Du 29 novembre au 2 décembre 2022, le Président de la République Emmanuel Macron est aux États-Unis pour la première visite d’État de l’administration Biden, symbole fort de la relation très spéciale qui unit les deux pays.

Suivez la visite d'État du Président Emmanuel Macron à Washington.

À la fin de sa première journée, le Président s'est adressé à la communauté française de Washington. À cette occasion, il a rappelé les enjeux de sa visite et a également salué une nouvelle fois l'entrée de la baguette française au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

Le Président Emmanuel Macron a terminé son discours en remerciant tous les compatriotes expatriés qui font vivre l'amitié franco-américaine. 

30 novembre 2022 - Seul le prononcé fait foi

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DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EN L’HONNEUR DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE RÉSIDENTE AUX ÉTATS-UNIS.

Bonjour à toutes et tous ! Pardon, nous vous avons fait attendre, mais nous sommes là. 

Mesdames et Messieurs les ministres, 
Messieurs les présidents, 
Mesdames et Messieurs les parlementaires, 
Mesdames et Messieurs les conseillers des Français de l'étranger, 
Mesdames et Messieurs les présidentes et présidents d'associations, 
Mesdames et Messieurs les conseillers consulaires, conseillers du commerce extérieur, 
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualité, ce qui me permet de rassembler tout le monde et de vous dire le plaisir que j'ai à retrouver chacune et chacun, 
Mes chers compatriotes et chers amis américains, 

D'abord, je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui. J'étais venu vous voir en 2018, il y a quatre ans, un peu plus, pour la première visite de l'administration TRUMP. Nous voilà à nouveau pour la première visite de l'administration BIDEN, ce qui montre aussi la force des liens entre les États-Unis d'Amérique et la France et la force des liens que vous représentez, que vous faites vivre chaque jour. 

Je veux remercier vraiment notre Ambassadeur et son épouse pour l'organisation et l'accueil ici aujourd'hui, l'ensemble des équipes de l'ambassade et toutes celles et ceux qui font vivre la relation, je l'évoquais évidemment, nos élus, nos consulats généraux, notre député, Christopher, et l'ensemble de celles et ceux qui forment l'équipe France aux États-Unis. Vous incarnez cette relation et c'est grâce à vous que nous sommes là, en quelque sorte, une deuxième fois aujourd'hui. Merci. 

Alors cette amitié, elle vient de très loin. Et si vous avez suivi les décorations que nous avons faites à l'instant, l'un des vétérans, Carl l’a dit mieux que je n’aurais su le dire : « c'est une histoire de fraternité d'armes et de sang ». Et même quand il y a des vicissitudes, c'est plus fort que tout. Des Français étaient là pour bâtir cette nation, la rendre indépendante. Et des Américains étaient sur notre sol pour libérer notre pays à chaque fois que notre liberté, notre souveraineté nationale a été en jeu. Au fond, à l'échelle des siècles, c'est cette histoire qui compte et qui structure tout. 

Cette histoire, c'est celle qu’au moins 300 000 Françaises et Français font vivre ici sur ce sol et en fait beaucoup plus, nous le savons, en réalité. Et donc, je veux ici vous dire que si je reviens et si je vais, juste après vous avoir vu, être aux côtés du Président BIDEN, c'est pour essayer, ensemble, d'être à la hauteur de ce que notre histoire a scellé entre nous : une alliance plus forte que tout, une alliance faite de tragédies parfois, mais de courage et d'engagement, et au fond, celle qui nous unit au-delà des différences et des époques. 

Alors, me voilà, après un peu plus de quatre années devant vous à nouveau, et je voulais vous dire quelques mots. D'abord, beaucoup de choses se sont passées durant ces années. Je me souviens, je m'exprimais devant vous et je vous avais dit tout ce que nous voulions faire pour le pays, pour les combats communs. Et je crois, je relisais le discours que j'avais tenu, on a plutôt fait ce que je vous avais dit. Les réformes sur nos différents secteurs, des transports à l'énergie, les réformes du marché du travail, les réformes sur la fiscalité, réindustrialiser notre pays, en refaire une grande Nation attractive ; cet agenda de réformes pour la France et l'Europe durant ces dernières années, nous l'avons conduit. Et toutes et tous, et beaucoup qui sont là pour porter aussi la relation et qui le portent de l'autre côté de l'océan, peuvent en témoigner et le font vivre. 

