Publié le 26 avril 1983

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au lycée d'enseignement professionnel Guy-Mollet à Arras, mardi 26 avril 1983.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au lycée d'enseignement professionnel Guy-Mollet à Arras, mardi 26 avril 1983.

26 avril 1983 - Seul le prononcé fait foi

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Voilà une visite bien rapide, trop rapide. J'ai pu cependant, dans les étages, suivre d'une part quelques travaux, d'autre part, les explications qui m'ont été données sur certains aspects des disciplines techniques pratiquées dans cet établissement. Puis, j'ai demandé un complément d'information à M. le proviseur. Je lui ai demandé ce qui se passait en fait ici. Il m'a donné votre effectif, qui, avec le lycée d'enseignement professionnel, s'élève à 2000 élèves portés vers des disciplines techniques et recevant une formation professionnelle : comptabilité, gestion et bien entendu informatique à la base de plusieurs de ces disciplines. Bref, des formations d'avenir.
- Vous avez été patients, on a pris du retard depuis le début de la matinée. Enfin, je dis que vous avez été patients, je n'en sais rien, je n'étais pas là pour le constater. Vous nous accueillez et cela me fait plaisir de vous voir. Je resterai d'ailleurs ici le temps d'un repas. C'est un très grand lycée, c'est un ensemble d'établissements très complet qui porte le nom d'un homme `Guy Mollet` qui a beaucoup compté dans la vie de cette ville, de ce département et sur le-plan national et dont le souvenir doit être cultivé. Enfin, vous avez tous, je crois, une certaine chance - les chances ne viennent pas toutes seules, elles se gagnent - de pouvoir être initiés aux disciplines qui seront indispensables - qui le sont déjà - à l'industrie moderne.\
Voyez-vous c'est quand même triste quand je vois le nombre de chômeurs en France - un peu plus de 2 millions - et que l'on me dit que le plus grand nombre est composé de jeunes qui au sortir de leur école ou de leurs diplômes professionnels ne trouvent pas de travail. Nous avons donc décidé et le Premier ministre `Pierre Mauroy` qui est ici l'a obtenu du gouvernement, que plus de 600000 jeunes de 18 à 25 ans seront formés aux métiers pour lesquels il y aura des emplois et non aux métiers qui ne fournissent plus d'emplois. Il faut savoir s'adapter aux changements de la technologie, c'est la moindre des choses et les jeunes le comprendront mieux que les autres. Et je crois que vous êtes en meilleure situation ici, puisque vous travaillez, que dans beaucoup d'autres établissements - qu'il ne faut pas mésestimer, mais qui n'ont pas la même possibilité de former les élèves aux demandes industrielles - pour réussir le passage de l'école à l'entreprise, bien entendu avec des jeunes gens bien formés pour défendre leurs droits légitimes mais en apportant ce qu'ils ont appris.
- Bon, je ne vais pas vous faire une long discours. Je pense que votre chance est là. La génération à laquelle vous appartenez doit délibérément et courageusement s'orienter à partir de l'informatique notamment - vers le grand marché international.
- Nous constatons qu'il y a plus de 2 millions de chômeurs, dont beaucoup de jeunes et que d'autre part des demandes d'emplois multiples ne reçoivent pas de réponse parce qu'il n'y a pas de travailleurs spécialisés dans ces métiers. Vous serez ces éléments de travail qui vont permettre, non seulement à vous - ce qui n'est déjà pas négligeable - mais aussi disons, au pays, de se tirer d'affaire, de traverser la mauvaise passe. On est distancés sur bien des points par les Japonais, par les Allemands, par les Américains, par je ne sais qui encore. Il n'y a pas de raison. Je vais employer une formule un peu vulgaire, mais enfin "on n'est pas plus bêtes que les autres" et s'il s'agit du courage et de la capacité de travail, là encore on peut supporter le choc et la comparaison, à condition qu'on vous donne à vous l'instrument de la connaissance.
- Et c'est ce que vous faites, monsieur le proviseur, mesdames et messieurs les professeurs et je vous en remercie. Il ne faut pas qu'il y ait deux camps : ceux qui apprennent aux autres et ceux qui apprennent des autres. Il faut que cela fasse - autant qu'il est possible dans toute collectivité - un bloc et ce bloc de l'éducation et de la formation, c'est la seule chose que je vous demande en vous remerciant à la fois de la gentillesse de votre accueil et de l'intérêt que vous m'apportez dans ma tâche qui n'est pas si facile tous les jours. Merci.\

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