Publié le 17 janvier 1983

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française à la Résidence de France de Libreville (Gabon), lundi 17 janvier 1983.

17 janvier 1983 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française à la Résidence de France de Libreville (Gabon), lundi 17 janvier 1983.

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Mesdames, messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Je suis heureux de pouvoir vous saluer ce soir à la Résidence de France grâce-à l'hospitalité de Mme et de M. l'ambassadeur `Pierre Dabezies`, accompagné de ma femme `Danielle Mitterrand` et, comme vous le voyez, de deux membres du gouvernement : M. le ministre des relations extérieures, M. Claude Cheysson et M. Christian Nucci, ministre de la coopération et du développement. Comme il est de règle mais de bonne règle, chaque fois que je me rends dans un pays étranger, j'ai plaisir et je considère comme un devoir de rencontrer ceux des Français qui, vivant dans ce pays, souhaitent prendre contact avec le Président de la République. C'est une bonne occasion de se retrouver entre Français et Gabonais lorsqu'il existe des liens de famille. C'est en même temps utile pour moi que de pouvoir vous entendre. Aussi je compte rester quelques quarts d'heure avec vous un peu au hasard des conversations afin de mieux ressentir vos préoccupations.
- Je sais que dans-le-cadre de nos relations avec le Gabon qui sont de bonnes relations, ne se posent pas beaucoup de problèmes propres aux Français. C'est un problème d'éducation, d'instruction pour les enfants. On trouve dans d'autres pays des problèmes de santé mais ici, la forme d'équipements, la précision de nos relations aplanissent bien des difficultés. De toute façon, c'est à vous de me dire tout à l'heure si mon attention doit être attirée sur tel ou tel problème sérieux pour votre vie à vous, indépendamment du fait que se posent des questions, par exemple, pour les coopérants qui ont quelques inquiétudes sur ce qu'il adviendra de leur sort professionnel à la fin de leur contrat. Vous êtes ici sans que je puisse bien vous distinguer : il y a des très "anciens" qui vivent depuis des décennies dans ce pays, il y a des très "récents", ceux qui, à la faveur d'un contrat administratif ou d'une mission pour une entreprise privée, sont venus pour un an, deux ans, trois ans. D'autres sont, plus encore, de passage. Peut-on parler de communauté française au Gabon ? Oui quand même. D'une part, nous sommes, vous êtes dans un pays ami de la France. La plupart d'entre vous j'imagine, ceux qui le connaissent bien, l'aiment et aiment le servir en même temps qu'ils restent fidèles au service de la France. Ils ont même l'impression dans leur majorité que les deux causes se confondent, c'est-à-dire la grandeur de la France, sa présence dans le monde et tout cela dans-le-cadre d'un pays où ils travaillent, où ils produisent, où ils rendent service et où ils témoignent pour la culture et la civilisation françaises.\
Il faut que vous sachiez que nous entendons préserver toutes les chances d'une collaboration qui a déjà donné de très bons résultats et que, si vous êtes particulièrement nombreux dans ce pays, ce n'est pas par hasard. C'est aussi parce qu'il y a du travail, des tâches importantes à remplir et une certaine communauté de vues avec la population du Gabon. Je viens vous confirmer ici quel est mon souci précisément de préserver l'acquit et de rechercher naturellement tous les moyens de développer, sur-le-plan culturel, et sur-le-plan économique, et sur-le-plan politique les relations franco - gabonaises. Mais enfin je ne vais pas m'exprimer trop longuement. C'est essentiellement un salut fraternel que je vous adresse. Peu importe qui vous êtes individuellement, quels sont vos choix, vos préférences. Vous êtes des citoyens français et vous jouissez, c'est bien normal, des droits de tout citoyen dont la pensée et l'action sont décidées en conscience par lui-même. Vous êtes à mes yeux une part de la France, tous confondus et j'ai le même souci de tout ce qui pourrait servir à votre vie quotidienne comme à vos espérances.
- Ma femme `Danielle Mitterrand` et moi sommes heureux de pouvoir vous rencontrer. Je suis heureux moi-même de pouvoir vous dire ces quelques paroles. Après quoi je ne sais pas si ce sera très commode mais enfin, je me promènerai parmi vous, je ne suis pas pressé. Ceux d'entre vous qui souhaiteraient traiter tel ou tel sujet pourront le faire. Bien entendu, ce sera superficiel. On ne peut pas résumer une vie et les préoccupations de fond d'une famille, par exemple, ou d'une profession comme cela quelques minutes en passant. Mais le peu que j'en percevrai sera déjà suffisant pour que ma connaissance intuitive et maintenant d'expérience de la communauté française du Gabon soit approfondie et me serve, ensuite, dans ma tâche à moi lorsque je serai rentré à Paris.
- Je vous remercie, mesdames et messieurs, mes chers compatriotes. Une fois encore je vous dis très simplement Vive la République, Vive la France !\

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