Publié le 6 mai 1983

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du dîner offert par les autorités de Nankin, vendredi 6 mai 1983.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du dîner offert par les autorités de Nankin, vendredi 6 mai 1983.

6 mai 1983 - Seul le prononcé fait foi

Télécharger Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du dîner offert par les autorités de Nankin, vendredi 6 mai 1983. - PDF 115 Ko
Madame le gouverneur,
- Mesdames et messieurs,
- Tous vos hôtes français sont heureux de se trouver dans votre illustre ville £ l'une de celles dont la réputation est allée très loin à travers le monde et dont nous apprenions l'existence dès notre enfance à l'école en-raison même des actes historiques qui s'y sont déroulés, et de son apport aussi bien à l'économie de votre pays qu'à la pensée chinoise.
- Votre ville est au centre d'une puissante province puisqu'elle compte quelques soixante millions d'habitants et qu'elle est véritablement pour la Chine tout entière l'une des plus prospères, aussi bien par ses productions agricoles que par son industrie. Il y a là tout un ensemble de qualité, de travail, d'intelligence et d'imagination qui frappent tous ceux qui ont la chance de venir jusqu'à vous.
- Vous avez eu raison d'évoquer les conversations qui nous ont permis d'avancer au-cours de ces derniers jours dans la coopération entre la Chine et la France à la suite des entretiens approfondis que j'ai eus avec vos principaux dirigeants. La France qui appartient au groupe des cinq premiers pays industriels au monde est je crois bien le seul qui considère cette réalité industrielle comme un moyen de contribuer au développement, et surtout au développement de femmes et d'hommes dans un pays comme la Chine où l'on a entrepris une si puissante et si courageuse reconstruction, parfois si difficile et dont les succès sont si remarquables. Ce développement par le transfert technologique est l'une des clés de l'avenir. Certes, le pays industriel qui propose ses technologies doit pouvoir les amortir, ce qui exige de part et d'autre de bons et importants contrats de coopération. Mais, la France entend ce soir aussi bien par ma voix que sur toutes les tribunes internationales, défendre la thèse qu'il n'y a pas de salut pour l'un ou l'autre des pays si l'on ne met pas ensemble tous les moyens d'aller vers le progrès.
- Ensemble mais aussi comme vous venez de le dire vous-même, à la condition que chacun fasse l'effort pour soi-même, compte d'abord sur soi et assure par ce moyen comme par les autres les conditions de son indépendance.\
Nous voici dans l'un des plus anciens pays du monde, avec l'une des plus anciennes et des plus riches civilisations. Et pourtant, nous les Français, nous arrivons cet après-midi à Nankin pour trouver un gouverneur désigné depuis quelques jours ou quelques semaines, qui plus est la plus récente ou le plus récent gouverneur, qui plus est, une femme gouverneur dans un bel hôtel inauguré il y a trois jours. Nous y participons, je crois à la première grande réception organisée par les autorités de la province £ de telle sorte que tout en étant dans un monde très ancien, chacun de nos pas nous porte vers du nouveau.
- A mon tour, je vais descendre de cette tribune, lever mon verre à la santé de nos hôtes, à la santé de la coopération franco - chinoise, à la prospérité de votre -entreprise, au présent, à l'avenir du grand peuple chinois.\

Voir tous les articles et dossiers