Publié le 7 janvier 1983

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de sa visite à l'hôpital d'Issoire, vendredi 7 janvier 1983.

7 janvier 1983 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de sa visite à l'hôpital d'Issoire, vendredi 7 janvier 1983.

Télécharger le .pdf
QUESTION.- Monsieur le Président, on a plutôt l'habitude de voir le chef d'Etat dans les CHU les grands hôpitaux, les grandes métropoles régionales parfaitement équipées. Vous venez ici dans un hôpital d'une sous-préfecture, vous ne coupez même pas de ruban. Alors quel est le sens de votre visite à Issoire, dans cet hôpital ?
- LE PRESIDENT.- Précisément voir sur place ce qui se passe. J'ai successivement visité ce que l'on ne doit plus voir, comme ici. Je sais à quel point ce souhait est partagé par les responsables de cette ville et de ce département puisque nous allons en parler et un effort de modernisation très important est engagé. Ce que l'on ne doit plus voir, eh bien ce sont tout simplement les lieux où les personnes âgées n'ont pas l'accueil digne que leur doit la nation. Un grand effort de modernisation comme on dit d'humanisation a été entrepris. Sur-le-plan national, peut-être savez-vous qu'en 1982 50 % de crédits de plus qu'en 1981 ont été dépensés pour moderniser les hospices. C'est dire que nous sommes engagés dans une politique volontaire d'amélioration du réseau hospitalier. Et voir un hôpital de cette importante dans une ville d'environ 17000 habitants, c'est pour moi très significatif, car d'une part il y a ce que l'on ne doit plus voir dont je viens de parler et d'autre part, il y a ce qu'il faut faire maintenant, l'effort très remarquable auquel je viens d'assister et sur lequel je vais maintenant dire un mot.\
Cet effort doit tendre à harmoniser ce que l'on appelle le tissu hospitalier, à veiller à ce que à côté des établissements lourds, importants, établissements régionaux par exemple, ceux dont vous me parliez à l'instant, ceux que l'on a coutume de visiter les très remarquables bâtiments édifiés avec les plus grandes techniques modernes pour soigner les malades existent aussi un certain nombre d'unités qu'on va appeler des hôpitaux moyens et j'insiste beaucoup sur leur nécessité pour plusieurs raisons.
- D'abord parce que sur-place il faut moderniser ce dont nous avons parlé, c'est-à-dire les hospices vieillis, incommodes et qui ne correspondent pas à ce qu'un pays comme la France doit faire. D'autre part, il faut rapprocher le malade, ou l'incurable par le fait de la vieillesse, du lieu où il a vécu. D'où une double préoccupation, disposer des hôpitaux moyens de cette sorte en les modernisant, c'est ce que fait ici la municipalité d'Issoire appuyée par le département du Puy-de-Dôme et faire que l'on aille vers une nouvelle étape en même temps. D'une part développer les établissements moyens et d'autre part développer l'aide à domicile, ne pas déraciner un malade ou une personne âgée, enfin le moins possible lorsque la qualité des soins permet de réaliser cette opération nécessaire.
- Donc j'ai voulu voir ce que l'on ne doit plus visiter dans les années futures. Bientôt je le sais aura lieu une modernisation dans les locaux actuels et la construction d'un nouvel immeuble pour les personnes âgées. Sur-le-plan médical, chirurgical, ce nouvel hôpital moyen permettra pour un certain nombre d'urgences et de nécessités locales, dans un centre ou un rayon assez vaste d'améliorer la qualité des urgences et des soins.
- Je voulais voir cela car j'ai moi-même une expérience des hôpitaux et j'ai pu mesurer à quel point la tristesse, la misère et l'oubli pesaient sur les personnes âgées et sur les malades en dépit des admirables dévouements que je rencontre partout dans le milieu médical, dans le milieu hospitalier et cet effort-là, je voulais le souligner. C'est le sens de ma visite.\
QUESTION.- Monsieur le Président, moderniser le système hospitalier est-ce que c'est faire avec ce que l'on a sur-le-plan financier puisque le gouvernement dit que les dépenses hospitalières doivent baisser de 10 % ...
- LE PRESIDENT.- Je crois qu'il s'agit essentiellement de mieux répartir l'effort national. On peut considérer que le nombre de lits correspond à la nécessité présente, que le personnel n'est pas heureusement réparti entre ces différents hôpitaux ou centres hospitaliers. Ici par exemple, il n'y a pas assez de personnel. Il y a une inégalité quelquefois inquiétante que l'on aille dans une ville ou dans l'autre alors que tous les Français ont droit au même traitement.
- Rapprocher, j'ai insisté sur ce point, rapprocher le malade ou la personne âgée du lieu où ils sont vécu. C'est une vue non seulement humanitaire mais que je crois indispensable pour une bonne gestion du système hospitalier. D'où l'importance de l'aide à domicile que nous allons beaucoup développer dans les années prochaines. Merci.\

Voir tous les articles et dossiers