Publié le 13 janvier 1982

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de sa rencontre avec le chancelier Schmidt, Paris, Palais de l'Élysée, mercredi 13 janvier 1982

Déclaration de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'issue de sa rencontre avec le chancelier Schmidt, Paris, Palais de l'Élysée, mercredi 13 janvier 1982

13 janvier 1982 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Avant que le chancelier SCHMIDT ne regagne Bonn, ce qu'il va faire dans un instant, nous avons tenu à vous rencontrer, non pas pour une conférence de presse, mais pour que le chancelier puisse vous dire quelques mots à l'occa sion de son passage en France.
- Cette rencontre a eu lieu ce soir, de 18h30 jusqu'à l'heure où je m'exprime.
- J'ai parfois entendu dire ou j'ai lu, que pendant une période difficile pour l'Europe et pour les relations de l'Est et de l'Ouest, période qui s'écoule depuis le début du mois de décembre, l'Allemagne fédérale et la France auraient manqué de relations. Dans l'intervalle de nos rencontres, des contacts, quatre ou cinq fois par semaine, ont eu lieu entre nos représentants qu'il s'agisse de membres du gouvernement ou de membres de nos cabinets. Le ministre des relations extérieures français `Claude CHEYSSON` a, par exemple, rencontré au-cours de ces quatre semaines, six ou sept fois, M. GENSCHER. C'est dire que nous avons tenu à perpétuer un bon usage, celui qui veut que l'Allemagne fédérale et la France se concertent chaque fois qu'un problème important touche à leurs relations bilatérales, plus encore chaque fois que l'équilibre du monde se trouve en jeu.
- J'ai été heureux de recevoir une fois nouvelle le chancelier SCHMIDT en France. Vous savez que nous nous rencontrerons à diverses reprises à bref délai : un sommet européen notamment. Je suis l'invité personnel, et sur-le-plan privé, du chancelier, peu de temps après à Hambourg. Tout ceci indépendamment de nos relations constantes sur le mode que j'ai indiqué tout à l'heure entre les responsables des départements ministériels et nos collaborateurs.\
Cette fois-ci bien entendu nos conversations ont porté sur les événements de Pologne et leurs conséquences, mais pas seulement sur cela, c'est-à-dire que nous avons parlé de la crise économique mondiale, de la politique américaine dans ce domaine, de ses répercussions en Europe. Nous avons parlé de la Communauté européenne `CEE` et nous avons été d'accord pour estimer qu'il serait sage de dominer les actuelles contradictions économiques ou financières, non seulement pour réaliser l'accord sur ces points mais aussi pour donner une réalité politique aux travaux de la Communauté. Et cela n'a pas été les seuls sujets dont nous avons traité.
- Nous avons considéré que la rencontre préliminaire en tête-à-tête que j'ai eue avec le chancelier SCHMIDT, ainsi que le dîner avec plusieurs personnalités allemandes, le Premier ministre français, notre ministre des relations extérieures et le secrétaire général de l'Elysée, était un dîner de travail. Nous avons donc dîné, si j'ose dire, "avec la plume à la main", et nous n'avons pas cessé de discuter avec le maximum de précisions, et de nos positions et de nos intérêts. J'aurai l'occasion, puisque moi je reste à Paris, de vous voir incessamment et de commenter cette rencontre et d'en tirer les enseignements. Mais je pense que je dois libérer le chancelier SCHMIDT le plus tôt possible, il a encore un voyage nocturne à faire, et c'est d'autre part, notre invité, et je pense qu'il pourrait maintenant vous dire quelques mots pour vous apporter les informations que vous souhaitez dans-le-cadre de la déclaration qu'il entend faire. Mesdames et messieurs, je vous remercie.\

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