Publié le 19 février 2013

Point de presse de M. François Hollande, Président de la République, sur l'intervention militaire française au Mali et sur l'enlèvement de Français au Cameroun, à Athènes le 19 février 2013.

Point de presse de M. François Hollande, Président de la République, sur l'intervention militaire française au Mali et sur l'enlèvement de Français au Cameroun, à Athènes le 19 février 2013.

19 février 2013 - Seul le prononcé fait foi

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LE PRESIDENT - Sept de nos compatriotes ont été enlevés au Cameroun, 3 adultes, 4 enfants. Sans doute par un groupe terroriste venant du Nigeria. Nous ne savons pas encore exactement lequel même si nous avons de fortes présomptions. Le plus grand risque, cest que nos compatriotes aient été enlevés et emmenés au Nigeria. Nous faisons tout pour les retrouver. Ces Français qui étaient installés au Cameroun létaient pour des raisons professionnelles même sils faisaient du tourisme dans la zone concernée.
Nous avons un devoir de solidarité à leur égard. Plus tôt nous pouvons intervenir, plus nous serons sûrs de pouvoir les faire libérer.
QUESTION Est-ce que vous jugez que cest une action de représailles par rapport à lintervention française au Mali ?
LE PRESIDENT Non, je pense quil y a un danger terroriste dans une grande partie de lAfrique de lOuest jusquau Cameroun. Il y a des actes de piraterie maritime depuis longtemps dans cette partie-là de la côte africaine. Il y a, au Cameroun maintenant, notamment à la frontière du Nigeria, des groupes qui veulent atteindre un certain nombre dintérêts occidentaux, européens et même africains.
La lutte contre le terrorisme, ce nest pas simplement le Mali, cest lensemble de lAfrique de lOuest. La responsabilité de la communauté internationale, cest de combattre ce terrorisme. Nous prenons notre part au Mali, cest partout quil convient daider les Africains à se débarrasser de ces groupes terroristes.
QUESTION Est-ce que vous en savez un peu plus sur les circonstances de la capture de ces 7 Français ? Est-ce que les forces françaises sont actuellement en action pour tenter de les récupérer et de quelle manière ?
LE PRESIDENT Ces Français, je lai dit, étaient installés là-bas pour des raisons professionnelles, travaillant au sein dune grande entreprise dénergie. Ils faisaient une excursion touristique dans la partie nord du Cameroun, proche de la frontière du Nigeria, cest une zone dangereuse. Je dois dailleurs dire à tous nos ressortissants de prendre beaucoup de précautions puisque lon sait la menace qui existe. A partir de là, nous devons tout faire pour les retrouver, nous ne pourrons pas le faire nous-même nécessairement, même si nous cherchons des renseignements. Nous devons le faire en collaboration avec les autorités du Cameroun et celles du Nigeria car nous pouvons craindre quils ont été emmenés là-bas.
La lutte contre le terrorisme, cest une lutte où la France doit être en pleine adhésion par rapport à lenjeu de la communauté internationale de lutter contre le terrorisme. Nous ne pouvons y parvenir seuls. Tous les Africains aujourdhui sont concernés.
QUESTION Quest-ce qui vous prouve que ce nest pas une action de représailles envers les Français ? Ce sont des Français qui sont ciblés cette fois ci.
LE PRESIDENT Les Français sont ciblés dans cette partie-là de lAfrique depuis très longtemps. Nous avons des otages qui ont été enlevés bien avant lintervention française au Mali. Nous avons des compatriotes qui sont détenus depuis plus de deux ans. Nous avons un risque, toujours, lorsque des groupes terroristes essaient de capturer des ressortissants pour obtenir une rançon ou pour faire pression sur nos propres décisions. Cest pourquoi nous devons prendre des précautions par rapport à ces enjeux-là.
QUESTION Vous avez parlé dans votre discours dune action en cours. De quoi sagit-il ?
LE PRESIDENT En ce moment, nous avons des forces spéciales qui sont au nord du Mali et qui interviennent dans une zone particulièrement délicate qui est le massif des Ifoghas, là où des groupes terroristes se sont retranchés, ceux-là même qui avaient menés lopération que nous avons arrêtée il y a maintenant plus dun mois.
Il y a eu un accrochage sérieux avec plusieurs morts du côté des terroristes mais un mort aussi du côté français. Il sagit dun soldat du 2ème REP, un légionnaire, sa famille a été prévenue.
