Publié le 17 octobre 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à Capitol Square en Virginie, samedi 17 octobre 1981

17 octobre 1981 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à Capitol Square en Virginie, samedi 17 octobre 1981

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Monsieur le vice-président, Madame,
- Monsieur le gouverneur,
- Chers amis américains,
- La qualité et la chaleur de votre accueil me vont droit au coeur. L'éclat que vous avez voulu donner à cette cérémonie, ce glorieux Capitol, sont là pour nous rappeler que je viens ici, avec vous, à un rendez-vous de l'histoire.
- Pendant deux jours, nos pensées vont aller vers les années qui, de 1776 à 1781, ont vu naître votre nation et se fonder l'amitié franco - américaine.
- Je ressens une sincère émotion à l'idée que ma première visite aux Etats-Unis, en ma qualité de Président de la République française, a lieu dans l'Etat de la Virginie, patrie de WASHINGTON et de JEFFERSON, au coeur des treize provinces en lutte pour leur indépendance.
- La Virginie a été le théâtre de cette bataille capitale de Yorktown que vous évoquiez à l'instant, monsieur le vice-président, au-cours de laquelle ensemble, Français et Américains, ont forcé la victoire.
- Il est heureux que deux siècles après, elle soit à nouveau le -cadre de cette rencontre réglant ainsi fort opportunément le passé et le présent. Je m'en félicite et je remercie très vivement monsieur le gouverneur de Virginie, monsieur DALTON, de son hospitalité.\
Monsieur le vice-président, vous avez été la première personnalité du gouvernement américain à me rendre visite. C'était à Paris en juin dernier et nous nous étions alors séparés sans avoir épuisé au-cours de notre conversation tous les sujets d'intérêt commun à nos deux pays. Je doute que nous y parvenions encore cette fois-ci tant ils sont nombreux. Mais de même que je me suis réjouis de vous connaître, de pouvoir partager avec vous de longs moments, d'apprendre à connaître à travers vous une part du peuple américain. De même, je me réjouis de poursuivre demain avec le président REAGAN et dans quelques instants avec vous-même, un dialogue si amicalement et si fructueusement engagé.
- Comme vous le voyez, chers amis américains, je suis entouré d'une nombreuse délégation. Hier, deux bâtiments de guerre de notre marine nationale, le "Georges Leygues" et le "De Grasse" sont arrivés à Yorktown.
- Il ne s'agit pas, comme ce fût le cas il y a deux siècles ou plus récemment au-cours des deux guerres mondiales, d'une nouvelle épreuve de force pour les Américains et pour les Français.
- Aujourd'hui, nos deux pays ne souhaitent de briller que dans les combats pour la paix que s'apprête à célébrer un grand anniversaire.
- A l'invitation du président REAGAN, je suis venu commémorer avec vous un événement capital dans l'histoire de l'humanité : celui de la naissance d'une nation. La vôtre. Celui de la naissance d'une pensée et d'un projet politique originaux, les nôtres. A vous comme à nous.
- Cet événement, mon pays s'honore d'y avoir participé puisque c'était un combat pour la liberté et pour la justice.
- Comme il l'a fait, il y a deux cents ans, le peuple français partage votre joie et c'est en son nom que je souhaite longue vie aux liens exceptionnels d'amitié qui nous réunissent tous ici ce soir.\

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