Publié le 22 juillet 1981

Déclaration à la presse de M. François Mitterrand, Président de la République, à son retour du sommet des pays industrialisés d'Ottawa, Paris, mercredi 22 juillet 1981.

Déclaration à la presse de M. François Mitterrand, Président de la République, à son retour du sommet des pays industrialisés d'Ottawa, Paris, mercredi 22 juillet 1981.

22 juillet 1981 - Seul le prononcé fait foi

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LE PRESIDENT.- Je vous dis bonjour à tous. J'ai vu vos confrères il y a quelques heures seulement à Ottawa. L'essentiel a été dit. Je peux seulement ajouter qu'on a fait un bon voyage. Je suis content de revenir en France non seulement parce que du travail m'y attend, mais aussi parce que je m'y sens bien. Et puis le fait de vous retrouver. Voilà. On a beaucoup travaillé, c'est comme une sorte de séminaire. Nous sommes là, les huit participants, sept pays plus la Communauté européenne, enfermés dans de bonnes conditions. Il reste à tenter de s'entendre. Ce n'était pas particulièrement difficile, mais les sujets étaient difficiles. Je crois que chacun y a mis du sien, ce que je peux dire pour la France en-tout-cas, c'est que pour la défense de ses intérêts, il n'y a pas un seul élément du communiqué final qui soit en recul par-rapport aux urgences qui sont les nôtres. Et que sur la plupart des points nous sommes plutôt en avance, parfois pas assez, mais toujours dans le sens que j'aurais souhaité. De ce fait je reviens satisfait tout en sachant que maintenant c'est sur le terrain, avec le Premier ministre et le Gouvernement, qu'il s'agit d'affronter les faits et de les dominer.\
QUESTION.- Quel est le problème qui a le plus avancé, selon vous ?
- LE PRESIDENT.- C'est important que dans un texte commun comme celui-là figurent des phrases marquant la volonté par exemple de mettre fin aux fluctuations de change excessives. C'est important de marquer que la politique de taux d'intérêt de l'argent élevé, n'est pas une politique seulement de ceux qui la pratiquent, mais une nécessité qu'ils subissent et dont ils souffrent également, et ils le savent. C'est-à-dire qu'ils souhaitent y mettre un terme.
- C'est important qu'un certain nombre de précisions aient été apportées sur la façon dont nous allons aborder la conférence de Cancun `Conférence Nord-Sud ` Mexique`, c'est-à-dire les relations avec l'ensemble du Tiers-monde en reconnaissant la nécessité de négociation globale, en précisant déjà certaines fonctions des institutions financières internationales et notamment ce que l'on appelle la filière énergie : avoir une politique mondiale de l'énergie.
- Voilà quelques points, il s'en est posé aussi en ce qui concerne les problèmes d'armement, les problèmes de sécurité. Ce n'était pas exactement l'ordre du jour de la conférence, mais naturellement on en a parlé. Et de ce point de vue, j'ai pu constater que d'une façon générale, on concevait de la même façon, avec bien sûr des différences, des nuances dans l'échelonnement, le désarmement, l'approche d'une paix réelle. Mais sujet de satisfaction, ça été surtout à mes yeux la solidarité européenne. Et ce que nous avions préparé à Bonn il y a quelques jours, s'est réalisé dans les faits c'est-à-dire une forte unité du vue, entre ceux qui se trouvent vivre dans des conditions comparables, même si les politiques sont parfois différentes, je pense particulièrement à la France et à l'Allemagne fédérale.\
QUESTION.- On a dit, qu'entre vous et M. Reagan le courant était passé ?
- LE PRESIDENT.- C'est un homme avec lequel on peut aisément parler. C'est visiblement un homme de terrain qui aime la pratique des choses, qui aime l'approche des gens. Il est donc aisé de l'aborder bien qu'il y ait des rites et des protocoles qu'il faille vaincre naturellement ou dépasser. En fait nous avons été en mesure de parler utilement, et de nous séparer en prenant rendez-vous, puisque j'ai été invité dès le premier moment par le président des Etats-Unis à me rendre aux Etats-Unis au mois d'octobre, pour partager une journée et une soirée à l'occasion de l'anniversaire de la bataille de Yorktown, nous irons à Williamsburg dans un des lieux historiques des Etats-Unis avant mon voyage au Mexique.
- QUESTION.- Vous avez eu l'occasion d'apprécier la forêt canadienne ?
- LE PRESIDENT.- Je l'ai vue surtout de haut, quand je me déplaçais c'était surtout en avion ou en hélicoptère, je n'ai pas pu beaucoup me servir de mes jambes, mais enfin un peu quand même disons, sans que ce soit une allusion sur la conférence - naturellement ce que je vais dire serait un peu terrible - on tournait un peu en rond. L'année prochaine se sera en France, dans notre pays. A Latché c'est grand, la forêt est grande, mais ma maison ne permettrait pas de recevoir tout ce monde. Mais nous chercherons un lieu, qui puisse permettre à chacun de s'y trouver à l'aise. Pouvoir travailler, pouvoir garder contact avec la presse, c'était assez difficile à Ottawa, car la presse se trouvait à pas mal de kilomètres du lieu où nous travaillions. En même temps il faut y trouver agrément. Mais la France est riche d'endroits de ce genre. Merci.\

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