Notre pays a recréé des emplois industriels. Notre pays est celui ces dernières années, où l’on crée le plus de startups, où on lève les plus gros tickets d'Europe et est redevenu, malgré les vicissitudes, le pays le plus attractif du continent européen ces trois dernières années. Et donc cet agenda, nous l'avons mené et nous continuerons de le mener dans les mois et les années qui viennent. 

Ensuite, on a rendu l'Europe plus forte, en la rendant plus souveraine, plus unie, plus démocratique. C'était l'agenda de la Sorbonne. On l'a fait aussi, malgré les crises et je dirais, au bénéfice de celle-ci, en réussissant en quelque sorte, tous ensemble, Européens, à résister au Covid et à bâtir là aussi un plan d'action à l'été 2020 qui était inédit, pour ne citer qu'un exemple. Je sais que durant ces années, beaucoup de choses se sont passées, qui ont été aussi très difficiles à vivre ici. Et je voulais vous dire combien, peut-être plus encore que mes premiers mots d'introduction, je voulais remercier toutes celles et ceux qui se sont tenus aux côtés de la communauté française durant la période du Covid 19. 

Je sais que cette période a été difficile à vivre, les restrictions, les restrictions de circulation, les séparations avec les familles. Je voulais vous dire que le ministère des Affaires étrangères, l'ensemble des équipes à travers le monde, ici, mais aussi à Paris, ont fait un travail extraordinaire pour rapatrier dans les premiers jours et les premières semaines toutes celles et ceux qui voulaient l'être pour, à chaque fois, essayer de venir aux côtés de nos communautés. Je voulais vous dire aussi que je sais ce que vous avez ici porté, fait, en termes de solidarité au sein de la communauté française. Je voulais vraiment remercier toutes les équipes et l'ensemble de celles et ceux qui ont fait vivre ces solidarités durant ces mois et ces années difficiles. Soyez-en infiniment remerciés. 

Beaucoup de choses ont changé, mais nous nous retrouvons dans un contexte qui porte encore plus de défis que quand j'étais devant vous. La guerre est revenue en Europe, en Ukraine, déclenchée par l'agression russe. La confrontation géopolitique avec la Chine est encore plus prégnante. Les défis en matière de climat ne sont pas moindres, même si la nouvelle administration a décidé de revenir dans l'Accord de Paris. Et au fond, les défis qui sont devant nous requièrent encore plus d'intimité stratégique avec les États-Unis d'Amérique. C'est le cœur de la visite que nous rendons aujourd'hui, et c'est un peu ce dont je voulais vous dire deux mots. 

Ce que nous allons faire, ce que nous sommes en train de faire, à travers cette visite d'Etat, c'est d'essayer d'abord de continuer d'œuvrer ensemble, Américains et Français, Américains et Européens, pour essayer de répondre à ces nouveaux défis et de le faire pour bâtir le plus rapidement possible la paix à nouveau, en aidant l'Ukraine à résister militairement, économiquement, d'un point de vue humanitaire, main dans la main. Mais en faisant tout aussi pour que la paix puisse revenir et que les négociations puissent reprendre dans des termes choisis par les Ukrainiens, en mettant le maximum de pression. La convergence entre les États-Unis d'Amérique et la France et les autres Européens est clé à cet égard, et elle est réelle depuis le premier jour du conflit. Elle est extrêmement importante. 

La deuxième chose, c'est que, au fond, nous voulons aussi bâtir un agenda commun entre la France et les États-Unis, entre la France, l'Europe et les États-Unis, face aux autres crises suscitées par cette guerre : la crise alimentaire, et nous faisons un énorme travail avec beaucoup d'ailleurs d'entre vous qui sont là, la crise énergétique et tout ce qui s'ensuit. Au fond, l'objet pour moi de cette visite, c’est aussi de réinstaller un dialogue stratégique, j'ai essayé de l'expliquer en disant « pour resynchroniser nos agendas ». Parce qu'il ne faut pas se tromper, il y a un risque aujourd'hui qui est là et qu'on doit se dire entre amis. 

Ce risque, c'est que face aux défis que j'évoque, les États-Unis d'Amérique regardent d'abord les États-Unis d'Amérique, ce qui est normal — nous faisons pareil — regardent ensuite leur rivalité avec la Chine. Ainsi, en quelque sorte, l'Europe, et donc la France, deviennent une sorte de variable d'ajustement. Et ce que je disais avec beaucoup de franchise et d'amitié au caucus avec lequel nous nous trouvions ce midi, en charge des sujets justement biodiversité et climatique, c'était cela. 

