Publié le 30 août 1985

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, adressé aux dirigeants indiens, à la mémoire d'Indira Gandhi, Paris le 30 août 1985.

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, adressé aux dirigeants indiens, à la mémoire d'Indira Gandhi, Paris le 30 août 1985.

30 août 1985 - Seul le prononcé fait foi

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Tous ceux qui ont eu le privilège de connaître Indira Gandhi ont été à la fois impressionnés et séduits par sa personnalité, aussi forte qu'attachante. J'ai pour ma part éprouvé, lors de nos rencontres, le sentiment de côtoyer l'une de ces figures d'exception qui marquent leur siècle en forgeant le destin d'une nation.
- Douée d'une énergie peu commune et d'une grande sensibilité, Mme Indira Gandhi possédait une faculté rare : elle savait écouter comme se faire entendre avec autant de conviction que de délicatesse, sans jamais se départir de cette modestie naturelle qui la rendait accessible au plus humble.
- Ces qualités ne pouvaient trouver plus haute expression que dans la tâche, noble entre toutes, de servir au mieux son peuple et d'assumer la responsabilité qu'il lui avait confiée à plusieurs rerises. Tâche immense qui fut accomplie jour après jour, année après année, avec lucidité, détermination et courage, jusqu'au sacrifice ultime de sa propre vie.
- L'émotion qui, dans le monde entier, accompagna cet événement tragique a donné la mesure de ce que nous devons aujourd'hui à Mme Indira Gandhi.
- Ses efforts en faveur de la paix, la certitude que celle-ci est menacée par l'extension des blocs, son engagement pour un non-alignement authentique, sa volonté pour que les pays en développement occupent la place qui leur revient au sein de la communauté internationale, tout, chez elle, témoignait d'une vision clairvoyante des équilibres nécessaires dans le monde.
- La disparition de Mme Indira Gandhi a été ressentie en France comme la perte d'une amie proche. Férue de notre langue et de notre culture, elle avait une conscience aiguë de nos aspirations communes et de ce que nos deux pays pouvaient accomplir ensemble. Ce dessein clairement tracé constitue à nos yeux une part essentielle de son message spirituel et politique. La détermination des dirigeants de l'Inde et de la France, mais aussi de leurs peuples, à intensifier leur coopération montre assez que sa voie a été entendue.\

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