Publié le 12 septembre 2014

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'aide de la France au Kurdistan irakien face aux exactions du groupe terroriste Daech, à Erbil le 12 septembre 2014.

12 septembre 2014 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'aide de la France au Kurdistan irakien face aux exactions du groupe terroriste Daech, à Erbil le 12 septembre 2014.

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Monsieur le Président, cette visite à Erbil, au Kurdistan irakien, est très émouvante. Elle est émouvante parce qu'il y a d'abord une amitié entre le peuple français, le peuple kurde depuis longtemps, parce que nous avons toujours été solidaires dans les différentes épreuves que vous avez pu connaître. Vous nous l'avez rappelé, chaque fois que la solidarité de la France est saluée, c'est un honneur que vous nous faites par rapport à des valeurs qui sont celles de la liberté, du respect, de la dignité humaine.
Cette visite, elle a été aussi émouvante quand je me suis rendu dans l'un des centres de réfugiés Il y en a de nombreux puisque c'est par centaines de milliers que vous avez accueilli ceux qui fuyaient les combats ou qui pouvaient craindre pour leur propre vie. C'était émouvant de voir combien vous aviez déployé de moyens pour leur venir en soutien et combien ils étaient reconnaissants de ce que nous avions pu nous-mêmes faire au titre de l'aide humanitaire. La France a été l'un des premiers pays à pouvoir mettre à disposition des moyens matériels, avec les organisations humanitaires que je veux saluer et qui font un travail remarquable. L'Europe a développé véritablement une politique d'aide qui fait là-aussi notre fierté, et que nous allons poursuivre.
Monsieur le Président, nous allons poursuivre, avec l'Europe, notre aide aux réfugiés. Nous allons établir un véritable pont humanitaire. Et nous allons aussi traiter les cas les plus douloureux, des familles qui ont des liens avec la France et qui veulent venir pour un temps se réfugier auprès de leurs proches. Nous avons pu renforcer je remercie le Consulat général l'équipe qui délivre les visas, le ministre des Affaires étrangères a fixé des critères qui sont simples, c'est justement le lien avec la France. Mais ils me l'ont dit, ces réfugiés, leur volonté de retourner chez eux, là où ils vivaient il y a encore quelques mois, quelques semaines. C'est là que l'émotion doit laisser sa place à l'admiration et à la mobilisation. L'admiration pour les Peshmergas, pour ces combattants qui, à un moment décisif, ont affronté les terroristes et ont remporté des batailles, après avoir subi des pertes.
Et quand vous avez appelé à l'aide la France pour des livraisons d'armes, j'ai décidé d'acheminer je remercie le ministre de la Défense les moyens nécessaires. Et je constate que vous en avez fait le meilleur usage et que ces livraisons ont été décisives pour inverser le rapport de forces. Cette aide militaire, nous allons la poursuivre, nous allons même l'intensifier, elle va passer à un autre stade. Il y a aujourd'hui une alliance qui s'est constituée Et pour coordonner les efforts des pays, aussi bien sur le plan humanitaire que sur le plan sécuritaire, une conférence sur l'Iran et contre Daech, contre ce groupe terroriste, sera donc organisée à Paris et vous serez, enfin une délégation du Kurdistan irakien, sera présente bien sûr à Paris.
Je veux terminer en disant que le Kurdistan irakien est un exemple de ce que les communautés peuvent faire ensemble, comment elles peuvent vivre ensemble. La France est attachée à cette diversité, à cette pluralité du Moyen-Orient où des chrétiens vivent à côté des musulmans, à côté d'autres confessions. Ce sont ces minorités qui font ce rayonnement exceptionnel du Moyen-Orient. Et nous devons tout faire pour préserver cet esprit-là. En ce sens, l'action que vous avez pu mener ici au Kurdistan irakien, peut donner espoir.

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