Resynchroniser, ça veut juste dire que ce qui s'est passé ces derniers mois est un défi pour nous parce qu'on commence à se décaler sur les sujets énergétiques et le coût de la guerre n'est pas le même en Europe et aux États-Unis, mais surtout les choix faits dont je partage les objectifs, en particulier l’Inflation Reduction Act ou le Chips Act, sont des choix qui vont fragmenter l'Occident parce qu'ils créent de telles différences entre les États-Unis d'Amérique et l'Europe que pour toutes celles et ceux qui travaillent dans nombre d'entreprises, il vont juste se dire « on ne fait plus d'investissements de l'autre côté de l'océan ». Et ces choix ne peuvent fonctionner que s'il y a une coordination entre nous, si on se décide ensemble, si on se resynchronise. C'est fondamental. 

Et donc c'est aussi ce sur quoi je vais œuvrer dans les prochaines heures et les prochains jours pour pousser les Européens à faire plus et plus vite pour gagner en souveraineté énergétique, aller encore plus vite sur le climat, bâtir des outils au moins aussi puissants que les États-Unis d'Amérique l'ont décidé récemment. Mais qu'on puisse le faire ensemble et qu'il n'y ait pas en quelque sorte une forme d'hostilité commerciale qui se déclenche dans les prochaines semaines, parce que nous n'avons pas besoin de ça. On a besoin d’une vraie main dans la main. Dans ce moment, c'est absolument clé. Et donc cette discussion stratégique est fondamentale pour ce voyage. 

Et puis, avec beaucoup d'entre vous, nous allons aussi bâtir à Washington, à La Nouvelle-Orléans, un agenda très fort sur les sujets d'espace, de nucléaire, de quantique — beaucoup d'entre vous sont là aussi sur ce sujet — de technologies, de culture, de greentech, etc. Tant de sujets existants mais aussi à venir, de coopération bilatérale sur lequel nous voulons faire beaucoup plus pour créer de la croissance, accélérer l'innovation, mais aussi bénéficier de vos savoir-faire, de votre expérience, de ce que vous savez porter. Ce sont là les principaux objets de ce déplacement. 

Mais au-delà de ça, je voulais aussi vous dire quelques mots sur deux ou trois sujets essentiels que vous faites vivre et sur lequel nous voulons accélérer. La priorité sur laquelle je voulais revenir, que nous allons défendre ici, et qui est très importante à mes yeux, c'est celle de nos jeunesses. J'ai vu d'ailleurs ici plusieurs de nos enseignants, plusieurs de nos volontaires internationaux. Merci à eux, parce que c'est si important. Mais nous avons aux États-Unis un formidable réseau de lycées français qui accueillent près de 18 000 élèves qui se sont distingués par une mobilisation sans faille durant la pandémie. Nous avons fixé un plan pour la langue française et le plurilinguisme. Il est essentiel et nous sommes en train ici, j'y reviendrai après-demain, à marche forcée d'avancer. 

Mais je pense également aux Alliances françaises, le plus important réseau au monde et aux associations FLAM, on l’évoquait il y a un instant, qui permettent aux élèves français scolarisés dans le système américain, mais aussi à de nombreux élèves étrangers de conserver et consolider leur maîtrise de la langue française. Tout ça, ce sont des initiatives qui sont pour nous une priorité pour nos jeunesses. À cet égard, le fonds bilingue que j'avais annoncé il y a 5 ans à New York, grâce notamment à un engagement important de Chanel, a porté tous ses fruits. Et en 5 ans, ce sont 34 écoles publiques à travers le pays qui ont pu ouvrir un programme d'immersion en français. 

