- Voilà ce que je vous propose, mes chers compatriotes, au nom de l'immense mouvement des forces de la jeunesse, des forces du travail et des forces de la création.
- A bientôt.\

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