Publié le 9 juillet 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française de Jordanie, Amman, lundi 9 juillet 1984.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française de Jordanie, Amman, lundi 9 juillet 1984.

9 juillet 1984 - Seul le prononcé fait foi

Télécharger Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française de Jordanie, Amman, lundi 9 juillet 1984. - PDF 119 Ko
Mesdames, messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Je suis heureux de me trouver parmi vous ce soir, à l'issue du premier jour de notre présence en Jordanie.
- Chaque fois qu'il m'arrive de me rendre à l'étranger, je rencontre les Français qui s'y trouvent. C'est pour moi très utile, cela me permet de connaître à la fois la façon dont ils vivent, ce qu'ils souhaitent, de quelle façon ils établissent leurs relations avec leur pays et je m'efforce de saisir sur quels points le gouvernement pourrait vous être utile.
- Je suis accompagné ici par M. le ministre des relations extérieures, M. Cheysson et par M. Mexandeau, ministre des PTT, ma femme m'accompagne et plusieurs de mes collaborateurs occuperont ces deux journées et demi pour s'informer auprès des uns, des autres de ce qu'il conviendrait de faire à l'égard des Français de Jordanie.
- Je peux imaginer, du moins sur dossiers, ce que vous êtes, ce que vous faites, pourquoi vous êtes là, travaillant dans des entreprises pour exécuter des contrats passés entre la Jordanie et la France, pour des raisons d'enseignement, des raisons de culture, notamment l'archéologie. Je sais que souvent vous êtes jeunes et donc le plus grand nombre ne se trouve là que depuis quelque temps, parfois pas pour très longtemps, tandis qu'il existe, ici, et j'espère les voir dans un moment, les témoins déjà anciens de tout ce qui fût l'histoire de ce pays au cours de ces dernières décennies.
- Je suis moi-même venu dans cette ville il y a, je n'ose pas le dire, quelques 35 ans. Bien entendu j'ai un peu de peine à m'y reconnaître, les choses ont changé, il est normal qu'elles changent.
- Vous êtes ici dans un pays ami. J'attache beaucoup d'intérêt aux conversations que j'ai eues, que j'aurai demain avec Sa Majesté le Roi Hussein, ainsi qu'avec les membres du gouvernement. Nous faisons le tour des choses dans un pays qui se trouve être l'épicentre d'un certain nombre d'événements, qu'il s'agisse de la guerre entre l'Irak et l'Iran, qu'il s'agisse du problème libanais ou de celui qui occupe de façon latente toutes les pensées du peuple palestinien, et des relations du peuple arabe, des peuples arabes, avec Israël.
- Mais je voudrais pouvoir au cours des quelques moments qui viennent, rester avec vous et donc circuler parmi vous pour échanger des propos soit sur votre situation personnelle, soit sur l'idée que vous vous faites du pays où vous vous trouvez. Ainsi je me réjouirai, après vous avoir quitté, d'avoir un peu approché votre propre réalité avec ce que cela représente d'expériences d'une vie à l'extérieur dans un pays déterminé, témoin d'une très vieille civilisation, entrée de plain pied dans le monde moderne et de même tout ce qui vous relie à la France, notre pays.
- Mesdames et messieurs, je crois que nous allons entendre "La Marseillaise", après quoi je resterai un moment parmi vous. Je vous remercie d'être venus jusqu'ici et je terminerai par les mots très simples cent fois répétés mais qui gardent tout leur sens :
- Vive la République !
- Vive la France !\

Voir tous les articles et dossiers