Ce succès doit nous encourager à faire davantage, et donc à la Nouvelle Orléans, en terre francophone s'il en est, j'irai pour annoncer une initiative plus ambitieuse encore : le fonds « French For All », pour soutenir l'apprentissage du français partout où il est en jeu aux États-Unis, de la maternelle à l'université, spécialement auprès des publics défavorisés qui peuvent trouver dans le français un multiplicateur d'opportunités. Notre objectif, c'est en quelque sorte de montrer que nous défendons le français par notre réseau, par les actions que nous menons avec nos amis américains, les initiatives prises il y a 5 ans qui se développent. Mais on veut aussi que la langue française soit une langue pour toutes et tous et que nous rénovions ainsi l'image du français aux États-Unis, qui est parfois peut être vu comme élitiste par certains, qui soit vu aussi comme une langue d'émancipation pour des milliers, en particulier, de jeunes à travers les États-Unis qui peuvent venir des Caraïbes, du continent africain et qui se retrouvent sur cette terre et qui veulent pouvoir aussi vivre dans un multilinguisme, un voyage entre les langues et entre la langue anglaise qui est la leur ici et notre langue. C'est très important. 

Avec l'apprentissage du français, c'est aussi l'opportunité de faire un séjour comme étudiant américain en France, dans l'autre sens, comme un étudiant français aux États-Unis, qui est clé pour nous, et donc ce que nous voulons aussi défendre et porter ici dans les prochaines années, c'est de renforcer nos programmes de mobilité universitaire et scientifique et de continuer à les encourager. 

Je veux saluer à cet égard le dynamisme de nos programmes de coopération dans ces domaines qui permettent à beaucoup d'étudiants, mais aussi de nombreux chercheurs, souvent de premier plan, de traverser l'Atlantique. Plusieurs d'ailleurs de nos dirigeants d'organismes de recherche, CNRS, CEA, CNES sont à mes côtés et je les en remercie pour cette visite et c'est un engagement très important et ils sont aux côtés de la ministre et des ministres pour porter cette ambition. Mais ce qui est important, c'est la circulation des talents, c'est de continuer à développer des coopérations. Donc pour ce faire, nous voulons aussi continuer à renforcer ces mobilités universitaires et scientifiques. Ainsi nous avons l'ambition de développer 30 nouveaux doubles diplômes franco-américains d'ici à 2030 et d'augmenter ces échanges d'étudiants de 30 % sur ce même horizon. 

Un autre levier, c'est aussi la culture. L'art de vivre à la française, cet art d'être français dont j’ai souvent parlé et que vous portez ici. Depuis longtemps et aujourd'hui encore, les créateurs français rayonnent jusque sur ce continent. C'est notre cinéma. Agnès VARDA venait d'être la première réalisatrice au monde à recevoir un Oscar d'honneur quand je venais vous voir la dernière fois. Euzhan PALCY a reçu il y a quelques jours à nouveau une formidable reconnaissance du monde du cinéma américain et mondial. Et nous savons combien notre culture, notre cinéma, mais aussi notre musique, notre création, nos designers, nos architectes sont ici aimés et appréciés. Nous voulons continuer de développer ce lien, de le porter, de le faire fructifier, de le montrer, mais aussi de le faire vivre. Et à cet égard, dans ce contexte si complexe mais stimulant, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a engagé il y a un an un projet particulièrement ambitieux, celui de créer une Villa Médicis à l'échelle américaine. 

C'est la Villa Albertine, mais je n'ai pas besoin ici de la présenter tant, en une année seulement, elle est rentrée dans le paysage, Monsieur l'Ambassadeur, n'est-ce pas ? Et avec 90 résidents, créateurs de toutes les disciplines, penseurs de tous horizons, directeurs de musées, etc, ils se sont déjà déployés dans une trentaine de villes à travers les États-Unis, pour mener à chaque fois un projet d'exploration sur mesure, de création en lien avec des dizaines de partenaires culturels français américains. Cette Villa ne ressemble à aucune autre parce qu'elle est en quelque sorte à l'échelle d'un pays continent, parce qu'elle repose aussi sur un modèle innovant. Et je veux remercier tous les artistes qui sont aussi dans notre délégation, nos Présidentes et Présidents et directeurs de musée qui sont aussi à nos côtés, du Louvre à l'Orangerie, en passant par Orsay, et plusieurs aussi seront à nos côtés à La Nouvelle-Orléans. Mais vous portez toutes et tous cet amour réciproque. 

Mais ce que nous avons voulu faire avec la Villa Albertine et ce programme, c'est en quelque sorte de montrer qu'on pouvait continuer de le réinventer et de l'écrire. Et si on donnait la liberté à des artistes de nos deux pays, mais à des artistes aussi, j'insiste sur ce point, du monde entier de pouvoir bénéficier de notre réseau, alors nous rendions encore cette relation bilatérale plus vivace, plus inventive. Elle est à l'image de ce qu'est la relation franco-américaine. C'est une relation qui n'est pas simplement bilatérale. Elle est plus grande qu'elle-même. Elle porte nos imaginaires réciproques à l'échelle du monde. 

