Publié le 23 février 1987

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à Murat le Quaire le 23 février 1987.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à Murat le Quaire le 23 février 1987.

23 février 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le maire,
- Mesdames et messieurs,
- Après Valz-sous-Châteauneuf, après Super-Besse, c'est Murat le Quaire. Je viens de voir trois aspects du Puy-de-Dôme : trois aspects en hiver, à la campagne, tout près de lieux reconnus comme de beaux endroits, une nature rude et cependant accueillante. Voilà de quoi aura été remplie une bonne partie de ma journée.
- A Valz, cela a été l'accueil d'une population que j'avais eue - parce que c'est une petite commune - l'occasion de recevoir à l'Elysée l'an dernier £ et il s'était tissé des liens particuliers entre nous, une amitié déjà forte.
- A Super-Besse, je viens de voir le Massif du Sancy dans sa pleine beauté. Le soleil était de la partie et nous avons pu, comme maintenant, admirer chaque contour de cet admirable massif. A Super-Besse comme à Murat le Quaire, je vois ce que peut donner l'effort des hommes, le désir de construire, d'équiper, de développer. A la fois - vous venez de le dire, monsieur le maire - pour résister à la dépopulation rurale et pour fixer des points d'encrage qui permettent l'emploi et l'établissement des familles £ et, à partir de là, pour recommencer à dessiner peut-être un autre visage à cette partie d'Auvergne : ce visage, c'est celui de la vie, du progrès et de l'avenir.
- Ce que je viens de voir, à l'instant à Murat le Quaire, c'est un témoignage de solidarité : c'est ce qui m'a le plus frappé. Un maire actif, réalisateur, ayant la passion de son pays, ayant de solides opinions bien ancrées et qui cherche à rassembler au-delà même des différences d'opinion qui sont tout à fait légitimes, pour que personne ne puisse se retirer de l'effort commun, que chacun s'associe aux autres. La très belle maquette du Massif du Sancy qu'il m'a été donné de voir tout à l'heure, montre mieux que n'importe quelle description la disposition des lieux, la diversité des communes en même temps que ces vallées qui s'enfoncent vers le massif lui-même. Cela montre bien l'effort convergent - je dirai même ascendant - de tous les gens des vallées, de la plaine, ou de la demi-montagne pour rendre hospitalière, acceptable, accueillante, vivifiante, cette montagne déjà haute, si symbolique de l'Auvergne en France.
- Cet effort d'association, cet effort collectif, cette volonté de n'exclure personne, pour le bien de la France, là où l'on vit, là où l'on travaille, en préservant ce que l'on est, sans jamais y renoncer, c'est un bel exemple monsieur le maire - je pourrais ajouter monsieur le sénateur-maire, mais ici le titre de noblesse c'est d'être le premier magistrat de cette commune -. Je dois dire que longtemps maire de ma commune que j'ai quittée avec regret sans tout-à-fait la quitter naturellement, en 1981, c'est de là que l'on peut mesurer ce que l'on fait, que l'on peut constater le -fruit de son travail, les manques, les insuffisances mais aussi les réussites.\
Murat le Quaire me donne le sentiment que l'on peut, que dis-je, que l'on doit espérer. A l'image d'une commune comme celle-ci qui est une petite commune, je vois la France. Je vois la France à l'image des travaux que vous avez imaginés, réalisés. Je vois la France dans sa diversité bien entendu : là est la plaine, là est la montagne, là la terre est riche, là c'est la grande ville £ et je ne peux que désirer voir l'ensemble des Français dans une vie démocratique où chacun, non seulement est libre mais doit affirmer ce qu'il est dans un grand effort, un grand rassemblement qui montrera plus encore demain qu'hier, la continuité de la France au-delà des discontinuités politiques, dans la marche en avant vers la fin de ce siècle : il nous faut préparer ce pays, le nôtre, pour la génération qui vient.
- Je crois pouvoir vous dire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux que vous en avez pris une bonne part dans votre commune, dans votre syndicat intercommunal, dans votre canton, dans votre département aussi : il est bien fameux par ses luttes politiques mais il produit en même temps beaucoup d'hommes de talent, eux-mêmes très représentatifs de cette race particulièrement robuste et travailleuse, tenace et intelligente des Auvergnats. Je crois qu'en réduction à Murat le Quaire, j'ai un peu constaté tout cela à la fois et je vous en remercie.
- Je vais rentrer à Paris mais la tête pleine d'images, de belles images encourageantes qui ne me font pas perdre de vue qu'il est des jours plus gris, que vous devez affronter les frimas, les bourrasques, les tempêtes, les longues périodes où l'on doute de soi-même £ mais c'est la vie. Chacun et chacune d'entre nous connaît cela. L'essentiel c'est qu'au bout du compte, plus obstiné encore quand c'est difficile que quand c'est facile, on avance.
- Je vous félicite, monsieur le sénateur-maire, pour en avoir apporté vous-même particulièrement la démonstration dans votre vie personnelle, dans votre vie politique et dans votre gestion.
- Je ne reviendrai jamais dans cet hôtel de ville : c'est difficile de l'imaginer parce que la France est grande mais j'ai une bonne mémoire. Je crois que je garderai un souvenir très fort de votre accueil.
- Merci.\

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