Publié le 17 décembre 1983

Toast prononcé par M. François Mitterrand, Président de la République, au déjeuner offert par M. Mika Spiljak, Président de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, au chateau de Bordo, Ljubljana, samedi 17 décembre 1983.

Toast prononcé par M. François Mitterrand, Président de la République, au déjeuner offert par M. Mika Spiljak, Président de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, au chateau de Bordo, Ljubljana, samedi 17 décembre 1983.

17 décembre 1983 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le président de la Présidence de Yougoslavie,
- Monsieur le président de la République de Slovénie,
- Mesdames et messieurs,
- Nous n'avions pas besoin d'une visite pour savoir que nous étions amis, mais nous avions besoin de cette visite pour vivifier cette amitié. Le monde va si vite, les peuples sont si nombreux, les intérêts multiples ! Les relations les mieux enracinées dans l'histoire, comme les nôtres, finiraient par apparaître comme des objets de musée, aimés de part et d'autre, mais finalement inappropriés au temps présent. Par exemple, on me dit qu'en Slovénie, depuis Napoléon Bonaparte, aucun chef d'Etat français n'était venu jusqu'ici. Oui, c'était bien un peu un musée de nos souvenirs historiques !
- Certes, il y eut d'autres événements qui ranimèrent constamment les échanges : la présence de certains de nos industriels, de nos entreprises, les grands événements dramatiques qui ont occupé la première moitié de ce siècle. Mais la vie quotidienne a de multiples exigences, à la fois pour préserver notre communauté de langage pour ceux qui ont la chance de pouvoir parler nos deux langues, mais aussi pour le mouvement des affaires, l'échange des marchandises et des objets qui permettent à deux peuples de se connaître mieux.\
La qualité de votre accueil, de celui de l'ensemble des dirigeants représentant les institutions yougoslaves, celles de deux Républiques de Serbie et de Slovénie, nous ont permis des contacts féconds, des conversations confiantes et, je l'espère, d'excellentes relations personnelles.
- Nous avons renoué avec l'histoire et nous avons préparé l'avenir. C'est ainsi que je résumerai cette rencontre, monsieur le président, rencontre que nous vous devons pour beaucoup ainsi qu'aux instances dirigeantes de la Yougoslavie. Rares sont les sujets - je n'en connais pas - où nous nous séparons sur les tribunes internationales, en dépit de nos situations et de nos choix différents parfois, ce qui prouve que le terreau, qui nous permettra de faire prospérer tout de ce que nous y planterons, est bon. Je pense à la cérémonie à laquelle vous m'aviez convié dans votre beau jardin.
- Monsieur le président, mesdames et messieurs, nous partirons de chez vous avec de bons souvenirs, le regret de vous quitter mais l'assurance aussi que nous allons pouvoir travailler en commun dans les meilleurs conditions.
- Nous vous laissons à l'oeuvre, dans votre pays, qui exige de vous tant de soin, tant de travail - mais vous le devez à votre peuple - et nous aussi, nous allons retrouver le nôtre, avec ses qualités et ses défauts, ses difficultés, ses espoirs.
- Nous ne vous oublierons pas et chaque fois que cela sera jugé nécessaire, nous communiquerons pour que la Yougoslavie et la France fassent entendre le plus haut possible leurs voix pour la paix, la sécurité et pour la bonne entente de nos peuples.
- Je vous remercie et je lève mon verre à votre santé, monsieur le président, à la vôtre !\

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