Et puis, enfin, évidemment, je voulais insister sur la relation économique avec un courant d'échanges bilatéral en croissance avec des entreprises dans tous les secteurs et passant de la culture à l'économie. Je veux évidemment parler de notre gastronomie, de notre savoir-faire. Et je m'exprime devant vous aujourd'hui dans un moment très important, celui où notre baguette a été reconnue patrimoine immatériel de l’Unesco. Chef, venez ! « World bread heroes ». Avec une farine française rouge, me disait notre chef, notre boulanger. 

Mais je veux dire ici, ça fait des années qu'on se bat, que, à chaque cérémonie de la galette à l'Élysée, avec nos boulangers, nos boulangers-pâtissiers, nos artisans, on se bat pour dire « on veut que ce soit reconnu par l'Unesco ». On a réussi, enfin ! Il se trouve que le Président, figurez-vous, des boulangers de France, le Président Dominique ANRACT, au moment où je vous parle, je crois, est à New York, avec plusieurs de vos collègues. Mais je veux dire ici que dans ces quelques centimètres de savoir-faire passés de main en main, il y a exactement l'esprit du savoir-faire français. C’est-à-dire que c'est quelque chose d’inimitable. Ça paraît être juste matériel, mais non. La baguette représente ça. Il y a notre vin, monsieur COLOMBO est là aussi, avec un travail formidable qu'il a fait sur nos Côte Rôtie et il a rendu hommage à l'histoire et l'amitié entre nos pays. Notre gastronomie, nos chefs sont adorés. Nos spiritueux que plusieurs d'entre vous portent, nos restaurants... Ça a une valeur inestimable parce que derrière, ce sont des emplois sur le territoire. Ce sont des rêves qu'on offre à nos enfants en leur montrant qu'on peut commencer tout au bas de l'échelle, mais avec des jours et des nuits, en apprenant ces savoir-faire qui sont passés de main en main et qui viennent du fin fond des siècles, parce qu'on ne compte pas ses jours et ses nuits, on a un produit qui est inimitable. 

Beaucoup ont essayé de le faire : ils ont fait un truc industriel qui n'a pas de goût. Pourquoi ça a du goût ? Parce que personne n'a partagé le brevet. Parce qu'il se passe de main en main. Parce que c'était inimitable, la baguette française. Eh bien, c'est la même chose que je veux qu'on déploie dans tous les secteurs et c'est exactement ce que vous portez. C'est la même chose qu'on a dans ce qu'on sait faire en termes d'intelligence, d'instruments dans le spatial, de technologies dans le nucléaire, de ce qu'on sait faire dans la tech française. Il y a cette french touch pour le dire en bas breton. Et cette french touch qu'on a dans notre baguette, c'est celle qu'on a dans d'autres secteurs. C'est qu'il y a en quelque sorte un petit savoir-faire en plus et une part d'âme en plus. Donc félicitations à notre baguette pour aujourd'hui. 

Et donc ce qu'on veut faire, vous l'avez compris, c'est montrer à quel point c’est inimitable au reste du monde, continuer à l'exporter parce qu'il n'y a aucune raison que pendant tant d'années, on ait eu ces chiffres de la balance commerciale. On continue à ne pas avoir de bons chiffres parce qu'on n'exporte pas assez. On est en train de réindustrialiser, mais ce qu'on veut faire partout, c'est produire plus sur le sol français, mais avoir plus de partenariats, exporter et montrer la force de ce modèle. Eh bien en effet, de nos PME à nos grands groupes, dans tous les secteurs que j'ai déjà évoqués, en passant par l'aéronautique, le luxe et d'autres, c'est ce que la Team France Export veut faire avec Business France, Bpifrance, les CCI France, nos régions, et au fond avec une capacité à nous unir pour porter justement tous ces projets. Donc ce que nous voulons faire dans les années qui viennent, c'est passer à la vitesse supérieure, avoir encore plus de projets d'investissement conjoints. D’où l'importance de ce dialogue stratégique post-IRA. On doit, nous, rattraper le retard mais se resynchroniser. On veut avoir beaucoup plus de projets d'investissements. Je le disais, la France est le pays le plus attractif. On compte bien le rester. Et donc aidez-nous à avoir encore plus d'investissements américains sur le sol français et aidez-nous à développer encore plus d'investissements français et européens sur le sol américain dans lesquels vous pourrez justement donner des opportunités à vos enfants et vos amis. 

