Publié le 14 juillet 2015

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024, à Paris le 14 juillet 2015.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024, à Paris le 14 juillet 2015.

14 juillet 2015 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Ministre,
Madame la Maire de Paris,
Monsieur le Président de la région Ile-de-France,
Messieurs les Co-présidents,
Mesdames et Messieurs les représentants du mouvement olympique,
Mesdames, Messieurs les champions - puisqu'ici, il n'y a que des champions, à part un certain nombre qui sont sur la tribune, mais vous êtes des champions, et nous voulions vous rassembler à l'occasion de la fête nationale, le 14 juillet.
Le 14 juillet, c'est pour nos compatriotes, une journée qui n'est pas comme les autres. C'est la journée où l'on se retrouve, où l'on se réunit en pensant à l'histoire, en pensant aux heures de gloire qu'a pu connaître notre pays et puis parfois à des heures sombres dont nous sommes sortis par un sursaut, par un effort. Et puis, c'est aussi la journée où nous pensons à nos exploits, parfois d'aujourd'hui, et à ceux que nous pouvons imaginer pour demain. Vous, vous avez servi la France parce qu'en étant champions, vous avez rassemblé, réuni les Français, parfois pour quelques secondes, parfois pour un temps plus long et vous leur avez donné confiance en eux et en leur patrie. Donc, nous voulions choisir ce jour exceptionnel du 14 juillet pour parler de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques, parce que cela va être aussi une compétition : une compétition pour avoir les Jeux, et ensuite, des compétitions pour que la France puisse, à Paris, avoir le plus grand nombre de médailles et de récompenses. Mais nous n'en sommes pas là.
Le 23 juin, c'est-à-dire lors de la Journée internationale de l'Olympisme, la candidature de Paris a été déposée par Anne HIDALGO, au nom de la ville, mais aussi par Denis MASSEGLIA, au nom du Comité national olympique. Cela a été une longue réflexion parce que la ville de Paris, Anne HIDALGO, ne voulait pas s'engager à la légère. Elle voulait savoir si les conditions étaient réunies et s'il y avait une volonté de l'Etat d'accompagner la candidature, si la région Ile-de-France était également impliquée et surtout, si il y avait un esprit collectif : cette candidature était-elle voulue, portée, non pas pour être sûr de gagner vous le savez mieux que moi, nous ne sommes jamais sûrs de gagner mais si nous avions de bonnes chances de pouvoir l'emporter. Et puis si nous étions motivés. Il n'y a rien que pire que celles et ceux qui se présentent à des compétitions sans l'ardeur nécessaire £ ceux-là sont généralement sûrs de perdre.
Alors nous voulions être à la hauteur et c'est la raison pour laquelle après étude, après analyse, après débat parce que la candidature, c'est aussi un moment démocratique où il convient d'entendre tous ceux, toutes celles qui représentent la diversité de notre pays pour savoir s'ils veulent vraiment les Jeux alors la mairie de Paris a fait son choix. Et Anne HIDALGO en parlerait mieux que moi encore.
Et puis il fallait que le Mouvement olympique français soit mobilisé. Un mouvement olympique est à l'image de la France, c'est-à-dire qu'il y a forcément une diversité. D'abord, il y a des fédérations multiples, ensuite parce qu'il y a des personnalités nombreuses, ensuite parce qu'il y a toujours ceux qui pensent qu'il faudrait être candidat plus tard 2024, ce n'était pas forcément la première étape, finalement la meilleure étape pouvait être 2028 bref, ce n'était pas facile de convaincre. Et le Président MASSEGLIA je salue aujourd'hui monsieur BRUN qui le représente parce que monsieur MASSEGLIA est déjà parti au Brésil eh bien le Mouvement olympique s'est mobilisé et a su rassembler toutes les fédérations, le mouvement paralympique aussi parce que c'est la même candidature que nous portons, pour les mêmes Jeux, avec la même intensité, avec la même volonté de réussir.
