Publié le 2 septembre 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française à l'Ecole d'archéologie d'Athènes, jeudi 2 septembre 1982.

2 septembre 1982 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française à l'Ecole d'archéologie d'Athènes, jeudi 2 septembre 1982.

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Je suis heureux de pouvoir vous rencontrer ici, en cette fin d'après-midi, après avoir eu l'occasion, hier, dès mon arrivée à l'aéroport, d'être accueilli par vos deux représentants au Conseil supérieur des Français dits " de l'étranger ".
- Ici, à Athènes, comme lors de toutes les visites que j'effectue à l'étranger pour représenter la France, j'ai tenu à maintenir cette tradition, que je crois utile, d'une rencontre entre les Français qui vivent là et le Président de la République française. Vous êtes dans un pays ami, vous le constatez j'en suis certain chaque jour, tant dans le travail que lorsque vous avez le loisir de discuter avec les habitants de Grèce. Notre communauté est nombreuse, comment s'en étonner dans un pays que tant de liens historiques, culturels, économiques unissent au nôtre ? Beaucoup d'entre vous, en général pourvus de la double nationalité, ont épousé des citoyens grecs, vivent en symbiose avec leur entourage local et contribuent grandement à la présence de la France, notamment sur-le-plan linguistique. Les autres, appelés ici par les nombreux organismes français, publics et privés, présents en Grèce par leurs entreprises concourent également au rayonnement de notre pays. Soyez-en remerciés, qui que vous soyez, ici-même ou ceux qui l'apprendront et qui n'ont pu se joindre à notre réunion de ce soir. Qui que vous soyez : vous êtes les bienvenus et pour moi vous êtes tous des Français à-titre égal. Peu m'importe vos choix, vos préférences même si ce ne sont pas les miennes à-partir du moment où vous participez comme vous le faites, pleinement, au rayonnement de notre pays où votre travail et vos échanges permettent d'exercer une heureuse et plus grande influence de la France par ce qu'elle a de meilleur dans le reste du monde.
- Quel que soit votre statut, les raisons pour lesquelle vous êtes définitivement ou temporairement installés en Grèce, oui, j'ai plaisir à vous rencontrer, parce que, au-delà de vos professions, de vos tempéraments vous venez de France et, résidant en Grèce, dans un pays proche de la France, membre de la même Communauté européenne `CEE`, à peine éloignés de la France sauf par une distance qui tend à se réduire.\
J'imagine cependant que bien des problèmes particuliers se posent à vous pour l'éducation de vos enfants et peut-être aussi pour le statut réservé souvent dans la fonction publique aux représentants de la France, particulièrement dans l'enseignement, se posent des problèmes que je retrouve un peu partout, il faut le dire, dans les pays où je me rends, que j'ai donc appris à connaître chaque jour davantage.
- Je voudrais que vous sachiez que, pouvant vous adresser à M. l'ambassadeur, comme vous pouvez le faire au Consul, comme vous pouvez le faire pendant que nous sommes ici, avant que je circule parmi vous, près de mes collaborateurs, je voudrais que vous sachiez que ces problèmes sont connus de moi. Je ne vais pas traiter ces problèmes par le détail. Sachez qu'ils m'ont été soumis, sachez - du moins à ma connaissance - que votre courrier me parvient et que des dossiers comme celui du lycée franco - hellénique d'Athènes, par exemple, ont requis toute mon attention, au point que nous sommes engagés, on vient de me le confirmer à l'instant, sur une voie de réel progrès.
- Mon rôle est de veiller partout à ce que les Français aient et gardent les meilleures relations possibles avec leur patrie. Je souhaite donc que les textes qui touchent à votre vie quotidienne, à votre existence personnelle, familiale et professionnelle soient étudiés dans le sens de la plus grande justice, au-sein d'une communauté dont vous êtes membres autant que quiconque.
- Je vous l'ai dit à l'instant, je me ferai un plaisir de rester parmi vous, autant qu'il est possible, assez tout de même pour parler un peu, à-titre personnel, pour partager avec vous les quelques moments qui viennent, pour vous connaître un peu mieux - si l'on peut prétendre se connaître après un si rapide échange - mais enfin on apprend beaucoup de choses simplement par les regards ou par l'attitude, peut-être plus que par les paroles... c'est donc pour moi très intéressant et très utile que de pouvoir vous rencontrer ici, vous qui vivez hors de votre patrie, qui en sentez sans doute plus que d'autres la signification, la résonnance, si bien que, lorsqu'en terminant ces quelques mots je vous dirai des mots qui vous paraîtront consacrés au rituel, vous saurez leur donner le sens et la plénitude qu'ils portent dans notre esprit et notre coeur.
- Oui, mesdames et messieurs : vive la République, vive la France !\

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