Évidemment, tout ça passe par les échanges humains. La France accueille aussi chaque année près de 5 millions de touristes américains, et malgré la crise sanitaire, tout ce secteur essentiel — et je salue tous les acteurs du tourisme ici présents qui sont aussi un secteur d’excellence pour nous, qui continuent de se battre et vont continuer de se battre. 

Nous voulons renforcer dans tous les secteurs ces échanges. À cet égard, hier midi, avant de vous rejoindre, j’étais avec le premier conseil franco-américain d'affaires qu'on réunissait. On a parlé de beaucoup de sujets sectoriels, beaucoup de sujets d’investissements à venir. Je vous rassure, ils ont, je crois, porté votre voix pour nous dire que sur les visas particuliers E1 et E2, nous devions obtenir des avancées. Et donc dans le cadre de cette visite, avec les ministres, nous allons évidemment porter l’échange pour qu’on puisse retrouver un traitement normal et qu’on puisse avoir des visas de beaucoup plus long terme, des capacités à échanger et au-delà de ces visas, plus largement, qu'on puisse avoir une simplification des situations. Parce que je sais que beaucoup d'entre vous ont eu à subir beaucoup de contraintes dans les années passées, en particulier depuis le changement de 2019. Donc, ce n'est pas simplement qu'on se bat, mais on va bâtir avec nos amis américains des relations extrêmement renouvelées sur ce point et obtenir des avancées. 

Puis, je veux remercier vraiment l'ensemble de nos communautés d'affaires, de nos administrations ici présentes et nos parlementaires qui font vivre aussi cette relation. C'était très important que nos parlementaires soient au caucus ce midi à mes côtés. Ils seront évidemment aussi demain après-midi avec nous, mais je tiens à les remercier pour leur présence. Parce que c'est ainsi qu'on bâtit sur des sujets particuliers et dans tous les secteurs, une intimité extrêmement forte. 

J'aurais pu couvrir beaucoup d'autres sujets. Je ne veux pas ici prolonger parce que je vais passer un peu de temps avec vous avant de retrouver le Président BIDEN. Mais les années qui viennent sont clés pour renforcer la relation bilatérale, pour aller beaucoup plus vite et plus fort sur le sujet du climat, qui est absolument essentiel. On a aujourd'hui une administration qui pense comme nous et donc on doit multiplier les projets, mais réussir aussi à recréer de la dynamique à l'international, beaucoup plus qu’on ne l'a fait ces derniers mois. C'était l'objet de nos discussions là aussi, et la France, dans les prochains mois, va tenir des sommets importants sur la biodiversité et les forêts au premier trimestre, pour le financement des changements climatiques au sud en juin prochain, où nous travaillerons main dans la main avec nos partenaires américains, et évidemment aussi sur les sujets de défense et les sujets les plus stratégiques. Le ministre est là aussi à nos côtés. Nous souhaitons encore renforcer les choses et cela fait partie de la discussion stratégique que nous allons avoir. 

Voilà mes amis, mes chers compatriotes, les quelques mots que je voulais avoir. Il y a un peu plus de quatre ans, on avait beaucoup d'ambition ensemble, on a fait beaucoup de choses. Mais croyez-moi, les mois et les années qui viennent seront déterminants pour les États-Unis d'Amérique, pour la France, pour l'amitié qui nous lie, parce que ce que nous portons ensemble est plus grand que nous. C'est ce qui a permis d'installer des histoires de démocratie et de liberté sur les deux rives de cet océan. Et même si beaucoup de regards se portent sur les deux rives du Pacifique, je peux vous dire que tout ce qui se construit entre nous est ce qui permettra de donner de l'espérance et de l'avenir pour cette planète, parce que ce sont les plus grandes économies, les économies les plus riches, parce qu’elles partagent la même histoire faite de sang versé et parce qu'elles partagent les mêmes valeurs. Ne l'oublions jamais. Pour tout ça, merci à vous toutes et tous de faire vivre cette relation. Merci pour le travail fait et l’engagement. 

Vive les États-Unis d'Amérique ! Vive la France ! Vive la République ! Vive la France ! Et vive l’amitié entre nos deux pays !