Publié le 28 septembre 1981

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception de la communauté française, Taif, Arabie Saoudite, Palais des Hôtes, lundi 28 septembre 1981

28 septembre 1981 - Seul le prononcé fait foi

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception de la communauté française, Taif, Arabie Saoudite, Palais des Hôtes, lundi 28 septembre 1981

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Monsieur l'ambassadeur,
- mesdames, messieurs,
- Voici cette rencontre matinale, vous en connaissez la raison, je viens avec plusieurs membres du Gouvernement de rencontrer les autorités saoudiennes en-particulier le Roi KHALED deux jours, deux jours et demi c'est bien court, cela ne permet pas de faire le tour des choses, cela permet cependant d'approfondir la connaissance que nous avons des problèmes bilatéraux ou des problèmes mondiaux qui touchent à la France et à l'Arabie Saoudite.
- Tout cela se fait bien vite il faut rentrer à Paris et je n'ai pu apercevoir qu'un peu au hasard des itinéraires, certaines et certains d'entre vous, ce n'était pas suffisant non plus il était donc normal que selon un usage qui est un bon usage nous puissions nous retrouver un moment comme nous le faisons ce matin dans cet hôtel, dans cet hôtel qui porte d'ailleurs la marque française comme un certain nombre de constructions et de réalisations dans ce pays. Que vous dirais-je ? J'ai la responsabilité de notre pays. Non pas seul mais avec d'autres, des institutions qui fonctionnent, un Gouvernement, un Parlement, et des représentants dans tous les pays étrangers et particulièrementdans celui-ci. Ca c'est ce qui figure sur un organigramme, c'est ce que l'on note d'un trait rapide, mais la réalité est tout autre.\
Si la France est présente ici, c'est parce que vous y êtes. Oui enfin sans doute les relations extérieures ne sont pas négligeables. Les missions, les contacts, les relations que nous avons à Paris, l'action du ministre des Relationsextérieures `Claude CHEYSSON`, que je salue ici, oui tout cela compte. Bien entendu. Mais si nous n'avions pas le support, la représentation de femmes et d'hommes français qui acceptent de travailler dans des conditions souvent difficiles, conditions de l'éloignement, problèmes de l'éducation et puis enfin cette difficulté constante qu'il y a même lorsque l'on aime son métier, à vivre loin de chez soi, tout cela représente, parce que vous êtes là, un facteur très positif pour la France.
- Certaines ou certains d'entre vous ont déjà une longue expérience de la vie en Arabie Saoudite, j'ai vu sur les documents qui m'ont été fournis qu'en effet vous êtes quelques-uns à avoir vécu des années et des années à connaître les moeurs, à avoir pénétré les usages, à avoir pénétré aussi les finesses et les ressources de la culture. Ils sont indispensables ceux dont je parle car comment appréhender un pays comme celui-ci si riche d'histoire,comment l'appréhender s'il n'y a pas cette expérience vécue avec l'application de l'esprit et la contribution matérielle à son développement. Et puis beaucoup d'autres sont plus jeunes ou sont là depuis moins longtemps, j'espère qu'ilsprennent à coeur, qu'ils prendront de plus en plus à coeur, l'oeuvre à laquelle ils participent. Je vous quitterai tout à l'heure, notre délégation avec moi s'envolera pour Paris au début de l'après-midi.\
Je garderai de ces deux jours et demi un vrai souvenir, à la fois parce que j'ai pu rencontrer autour du Roi les principaux responsables du Prince FAHD, dans des conversations qui ont, je le crois, franchi cette barrière inévitable des relations protocolaires assez en-tout-cas pour trouver des points de contacts et de rencontres assez nombreux qui permettront à l'Arabie Saoudite et à la France de faire un bon chemin ensemble sur des questions et des problèmes qui touchent à la vie du monde mais nous n'allons pas passer la matinée en discours. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, en-raison des responsabilités qui m'incombent et après tout ce que j'ai cherché, on pourrait croire que j'adore lesdiscours, je ne les aime pas du tout et dans la mesure où je les aurais aimés, disons que je serais arrivé à la ligne de satiété, je préférerai maintenant pouvoir circuler parmi vous, faire connaissance autant que l'on puisse le faire naturellement pendant les quelques instants dont nous disposons. Laissez-moi, en-tout-cas, répéter ce que je disais pour commencer, je vous remercie d'être au travail, je vous remercie de vivre avec un peuple si différent et cependant si proche par bien des sources, je l'ai dit, de la culture et de l'histoire, je vous remercie d'être des Français comme cela loin de la France et qui témoignent des réussites telles que j'ai pu les connaître sur dossiers et qui ne sont pas rares.
- On fait souvent appel à la France et aux Français pour des réalisations importantes, je pense qu'on va vers des réalisations multipliées dans un avenir proche en attendant c'est vous qui connaissez et qui pratiquez cette vie d'être des Français à l'étranger en Arabie Saoudite. Comment faire si je ne pouvais pas, si nous ne pouvions pas compter sur vous ? Il nous semble qu'il nous manquerait quelque chose, au-delà des divergences et différences normales d'opinions en politique. Je crois même savoir que dans la masse des votes des Français à l'étranger je n'ai pas bénéficié d'un -concours très puissant. Comme vous avez pu le constater, on peut s'en passer. Mais, cela n'ôte rien au plais\

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