Publié le 5 janvier 1988

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, aux forces vives de la nation, Paris, mardi 5 janvier 1988.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, aux forces vives de la nation, Paris, mardi 5 janvier 1988.

5 janvier 1988 - Seul le prononcé fait foi

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En cet après-midi et à l'occasion du début de l'année 1988, je vous adresse mes voeux, mes voeux de bonne année, comme je l'ai fait déjà depuis quelque temps. Je pensais, en effet, vous vous en souviendrez - ceux du moins qui se trouvaient là le premier jour - qu'ayant l'occasion de rencontrer le gouvernement, les Assemblées parlementaires, le Conseil économique et social, les autorités militaires, les autorités religieuses, la presse, la ville de Paris, il était normal aussi de pouvoir échanger quelques propos et traduire nos intentions à l'égard de celles et de ceux qui représentent, à la fois, les milieux du travail, de la production, les associations, dont l'objet social, familial représentent à mes yeux un élément déterminant de la vie de la Nation. Et je n'énumère pas ici l'ensemble des mouvements ou organismes que vous représentez.
- C'est votre réunion ici, la réunion de celles et de ceux qui sont là devant moi, qui s'occupent des autres. Il n'y a pas d'enseignants dans un village, pas un travailleurs de quelque rang qu'il soit à l'intérieur d'une usine, d'une entreprise qui ne puissent se sentir représentés par ceux qui animent les grandes organisations syndicales. Il y a tous ceux que vous représentez, les chefs d'entreprise, les cadres, les employés, les ouvriers. Je voudrais vous dire à quel point je pense qu'il est indispensable pour la République, que vous vous sentiez véritablement associés en plus de vos fonctions qui sont, en effet, celles qui vous incitent naturellement à rencontrer vos partenaires, à rencontrer l'Etat. Lorsqu'il arrive quelques moments où l'on s'arrête comme cela - cela ne dure pas longtemps - pour considérer l'année qui vient de s'écouler, imaginer ou espérer l'année qui commence, on peut tout de même ensemble prendre l'instant d'amitié, de cordialité et du dialogue entre les uns, les autres, ceux qui se battent pour le service des Droits de l'Homme en France et sur le -plan international. Ce que je viens de dire montre bien à quel point c'est une mosaïque nationale dans sa vie quotidienne, dans la défense de ses intérêts légitimes et aussi de ses préoccupations intellectuelles, spirituelles, de ses luttes nécessaires de l'affirmation des droits tels que chacune de vos organisations les considère. C'est donc à ce -titre que je me réjouis de vous rencontrer cet après-midi.\
Vous êtes vraiment le témoignage vivant des deux pôles de la Nation, sa cohérence et sa diversité. Diversité, mesdames et messieurs, faut-il que j'insiste ! C'est elle qui apparaît le plus souvent. Vous avez pour mission, au demeurant, de l'exprimer. La diversité extrême de la Nation française et la cohérence d'un grand pays comme le nôtre qui après avoir marqué les frontières de ses diversités se joint à quelques grands rendez-vous nationaux où chacun sent soudain que les frontières intérieures s'effacent pour laisser place au service de la Patrie, au sentiment national, ou tout simplement à la joie d'être partie d'un même peuple dont nous faisons l'histoire chacun à sa façon. Je vous dirai donc bonne année, mesdames et messieurs, pour vos organisations et vos associations. J'imagine assez aisément vos soucis £ ce n'est jamais facile d'organiser, de durer, de faire ce qui fut il y a parfois des décennies - d'autrefois beaucoup plus - né d'un élan, d'un enthousiasme, d'une nécessité ressentie en un point donné. Et ensuite là, il faut que la tâche devienne constante, il faut résister au temps, aux épreuves du temps, aux antagonismes, aux rivalités, bref à cette dialectique qui est la marque même de la vie. Je reconnais bien entendu parmi vous beaucoup de visages qui me sont connus, il en est quelques autres - en raison du renouvellement - que j'aurai plaisir à connaître dans un instant.
- Sentez-vous vraiment dans ces lieux, c'est-à-dire le Palais où vit, où travaille le Président de la République, sentez-vous comme dans n'importe quel coin de France. J'ai tenu à honorer les millions de Français dont vous êtes les interprêtes et vous-mêmes en particulier puisque vous en êtes les défenseurs choisis, puisque vous avez pour charge d'apporter à ceux qui sont représentants surtout du gouvernement et des pouvoirs publics vos propres questions. Le dialogue, mesdames et messieurs, n'a pas tellement de lieux où se poursuivre £ nous n'avons pas tellement l'occasion d'aboutir à créer une sorte de consentement national. Ces moments sont rares naturellement - rares, ce n'est pas que l'époque actuelle soit plus difficile que les autres mais il en va de notre tempérament, de nos traditions, de nos façons d'être. Oui, j'ai dit la diversité. Je vais saluer aujourd'hui la cohésion nationale en vos personnes et exprimer le voeu que vous-mêmes, ceux que vous aimez, vos cercles familiers puissent aborder cette année nouvelle avec l'espérance chevillée au coeur, le souhait d'une part de réussir dans vos -entreprises et d'autre part de réussir dans votre vie. On sait bien ce qu'il en sera ce qu'il en restera. Qui pourrait le dire aujourd'hui ? Mais la noblesse de l'homme, c'est l'effort, c'est toujours d'essayer, c'est de vouloir, d'entreprendre. Ce n'est pas moi qui le dis, la réussite c'est une autre affaire, mais entreprendre c'est aussi la fierté de ceux qui le font. Qu'ils agissent au mieux et ils sauront en début de 1989 si l'année précédente, celle que nous engageons, aura été utile. Je souhaite mesdames et messieurs, que l'année 1988 soit utile à vos travaux, qu'elle soit heureuse pour vos personnes. Que puis-je vous dire d'autre sinon le plaisir personnel que j'éprouve à vous retrouver maintenant.\

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