Publié le 22 mai 1984

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de sa visite à l'usine Bull, Angers, mardi 22 mai 1984.

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de sa visite à l'usine Bull, Angers, mardi 22 mai 1984.

22 mai 1984 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames, messieurs,
- Vous vous êtes déplacés en bon nombre. Il faut reconnaître que cette étape à l'usine Bull représente un intérêt particulier. Cet intérêt, vous l'avez vous-même perçu, vous n'avez pas besoin de moi pour l'interpréter. Si vous aviez besoin, comme c'est mon devoir à moi, de procéder à la transformation de notre structure industrielle pour rendre cette industrie partout concurrente et souvent victorieuse dans les marchés internationaux, vous sauriez que l'informatique est un des chantiers par où passent le présent et l'avenir. On ne peut pas trouver meilleur exemple que celui qui nous est offert ici, dans cette usine Bull d'Angers.
- Les ordinateurs qui y sont fabriqués gagnent du terrain de proche en proche sur la surface de la planète. Non seulement la France est pour cette société déjà un bon marché mais aujourd'hui les Etats-Unis d'Amérique, le Brésil, plusieurs pays de l'Afrique, d'autres encore préfèrent ce qui est fabriqué ici que ce qui est produit par des grandes sociétés concurrentes. J'ai vu, vous avez vu vous-mêmes ce millième ordinateur dont j'ai reçu la maquette appelé "Taurus" prenant sa place dans le champ des étoiles et destiné à une entreprise de Hanovre en Allemagne. J'ai circulé dans la salle voisine et ai vu partout des pancartes désignant la destination des ordinateurs en cours d'achèvement : Allemagne, Espagne, Italie que sais-je ? C'est donc le type même d'entreprise qui, non seulement travaille bien pour elle-même, mais qui va doter l'ensemble du réseau industriel français d'un moyen incomparable de modernisation.\
Tous les secteurs industriels sont intéressés, profiteront de ce qui est fait ici. Aucun secteur n'est éliminé de la compétition. Il n'y a pas un vieux secteur industriel et un jeune, le vieux étant destiné à périr bientôt et le jeune ayant l'avenir devant lui. Tous peuvent et doivent être irrigués par l'informatique. Il est donc très important que la France se situe parmi les nations les plus avancées dans ce domaine. C'est le cas. Mais naturellement plus encore pour ce que l'on appelle le "logiciel" c'est-à-dire ce que l'on met dedans, la mémoire, la création, l'invention, ce que l'on met dans la boîte, la machine inerte elle et cependant représentant déjà une avancée technique impressionnante. Voilà la raison de ma présence ici.
- Il faut que les Français sachent que beaucoup de choses marchent bien, qu'ils n'aient pas l'attention seulement attirée sur ceux qui souffrent de la crise ou bien qu'on ne voit que les images désolantes des industries en désarroi, des travailleurs en perdition. Aucun de ces travailleurs ne doit se sentir écarté du champ de l'emploi qui va s'ouvrir plus encore demain grâce à la modernisation de notre industrie. J'ai rencontré quelques jeunes gens qui viennent de disciplines industrielles complètement étrangères à l'informatique et qui au bout de quelques mois de stage sont maintenant à pied-d'oeuvre. Le problème de la formation est donc lié indissolublement à la modernisation de notre appareil industriel.
- Je trouve cela ici à Bull qui comme vous le savez a connu, dans les années passées, des moments très difficiles, écrasé Surtout par la charge financière. Et voilà que, au travers de ces difficultés, grâce à l'effort de tous ceux qui vivent cette entreprise et qui la font à tous les niveaux : le Président directeur général, le Directeur général, le Directeur d'entreprise, l'ouvrière, l'ouvrier, le cadre, le personnel qualifié. Partout, unpersonnel très qualifié ! Une entreprise comme celle-ci est maintenant assurée, ayant franchi le mauvais cap, de parvenir à l'équilibre. On pourrait dire, indépendamment de cette charge financière qui pèse encore, que c'est déjà fait. A nous maintenant de savoir comment gérer, de telle sorte que l'effort industriel très remarquable se voit pleinement récompensé. Voilà l'exemple même d'une société nationale qui a fait la preuve que le chemin suivi était le bon.\

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