Nous voyons que nous sommes maintenant dans la dernière phase de lopération au Mali, qui nest plus simplement darrêter les groupes terroristes ça fait déjà plusieurs semaines quils ont été mis hors détat de nuire de ce point de vue là pas simplement de sécuriser le territoire nous y sommes parvenus, notamment en libérant des villes mais daller jusquau bout, c'est-à-dire larrestation des derniers chefs ou groupes terroristes qui demeurent à lextrême nord du Mali. Cest dans le cadre de cette opération quil y a eu cet accrochage qui nest pas terminé et qui a, hélas, conduit un légionnaire à perdre la vie.
QUESTION Est-ce que les otages français pourraient être dans cette zone montagneuse au nord du Mali ?
LE PRESIDENT Nous nexcluons aucune hypothèse.
QUESTION Que sait-on de ce soldat décédé ?
LE PRESIDENT Ce que je vous en ai dit, cest un légionnaire du 2ème REP.
QUESTION Est-ce quil y a un risque denlisement ?
LE PRESIDENT Nous avons été très vite par rapport aux objectifs que nous avions fixés. Loffensive terroriste a été arrêtée très tôt, dès les premiers jours de notre intervention. Les villes ont été libérées dans les deux premières semaines. La sécurisation du territoire malien est globalement assurée. Il ny a donc aucun risque denlisement.
En revanche, nous navons pas terminé. Il y a des groupes terroristes qui sont dans ce massif où nous sommes en opération et cest parce que nous voulons en terminer avec cette action terroriste que nous continuons à agir. Il ny a donc pas denlisement, il y a de notre part, action, opération, pour faire en sorte que ces groupes ou ces chefs puissent être arrêtés ou mis hors détat de nuire et pour que, dans lhypothèse où nos otages seraient dans cette zone- là, ils puissent être libérés.
QUESTION Il y a des éléments qui vous permettent de penser que les otages français sont dans cette zone- là ?
Est-ce que depuis le début de laction française au Mali, vous avez pu avoir des informations sur les otages ?
LE PRESIDENT - Si javais des informations, je ne vous les communiquerais pas. Mais il y a une hypothèse qui est que les otages seraient éventuellement dans cette zone- là, peut-être pas tous. Nous faisons en sorte de faire pression sur ceux qui les détiennent pour quils les libèrent et cest dans le cadre de cette opération que nous avons agi, pour que les preneurs dotage comprennent bien que le moment est vraiment venu de les libérer.
QUESTION - Il ny a pas de risque denlisement mais est- ce que vous avez une idée du temps que la France va rester au Mali
LE PRESIDENT - Nous avons presque atteint tous nos objectifs. Il reste cette dernière phase, aller chercher les chefs de ces groupes terroristes dans lextrême Nord du Mali, nous en sommes là. Ensuite, dans quelques semaines, nous allons diminuer notre présence et dailleurs les forces africaines sont en train de se déployer, près de 5000 soldats africains sont maintenant présents au Mali, nous nous sommes 4000, et ce chiffre va diminuer progressivement à mesure que les Africains se substituent aux forces françaises. Mais nous aurons toujours cette volonté daller chercher les terroristes là où ils se cachent et de faire libérer nos otages.
QUESTION - Les 7 otages aujourdhui, ça double quasiment le nombre dotages détenus dans la zone du Sahel. Quest-ce que ça vous inspire comme commentaires ?
LE PRESIDENT - Nos intérêts sont forcément menacés par le terrorisme. Cétait vrai avant lintervention au Mali, cest vrai pendant lintervention et ce sera même vrai après lintervention. Nous devons faire preuve de grande prudence et protéger nos ressortissants, ce que nous faisons.
QUESTION Vous avez renforcé les mesures de sécurité renforcées dans dautres pays dAfrique ?
LE PRESIDENT - Oui, nous avons renforcé partout où nous avons des ressortissants leur protection. Maintenant, nous ne pouvons pas contrôler tous leurs déplacements cest la raison pour laquelle nous appelons à une grande vigilance de la part des entreprises, de la part de nos ressortissants, pour quils ne prennent aucun risque inutile, mais nous allons faire en sorte daller les chercher, daller les libérer. Ce nest pas le même groupe qui a pris ces Français venus au Cameroun que ceux qui détiennent nos otages depuis maintenant plusieurs années.
QUESTION Est-ce que les forces françaises sont en action pour les récupérer ou ce sont les forces camerounaises ou nigérianes ?
LE PRESIDENT - Cest aux forces locales de nous aider et à nous de faire en sorte de pouvoir les retrouver.
QUESTION - Le fait quil y ait des enfants, est-ce que ça ne donne pas un aspect de dangerosité supplémentaire
LE PRESIDENT - Nous faisons très attention mais ceux qui prennent ces otages doivent aussi faire attention ce sont des enfants, cest une famille, donc nous devons les appeler à vraiment à une grave responsabilité.

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