Publié le 16 mai 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception de la communauté française au Musée nordique, Stockholm, mercredi 16 mai 1984.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception de la communauté française au Musée nordique, Stockholm, mercredi 16 mai 1984.

16 mai 1984 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Comme je le fais chaque fois qu'il m'arrive d'aller dans un pays étranger, j'ai demandé aux Français de bien vouloir se réunir ce qui me procure l'agrément de pouvoir d'une part les rencontrer, et de pouvoir m'informer plus directement des questions qu'ils se posent, surtout par -rapport à leurs problèmes particuliers en tant que Françaises et Français vivant loin de leur pays d'origine.
- Je sais bien que vous êtes nombreux, ici, qui êtes à la fois Suédois et Français par de multiples liens de famille. Ceux-là sont aussi les bienvenus et je suis très heureux de les voir. D'autres sont là pour des raisons professionnelles, le temps d'un contrat, d'une mission, tandis que quelques-uns depuis des décennies représentent la continuité et la permanence de la Communauté française de Suède.
- Vous êtes dans un pays ami qui dans bien des domaines apparait comme l'un des pays les plus marqués par le progrès qui représente un type de civilisation originale, uni à l'histoire de France par de très grands souvenirs. J'imagine que vous avez su y construire votre vie personnelle ou familiale dans des conditions utiles et agréables.
- Il n'empêche que pour quiconque se trouve loin de sa patrie, les questions sont là : comment élever et éduquer les enfants ? Comment assurer leurs études ? Surtout quand on ne peut pas en assumer la charge financière qui est souvent très lourde ? Dans quelles conditions retrouvera-t-on en France, lorsqu'on reviendra, une situation équivalente ? Et la vie culturelle des Français par -rapport à leur langue peu pratiquée ici est-elle suffisante pour l'exigence de leur esprit ? Quant aux autres questions, eh bien vous me le direz car j'ai l'intention de circuler parmi vous et ayez la gentillesse de me dire directement ce que vous ressentez, ce dont vous avez besoin.\
Je viens dans l'intention de servir l'intérêt de notre pays, d'établir des relations. Elles étaient déjà cordiales, mais rares £ je crois que depuis 1914, aucun Président de la République française n'était venu en visite d'Etat en Suède. On peut ne pas revenir tous les quatre matins, mais 1914 c'est un peu loin ! Encore étais-je ce matin en Norvège, et là, cela ne remontait plus à Poincaré, mais à Fallières. Je sais bien que les Français n'aiment pas la géographie, dit-on, mais quand même, il faut que la France soit présente par ici. A cet égard, c'est vous qui êtes les porteurs de notre façon de penser, de notre façon de parler, de notre forme d'existence, c'est vous qui êtes porteurs de ce que peut être la France aux yeux d'étrangers amis, eux-mêmes comme les Suédois, très représentatifs d'un type de civilisation.
- Nous sommes en train de mettre sur pied toute une organisation qui vous permettra pour ceux d'entre vous qui ont cette impression, de vous sentir moins isolés avec ce qu'on appelle TV5, télévision de programmes directs de 3 chaînes française, belge et suisse. Cela vous permettra d'avoir des programmes qui établiront un lien, je crois d'un très réel intérêt.
- Je suis accompagné ici de ma femme que vous pouvez rencontrer, de trois membres du gouvernement, M. Gaston Defferre, ministre de l'intérieur, M. Claude Cheysson, ministre des relations extérieures et M. Laurent Fabius, ministre de l'industrie et de la recherche. Enfin, naturellement de M. l'ambassadeur.
- Merci d'être venus à ce rendez-vous, dans ce lieu que je découvre et qui est beau. Nous allons passer ensemble quelques moments et quand j'aurai fini, vous entendrez les accents de la Marseillaise.
- Je vous le dirai très simplement, Vive la République, Vive la France.\

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