Publié le 19 octobre 1985

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à la mairie de Bogota, samedi 19 octobre 1985.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à la mairie de Bogota, samedi 19 octobre 1985.

19 octobre 1985 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le maire,
- Mesdames et messieurs,
- Je suis très sensible aux mots de bienvenue qui viennent de m'être adressés. C'est une marque d'attention supplémentaire parmi toutes celles qui n'ont pas manqué depuis hier soir, mais la réception des clefs de la ville de Bogota prend une signification particulière.
- Permettez-moi de vous faire part du plaisir que j'éprouve à être dans ce Palais Lievano, si chargé d'Histoire, si heureusement restauré dans cette ville, capitale de la Colombie, coeur d'un grand pays dont nous sommes proches en effet, nous Français, par des liens d'amitié très anciens.
- Bogota est le siège historique des institutions démocratiques de votre pays, pour lesquelles nous avons un respect particulier, car elles sont le symbole vivant de l'attachement du peuple colombien à des principes très importants pour nous : la libre expression de la volonté populaire, le respect des Droits de l'Homme, le débat démocratique. Je vois bien que ces principes trouvent, ici, quotidiennement une mise en oeuvre. Cela mérite, je le répète, notre estime et notre respect.
- Cette ville a déjà une longue histoire. Comment oublier que c'est d'une maison située un peu plus haut, Place Bolivar, que partirent les premiers cris de révolte en faveur de l'indépendance, poussés par les frères Moralès ? Comment reconnaître dans la Santa Fe de jadis cette capitale de 5,5 millions d'habitants qui se trouve affrontée à tous les problèmes de la vie moderne ? Je sais que vous vous attachez avec beaucoup de volonté et de dynamisme à trouver les réponses que pose le problème du développement, commun, au demeurant, à tant de métropoles dans le monde. La France, peut, si vous le désirez naturellement, contribuer à cet effort. Elle dispose des entreprises, des techniciens, des techniques qui, dans les divers domaines, lui permettent d'aider les pays amis. Mais les Colombiens je le vois sont parfaitement capables de résoudre eux-mêmes leurs problèmes et d'apprécier ce qui leur convient. Ils disposent de tous les corps de métiers en même temps que de tous les éléments de conception et de création pour bâtir comme ils le font si bien dans tant de villes. J'en verrai quelques-unes aujourd'hui et demain.
- Monsieur le maire, vos propos m'ont flatté, ils ont donné de mon action une image qui sans doute est pour moi fort importante, émanant d'une personnalité telle que la vôtre et venant de si loin, mais la distance s'est raccourcie depuis longtemps déjà entre nos deux pays qu'unissent tant de choix fondamentaux.
- Je regarderai donc cette clé qui en effet n'ouvre plus la porte d'aucun mur mais qui a gardé sa signification depuis les âges anciens où il fallait disposer du moyen d'entrer. On entre maintenant plus aisément dans une ville mais il n'est pas plus facile d'entrer dans le coeur d'un peuple.
- Enfin, je vois ce parchemin, très solennel, où est enregistrée la délibération de votre ville. Je garderai avec soin, lorsque je serai revenu en France dans 48 heures, le décret 1620, qui m'est personnel et prendra place parmi mes plus chers souvenirs.
- Je vous remercie monsieur le maire, mesdames et messieurs.\

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