Alors maintenant que la candidature est déclarée, maintenant qu'une équipe a été constituée avec Bernard LAPASSET et Tony, nous devons absolument nous mettre en mouvement. Alors comment faire le mouvement ? D'abord nous en appelons à nos champions. Vous êtes là, parce que vous allez être transformés, là aujourd'hui - je vais vous donner les attributs de cette responsabilité, vous êtes transformés en ambassadrices et en ambassadeurs et vous allez repartir avec, non pas encore une médaille (vous les avez déjà) mais avec un mandat, une mission : aller convaincre. Aller convaincre tous ceux que vous connaissez. Bien sûr, il y a le CIO moi-même, je suis allé à Lausanne pour rencontrer le président, pour lui dire tout le bien que je pensais de cette candidature mais il m'en avait dit encore davantage, mais je ne veux pas préjuger de nos chances et aussi pour aller convaincre les autres champions parce que ça va être finalement une volonté collective qui va se dégager pour le choix d'une candidature.
Une candidature, c'est un esprit, c'est-à-dire de faire comprendre que nous ne sommes pas candidat pour nous-mêmes, nous sommes candidats pour le monde. Nous ne sommes pas candidats simplement pour avoir les Jeux mais pour partager les Jeux et cela change tout. La France, elle n'est pas là pour obtenir, pour gagner, elle est là pour permettre que l'organisation des Jeux à Paris puisse être un succès pour la planète, parce que nous portons des valeurs, des principes, des idéaux, et il se trouve que l'esprit olympique correspond aux valeurs que nous partageons. Alors, à nous de faire comprendre cette démarche, de prendre cette initiative et d'avoir à un moment la récompense de nos efforts.
Nous allons mettre près de deux ans, c'est long, pour arriver au choix et puis ensuite, si nous sommes retenus, il faudra encore attendre sept ans de plus. Mais procédons par étapes, ne les brûlons pas : pour l'instant, nous ne sommes que candidats ou plus exactement Paris est candidat. Mais Paris aujourd'hui, c'est la France £ Anne HIDALGO dirait « Cela a toujours été la France ». Et nous sommes tous réunis, tous rassemblés pour Paris. Paris, cela va être toute la France qui va se réunir parce qu'il n'y aura pas que Paris, il y aura aussi d'autres sites et je sais qu'il y a une compétition entre des sites français pour les compétitions nautiques. Alors nous devons faire bloc et préparer le rendez-vous.
Nous avons donc deux ans, et nous voulions commencer depuis le 23 juin par cette étape, celle du 14 juillet ici à l'Elysée pour faire comprendre à nos compatriotes que si nous voulons être pleinement patriotes, nous devons être pleinement olympiques et faire en sorte que nous puissions convaincre le monde entier de faire le choix de Paris, de faire confiance en la France et nous-mêmes, de nous donner pour le temps de la compétition olympique, quinze jours plus les Jeux paralympiques, un moment être le cur du monde. Ici, vous êtes chez vous.
Merci.
(Applaudissements)
Alors je ne sais pas si vous avez assisté au défilé du 14 juillet, de ce matin, mais vous avez vu qu'à la fin de la cérémonie, il y a eu des parachutistes qui ont sauté et qui ont sauté avec le drapeau français qui était leur parachute. Finalement le drapeau français nous protège de beaucoup de malheurs et parfois de défis. Et le directeur technique de la Fédération - j'espère qu'il est là - Jean-Michel POULET, avait sauté le 14 juillet 2012 et il avait été jusque devant la tribune £ mais il s'était mal reçu - où nous l'avions mal accueilli, donc je ne sais pas quelle était notre responsabilité. Aujourd'hui il est là et je voulais ici saluer sa fédération et dire combien nous étions fiers de voir les parachutistes dans le ciel, en souvenir aussi de votre journée du 14 juillet, et d'arriver ensuite si je puis dire, à nos pieds, merci.

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