Publié le 12 juillet 1983

Entretien de M. François Mitterrand, Président de la République, accordé à Radio-France d'Outre-mer à l'occasion des fêtes du 14 juillet, Paris, mardi 12 juillet 1983.

12 juillet 1983 - Seul le prononcé fait foi

Entretien de M. François Mitterrand, Président de la République, accordé à Radio-France d'Outre-mer à l'occasion des fêtes du 14 juillet, Paris, mardi 12 juillet 1983.

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QUESTION.- Monsieur le Président, les cérémonies du 14 juillet, la fête de la République, sont traditionnellement pour l'Outre-mer l'occasion de se retrouver ici dans l'enceinte du secrétariat d'Etat. Alors quelle signification donnez-vous à votre visite ici ce soir ?
- LE PRESIDENT.- Je tenais à être présent à cette réception, à la fois parce que j'ai toujours été personnellement intéressé et même passionné par la multiplicité des problèmes qui se posent dans ce que l'on appelle les départements et les territoires d'Outre-mer. Multiplicité, diversité et cependant unité, il s'agit de problèmes de société, il s'agit aussi d'une nation, celle dont j'ai la charge et dont les responsabilités historiques sont grandes.
- Je n'oublie pas non plus que j'ai vécu dans ces lieux où nous sommes en cet instant où je vous parle, responsable moi-même à l'époque, il y a plus de trente ans, du devenir de cette communauté. Bref, beaucoup de liens m'y rattachent. Et le 14 juillet, nous sommes le 12, mais avec un peu d'avance nous célébrons la même fête, fête qui est celle de la nation, de la nation française, mais qui est aussi une grande fête pour beaucoup de peuples sur la surface de la terre, qui a précédé ou accompagné des mesures illustres, qui a annoncé ce qui devait être un peu plus tard, en 1848, une nouvelle forme immense de libération. On comprendra tout de suite l'importance de ce que fut la révolution française en examinant les suites annonciatrices de l'évolution du monde surtout dans les pays où l'on souffrait de toutes sortes de dominations.
- Je suis venu dire mon affection aux peuples d'Outre-mer. Je suis venu dire à quel point je me préoccupais du sort de tous. Je suis venu dire aussi que, ayant pour mission et pour rôle de promouvoir tout ce qui peut contribuer à l'unité des Français dans la nation, sans jamais oublier les justes aspirations de tous ceux qui m'écoutent, je me sens particulièrement heureux de pouvoir m'adresser à l'ensemble des populations d'Outre-mer. Ici, un ministre représentant le gouvernement exerce son activité, inlassable. Je sais quels sont ses efforts, et ceux du gouvernement et je viens témoigner pour eux.
- Voilà la raison de ma visite, dans un jardin, dans un immeuble, qui évoquent, je le disais tout à l'heure, bien des années de ma jeunesse, et qui marquent ce qui a été pour moi, une vocation profonde, que je compte perpétuer.\
QUESTION.- Avez-vous l'intention, monsieur le Président, de vous rendre au-cours des prochains mois dans un de ces départements ou un de ces territoires d'Outre-mer ?
- LE PRESIDENT.- Mais oui, je les connais d'ailleurs tous. Enfin quand je dis tous, voyez je suis emporté par l'exposé, car il y en a un que je ne connais pas. C'est la Nouvelle Calédonie. Et, au moment où s'achève la confrontation d'idées, le projet organisé par le secrétaire d'Etat, M. Georges Lemoine, avec vraiment tous ceux qui ont le sens de la responsabilité, et qui sont représentatifs de la Nouvelle Calédonie, c'est en effet l'occasion de dire que je serai très heureux de m'y trouver un jour, et pourquoi ne pas dire bientôt, si l'occasion m'en est offerte.\

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