Publié le 7 octobre 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française au Burundi, Bujumbura, jeudi 7 octobre 1982.

7 octobre 1982 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française au Burundi, Bujumbura, jeudi 7 octobre 1982.

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Comme je le fais à chaque voyage dans un pays étranger, j'ai plaisir à vous rencontrer, vous, Français, conduits par votre travail, vos obligations familiales et aussi sans doute pour certains d'entre vous par agrément pour un pays que vous aimez. Vous voici absents de notre pays, très loin, malgré la rapidité des transports, et c'est une occasion heureuse, en tout cas pour moi, que de pouvoir ainsi apprendre de vous, même si c'est pour quelques minutes, votre façon de vivre, vos préoccupations.
- Ces préoccupations, ici ou là, je les connais. Je pense en-particulier aux parents qui souvent s'inquiètent de l'éducation de leurs enfants, aux enseignants dont - comme d'ailleurs pour d'autres professions - la situation peut apparaître instable, aux conditions d'instruction des enfants. Je pense à d'autres qui, dans les corps de leur métier, restent peu de temps, résident deux ans, trois ans, à d'autres encore qui sont fixés, parfois même pour toujours dans la mesure où ils ont trouvé racine, au Burundi. Vous représentez une somme d'expériences, un mode de vie que j'ai le devoir de connaître. Alors vous me direz : ce n'est pas comme cela, même si en quelques instants, on peut vraiment faire le tour des choses. Mon programme un peu chargé m'empêchera d'en faire plus.\
J'ai tenu à venir au Burundi, comme j'irai tout à l'heure au Rwanda avant de rejoindre Kinshasa, puis de passer par le Congo, avec les ministres responsables, M. le ministre des relations extérieures, M. Claude Cheysson, M. Jean-Pierre Cot, ministre de la coopération et du développement, afin de suivre de près, par nous-mêmes, les programmes que nous avons, au-cours de ces derniers mois, mis en oeuvre. Ils sont considérables. Vous savez que nous poursuivons une politique de présence de la France, sous son meilleur aspect, par une coopération active tournée vers le développement et si je vais à Kinshasa `conférence Franco - africaine` maintenant, c'est parce qu'une quarantaine de pays d'Afrique attendent la présence de la France, cette présence de la France.
- Je ne vais pas vous laisser très longtemps au soleil, quoique vous y soyiez plus habitués que moi, et si vous voulez, nous allons maintenant, nous mettre tout à côté pendant les quelques moments dont je dispose avant l'arrivée du président Bagaza.
- Sachez que je suis très heureux de pouvoir vous rencontrer. Reçus ici par le chef d'Etat, vous représentez, soit que vous soyez coopérants, fonctionnaires de l'Etat, représentants de quelques grandes sociétés privées, assez bien ce que peut être la communauté française à l'étranger. Je sais que dans ce pays, où le français `langue` joue un grand rôle, vous recevez un accueil auquel vous êtes sensibles. Je sais que vous aimez le Burundi et quand vous serez revenus en France, pour ceux qui rentreront dans les mois ou les années prochains, c'est certainement un pays dont les conditions de vie sont difficiles mais dont les modes de culture, les conditions et le tempérament vous laisseront un profond souvenir. Ces quelques heures que je viens de passer depuis hier m'ont déjà permis de mieux l'approcher.
- Si vous voulez bien maintenant, sans y mettre d'autres solennités, nous allons pouvoir, un peu plus directement échanger des propos. Je me tiens à votre disposition et je vous prie de penser que le plaisir que j'ai, ne me dispense pas de l'idée que je me fais de la responsabilité qui est mienne et qui me fera dire très simplement avec vous : vive la République, vive la France.\

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