Publié le 14 octobre 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des lettres de créance de M. Bonaventure Ubalijoro, ambassadeur du Rwanda, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 14 octobre 1982.

14 octobre 1982 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des lettres de créance de M. Bonaventure Ubalijoro, ambassadeur du Rwanda, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 14 octobre 1982.

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Monsieur l'ambassadeur,
- Il m'est particulièrement agréable de recevoir, une semaine après ma visite dans votre magnifique pays, les lettres par lesquelles Son Excellence le Général-Major Juvénal Habyarimana vous accrédite auprès de moi et du gouvernement de la République française en qualité d'ambassadeur du Rwanda.
- L'accueil que m'ont réservé à Kigali, il y a quelques jours, les dirigeants et le peuple rwandais, m'a permis de prendre la mesure du capital d'amitié et d'estime dont dispose la France au Rwanda. Ces sentiments qui honorent mon pays sont, je vous l'assure, pleinement partagés et le Rwanda peut compter lui aussi sur l'amitié sincière et fidèle de la France.
- D'ailleurs, je trouve pour ma part tout à fait naturel qu'il en soit ainsi. Notre commune adhésion aux idéaux de paix, de justice et de fraternité, notre appartenance au vaste et vivant ensemble de la francophonie, l'évolution harmonieuse et confiante de nos relations bilatérales depuis votre indépendance, il y a tout juste vingt ans, tout ceci fait effectivement que mon pays et le vôtre se sentent réellement très proches.\
Mais il y a aussi cette coopération que, vous comme nous, voulons en tous points exemplaire des relations qui devraient s'établir entre le Nord et le Sud, dans un monde en profonde et rapide mutation où la crise économique nous frappe tous, à des degrés divers, mais qui pénalise encore plus les pays les plus démunis, ces pays du tiers monde qui ont le plus besoin de la solidarité internationale pour laquelle la France se bat avec force et ténacité. Nous l'avons dit et nous répétons que les principes de la justice internationale doivent prévaloir sur les intérêts économiques égoistes et qu'il ne saurait y avoir de véritable communauté internationale tant que les deux tiers de la planète continueront à vivre dans la pauvreté en subissant les effets des graves désordres économiques et financiers internationaux.\
En me rendant en visite officielle à Kigali la semaine dernière, c'est un témoignage d'amitié et de solidarité de la France et du peuple français que j'ai voulu apporter à votre pays. Les conversations que j'ai eues avec le président Habyarimana m'ont permis de constater, une nouvelle fois, l'effort admirable et les lourds sacrifices consentis par un peuple digne et courageux dans la dure bataille qu'il livre au sous-développement. Aussi, puis-je vous assurer, qu'aujourd'hui comme demain, le Rwanda trouvera dans la France un partenaire respectueux de ses choix, soucieux de ses intérêts, à l'écoute de ses problèmes et solidaire de ses difficultés.
- Je forme tous mes voeux pour votre personne et pour le succès de votre mission en France et je tiens à vous assurer que vous trouverez toujours auprès de moi et des ministres du gouvernement français toute l'aide et l'appui nécessaires à l'accomplissement de votre tâche. En terminant, je vous prie de bien vouloir transmettre à son Excellence le président Habyarimana, qui nous a si chaleureusement accueillis, avec le peuple rwandais, mes très sincières remerciements, mes sentiments de profonde amitié ainsi que mes voeux les meilleurs pour son bonheur personnel et la prospérité de la nation rwandaise.\

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