Publié le 23 décembre 2014

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la collectivité de Saint Pierre et Miquelon, à Saint-Pierre le 23 décembre 2014.

23 décembre 2014 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la collectivité de Saint Pierre et Miquelon, à Saint-Pierre le 23 décembre 2014.

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JOURNALISTE : A Saint-Pierre et à Miquelon, en ligne directe, pourquoi ce choix ?
LE PRESIDENT : Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est la France, comme l'avait dit le Général DE GAULLE, aux avant-postes de l'Amérique. Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est une chance pour notre pays, que d'être ainsi présent en Amérique du Nord, à un carrefour maritime.
J'avais pris cet engagement de venir à Saint-Pierre-et-Miquelon, devant les élus. Je le respecte et même si en ce moment des événements graves se passent dans notre pays, dans l'hexagone, il est nécessaire d'être présent partout dans notre République, et d'y exprimer les mêmes valeurs, les mêmes principes, et aussi de répondre à une volonté, la volonté de développement, de vivre ici, et une exigence de solidarité. C'est ce que je viens ici dire aux Saint-Pierrais et aux Miquelonnais.
JOURNALISTE : Vous avez choisi le 24 décembre, une date historique pour l'archipel, pourquoi avoir choisi ce symbole ?
LE PRESIDENT : J'aurais pu venir à Saint-Pierre-et-Miquelon lors de ma visite au Canada, en faisant escale ici. Je ne l'ai pas voulu. Je voulais faire une visite spécialement dédiée à Saint-Pierre-et-Miquelon, et effectivement je voulais la faire les 23 et 24 décembre.
Pourquoi le 24 décembre ? Non pas parce que c'est la soirée de Noël, mais parce qu'ici, le 24 décembre 1941, l'Amiral MUSELIER a libéré le territoire et permis ainsi le ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France Libre. C'était un acte très important pour le Général DE GAULLE. C'est pourquoi tous les 24 décembre se déroule cette commémoration, et j'y participerai demain matin.
JOURNALISTE : Monsieur le Président, on est à la veille de Noël, il y a une forte inquiétude notamment en métropole concernant des attaques en pleine rue, Dijon, Joué-lès-Tours, Nantes. Est-ce que vous voyez un lien entre ces attaques, est-ce que vous en redoutez d'autres, avec par exemple un phénomène d'imitation ou de répétition ?
LE PRESIDENT : En trois jours, trois événements très graves se sont produits dans notre pays, d'abord à Joué-lès-Tours, ensuite à Dijon et hier à Nantes. Ces trois événements n'ont pas de lien entre eux, en apparence, mais il y a une concomitance et c'est ce qui justifie une très grande vigilance. C'est pourquoi le gouvernement s'est réuni ce matin pour protéger un certain nombre de lieux.
Un très grand sang-froid, parce que nous ne devons pas céder à la panique, aux amalgames, aux peurs. Une très grande détermination, parce qu'il nous faut agir contre tout ce qui peut être acte terroriste, même si, pour l'instant, seul l'événement de Joué-lès-Tours a ce caractère. Enfin exprimer une solidarité à l'égard des victimes, parce qu'il y a eu plusieurs blessés graves, d'abord à Joué-lès-Tours, des policiers, ensuite à Dijon, des passants, des familles et encore hier à Nantes.
C'est dans ces moments que le pays doit se rassembler et faire la grande preuve de sa lucidité et de sa capacité. C'est ce que je veux exprimer ici-même à Saint-Pierre-et-Miquelon, qui est une terre où il a été plusieurs fois montré que face aux épreuves nous savions résister et résister ensemble.
JOURNALISTE : Nous avons appris ce matin la disparition de Jacques CHANCEL, vous avez déjà réagi par la voie d'un communiqué, mais à nouveau quelle est votre réaction face à cette disparition ?
LE PRESIDENT : Jacques CHANCEL, c'était une voix, celle que l'on entendait à la radio dans l'émission « Radioscopie », qui confessait des artistes de grand renom, ou des talents parfois ignorés. Jacques CHANCEL, c'était une passion, une passion pour la culture, pour les arts, pour l'écriture. Mais c'était également une vocation pour le service public de l'audiovisuel.
C'est pourquoi aujourd'hui, c'est vrai qu'une grande tristesse nous saisit, génération après génération, et notamment la mienne. La voix de Jacques CHANCEL ne s'éteindra pas, parce qu'on continuera à l'entendre. C'est la magie de la radio, la magie de la télévision. Après une disparition, et celle de Jacques CHANCEL est une tristesse, d'abord pour sa famille et je veux m'y associer des images restent, des voix durent. Nous aurons toujours celle de Jacques CHANCEL en mémoire.
JOURNALISTE : Monsieur le Président, vous avez fait un très beau score au deuxième tour en 2012, ici, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Est-ce que venir ici, c'est aussi, pour vous, une manière de reprendre un petit peu un bol d'oxygène face à une situation sociale et une popularité difficile ?
LE PRESIDENT : Non, je vais partout en France, sur tous les territoires, partout où la République est là, présente, et en l'occurrence ici à Saint-Pierre-et-Miquelon. C'est un territoire peu peuplé, un peu plus de 6500 habitants. C'est un territoire vivant, un territoire ardent, un territoire où l'histoire est passée, où la géographie peut paraître ingrate, mais où le développement est possible, et où la foi républicaine est chevillée au corps.
C'est pourquoi je suis là, pour montrer que même dans des situations qui peuvent être éprouvantes, cette énergie saisit toujours le peuple français, où qu'il se situe, et fait qu'il sait résister à tous les vents, même parfois aux vents qui peuvent être ceux du froid. Mais, ici, il ne fait même pas froid. C'est aussi un des problèmes que nous avons, parce que le réchauffement climatique touche aussi des territoires comme ceux-là, et je vais en faire la démonstration.
JOURNALISTE : La montée des eaux, qui touche y compris Miquelon ?
LE PRESIDENT : Exactement, j'irai à Miquelon, parce que c'est là que l'on a la démonstration que le réchauffement climatique a des conséquences. Il est possible que l'isthme puisse disparaître, et qu'au lieu d'avoir cet ensemble, il y ait trois îles demain, et avec peut-être, quand on regarde à 50 ans ou à 100 ans, si rien n'est fait, la disparition même d'une partie de ce territoire de Miquelon.
C'est pour ça que c'est très important de venir ici, à la veille, si je puis dire, un an avant la conférence sur le climat, de démontrer que le réchauffement climatique, ce n'est pas une vue de l'esprit, ce n'est pas une hypothèse, c'est une réalité. Toute la France est concernée, puisqu'une partie de son territoire est d'ores et déjà touchée.Merci beaucoup.

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