Publié le 6 février 1984

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française des Pays-Bas au Musée Van Gogh à Amsterdam, lundi 6 février 1984.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française des Pays-Bas au Musée Van Gogh à Amsterdam, lundi 6 février 1984.

6 février 1984 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Je suis très heureux de vous rencontrer ici dans ce beau musée et de vous rencontrer si nombreux £ je connais le nombre des Français présents aux Pays-Bas, et j'apprécie qu'un si grand nombre se soit déplacé par cet après-midi. Tout à l'heure j'aurai l'occasion, restant un peu parmi vous, de parler à ceux que j'aurai la chance de croiser. Sans doute, direz-vous ce n'est pas dans de telles circonstances que l'on peut parler beaucoup des problèmes importants. Cependant il suffit parfois de peu de choses, d'une intonation, d'une question, pour que je sente mieux ce que vous pensez et ce que vous souhaitez.
- Ce que l'on appelle la colonie française aux Pays-Bas n'est pas l'une des plus importantes, bien que notre culture et notre langue soient constamment présentes ici. On observe, certes, un certain fléchissement dans la connaissance du français. Eh bien, on va s'y mettre, et vous, avec ous, et certains mieux que d'autres, en-particulier tous les membres du corps enseignant, pour redresser cette situation. Qui êtes-vous ? comment le saurais-je ? collectivement je le sais bien, vous êtes des Français aux Pays-Bas. Certains d'entre vous y sont depuis très longtemps, y vivent, y ont fondé leur famille, y exercent durablement leur profession, ne comptent plus les années derrière eux dans ce pays. D'autres, au contraire, y sont de passage ou presque, venus le temps d'un contrat, un an, deux ans, trois ans. Entre vous les échanges existent-ils assez pour que vous puissiez à distance ressentir et connaître les besoins de la France ? Je l'espère aussi. Chaque fois qu'il m'est donné d'aller dans un pays étranger, je considère comme un devoir de rencontrer nos concitoyens. C'est ce que je fais ce soir avec ma femme `Danielle Mitterrand` qui m'accompagne et cinq membres du gouvernement qui sont là pour pouvoir discuter avec le gouvernement néerlandais de nos intérêts communs, bilatéraux et de nos intérêts dans le -cadre de la Communauté européenne. Quand j'aurai terminé cette très brève allocution, nous entendrons la Marseillaise et puis je descendrai pour avoir un peu plus de temps à vous consacrer.
- Je vous disais : que sais-je de vous ? Assez pour qu'une relation directe s'établisse entre nous. Et puis, j'ai besoin de savoir. Souvent, les Français dits de l'étranger ont une idée de leur pays, de ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire pour préserver le capital de confiance, de prestige, de culture de la France dans un vieux pays civilisé comme celui-ci. Et puis vous avez vos difficultés, qu'il faut que je connaisse, familiales, professionnelles, personnelles. Vous êtes dans un pays où l'on travaille beaucoup, où l'on produit, où l'on dispose d'une force très remarquable. Je dois vous le dire, j'ai plaisir à vous retrouver. Un peu surpris qu'il eût fallu tant attendre pour qu'un Président de la République française vint de nouveau rencontrer ses amis néerlandais. Eh bien, on vient de rétablir une tradition.
- Je sais que parmi vous toutes et vous tous nombreux sont ceux qui sont à la fois d'une nationalité et de l'autre et vivent de l'intérieur la vie des Pays-Bas. Je suis bien sûr qu'aucun d'entre eux n'a perdu au fond de lui-même l'amour de son pays. Cet amour, croyez-moi, m'habite aussi. Voilà pourquoi ces quelques quarts d'heure dans une vie très occupée mais où il fait bon parfois de s'arrêter. Vive la République !
- Vive la France !\

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