Publié le 13 mai 1982

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des Lettres de créance de Son Excellence, M. B.K. Jambga, ambassadeur du Zimbabwe, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 13 mai 1982.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception des Lettres de créance de Son Excellence, M. B.K. Jambga, ambassadeur du Zimbabwe, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 13 mai 1982.

13 mai 1982 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur l'ambassadeur,
- C'est avec le plus grand plaisir que je reçois les Lettres par lesquelles Son Excellence, M. le Président Canaan BANANA vous accrédite auprès de moi en qualité de premier ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Zimbabwe en France.
- La France a salué chaleureusement en son temps l'accession de votre pays à l'indépendance, résultat d'une lutte persévérante et obstinée. Elle n'a cessé depuis lors de suivre avec une attention toute particulière les efforts courageux faits par votre gouvernement pour consolider l'unité nationale, effacer les séquelles de la guerre, construire un Etat moderne, prospère d'où ont été bannies toutes les formes de discrimination raciale, réinstaller les populations rurales dans les zones qu'elles avaient dû fuir et permettre à l'ensemble de l'activité économique de fonctionner sans soubresaut dans des conditions renouvelées.
- L'oeuvre accomplie au-cours des deux années passées est impressionnante et le Zimbabwe peut se flatter d'avoir franchi avec succès les premiers obstacles qui se dressaient sur son chemin, d'avoir pu ainsi jouer le rôle légitime qui lui revient dans le concert des Etats africains et amorcer avec ses voisins une coordination régionale nécessaire en-matière de développement et de progrès social.\
Les relations entre le Zimbabwe et la France ont pris pendant cette même période un cours très satisfaisant et j'ai veillé personnellement durant les derniers mois à ce que toutes les administrations françaises concernées considèrent votre pays comme un de leurs nouveaux partenaires privilégiés en Afrique. Des résultats ont déjà été obtenus. Sans doute des progrès restent-ils à faire mais nous sommes, j'en suis sûr, sur la bonne voie comme en témoignent les récentes visites ministérielles échangées entre nos deux pays et comme le montrera de manière éclatante la visite à Paris de votre Premier ministre M. Robert MUGABE, que je me réjouis d'accueillir à la fin du mois.\
Le Zimbabwe ne pourra cependant consacrer l'essentiel de ses efforts à ses tâches prioritaires de développement que lorsqu'auront pris fin les conflits persistants qui menacent la stabilité de la région et pèsent inévitablement sur sa propre situation. Je puis, à cet égard, vous assurer que la France est fermement décidée à faire tout ce qui est en son pouvoir pour favoriser le règlement rapide de l'affaire namibienne et pour permettre à ce territoire d'accéder à la souveraineté internationale. L'affaire de la Namibie n'a que trop duré et il faut que sans tarder cessent les troubles que la crise actuelle provoque direcement ou indirectement dans les Etats voisins, que prennent fin les agressions que ceux-ci subissent de l'extérieur et que soit mis un terme aux souffrances infligées aux populations impuissantes par des combats meurtriers. Il est d'ailleurs indispensable - et c'est le maintien de la paix sur le continent tout entier qui est en jeu - que tous les peuples d'Afrique australe se voient reconnaître sans exceptions la dignité et la liberté auxquelles ils aspirent.\
Votre rôle à Paris, monsieur l'ambassadeur, comme premier représentant de la République de Zimbabwe, va être très important. Il vous revient en effet de révéler votre pays aux nombreux Français qui ne le connaissent pas bien, de favoriser la création de liens diversifiés entre nos deux peuples, de multiplier entre eux les possibilités de contacts et les occasions de travail en commun. Dans cette tâche, vous trouverez en vos interlocuteurs parisiens des partenaires prêts à vous aider et à participer avec vous à la mise sur pieds entre le Zimbabwe et la France de relations que je souhaite, en ce qui me concerne, exemplaires.
- Je vous prie de transmettre au Président Canaan BANANA, l'expression de ma très haute considération et les voeux sincères que je forme pour le bonheur et la prospérité du peuple du Zimbabwe, et je vous souhaite un plein succès dans la noble mission qui vous a été confiée.\

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