Publié le 1 juillet 1987

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception offerte à la communauté française, Helsinki, mercredi 1er juillet 1987.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception offerte à la communauté française, Helsinki, mercredi 1er juillet 1987.

1 juillet 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Je profite de ce voyage d'Etat en Finlande pour vous rencontrer. En effet, chaque fois qu'il m'est donné de me rendre dans un pays étranger, je considère comme importante cette relation directe avec les Français qui vivent loin de chez eux, qui ont organisé leur vie sans perdre sans doute le lien qui les unit à leur patrie, mais qui sont affrontés à des problèmes différents, à des relations familiales souvent différentes, dans un milieu qu'ils apprennent à connaître, au sein duquel certains des Français se fixent définitivement tandis que d'autres sont de passage. Mais toutes et tous s'efforcent de mieux comprendre ce qu'est le pays dans lequel ils vivent et rapportent, lorsqu'ils reviennent en France, l'essentiel de cette expérience.
- Sans vous connaître, mesdames et messieurs, je peux facilement imaginer qui vous êtes, aussi bien celles et ceux qui sont en Finlande depuis très longtemps, qui ont construit leur foyer, pour lequel désormais c'est leur vie, sans avoir, j'imagine, en quoi que ce soit rompu l'attachement qu'ils doivent à leur pays, que celles et ceux qui sont de passage, je veux dire qui remplissent un contrat professionnel de peu de durée mais assez cependant pour que, non pas tellement loin de la France, - que sont devenues les distances ? - mais dans une forme de civilisation différente - climat, moeurs - ils vivent dans une histoire et une géographie qui n'évoquent que d'assez loin les nôtres.
- Vous avez, mesdames et messieurs, une fonction en tant qu'individus, ou groupe familial, professionnel, une fonction de représentation comme l'ont ceux d'entre vous qui représentent officiellement la France. Je suppose que vos pensées se portent souvent vers votre pays ou vers ceux des vôtres que vous avez laissés en France et que vous devez connaître les difficultés de chacun, difficultés, chagrins mais aussi les joies, qui marquent toute vie humaine, et sur le -plan professionnel et social, les difficultés selon votre situation, celle de vos enfants, le moyen qui vous est donné - plus ou moins bien selon les cas - d'élever vos enfants, de disposer des moyens scolaires suffisants. Sans oublier certains d'entre vous qui ne savent pas toujours très bien, comment, de retour dans leur pays d'origine - le nôtre - ils pourront s'y réinsérer.\
Mais je ne suis pas venu vous saluer pour vous tenir un long discours. Je suis venu ici accompagné de ma femme, et de plusieurs membres du gouvernement, j'aperçois M. le ministre des affaires étrangères, M. Raimond, M. le ministre de l'environnement, M. Carignon, également maire de Grenoble, M. le secrétaire d'Etat à la défense, M. Boyon, est-ce que j'oublierais quelqu'un - ce serait sans gravité puisque ce ne serait pas volontaire - et bien entendu, M. l'ambassadeur et Mme. Ourmet, qui nous reçoivent.
- Nous allons maintenant rester quelques quarts d'heure avec vous pour pouvoir engager des conversations individuelles qui sont pour moi très instructives et très utiles : comment êtes-vous, à quoi pensez-vous par -rapport bien entendu aux problèmes qui vous sont posés dans votre vie quotidienne ? La chance de ce type de réunion, c'est que nous sortons un peu du -cadre établi, des choix spirituels, intellectuels, philosophiques, politiques, des origines sociales pour soudain éprouver avec force ce qui nous rassemble, la Communauté nationale. Pour beaucoup de ceux qui m'entendent - en tout cas pour un certain nombre - il existe sûrement des liens de nationalité pour eux ou pour les leurs avec la Finlande. Je les salue également. Vous êtes ici dans un pays ami, que nous respectons infiniment pour son courage et sa ténacité et ses qualités de toutes sortes. Vous y vivez, vous avez la chance d'y vivre, le plus souvent vous avez choisi d'y vivre - pas toujours - et puis de l'autre côté là-bas de l'Europe, il y a la France d'où nous venons et nous vous apportons son salut. Je suis venu vous dire bon courage et bonne chance mesdames et messieurs, mes chers compatriotes. Je pense que dès que j'aurai cessé de vous parler retentira la Marseillaise, et puis nous pourrons nous parler plus personnellement £ c'est à peu près sûr, mais il y a des cas où cela ne se passe pas comme ça. Quelquefois dans des endroits très reculés - mais ce n'est pas le cas - il n'y a pas les instruments nécessaires - ou bien on a tout simplement oublié, ce qui naturellement ne m'arrive jamais à moi, ce ne serait que par la nécessité de ma fonction -. Même si cela paraît un classicisme un peu banal à beaucoup, le fait pour des Français d'entendre leur hymne national - qui évoque par ses résonances une si vaste et si importante partie de notre histoire - c'est une façon supplémentaire de se retrouver à l'unisson. Je représente l'ensemble des Français, la France toute entière, je vous rencontre et je vous vois, et j'ai pour vous, croyez-le, la même attention. Je suis très heureux d'avoir pu comme cela, l'espace d'un moment, à Helsinki, vous rencontrer. Mesdames et messieurs, mes chers compatriotes, la conclusion sera très simple : Vive la République ! Vive la France !\

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