Le Président de la République Emmanuel Macron s'est rendu à Budapest, en Hongrie, afin de participer au sommet du groupe de Visegrád, qui réunit la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie.

La Hongrie, qui assure actuellement la présidence du groupe de Visegrád, a convié le Président de la République à participer à ces échanges en amont du lancement de la Présidence française du Conseil de l'Union européenne le 1er janvier prochain.

Ce déplacement a été l’occasion pour le Président de la République d’aborder certains dossiers prioritaires des prochains mois au niveau européen, en particulier l’investissement dans les transitions climatique et numérique, le renforcement de l’Europe de la défense, le développement de l'Europe sociale et la gestion européenne de l'asile et des migrations.

Dans la matinée, le Président s'est entretenu avec János Áder, Président de la République de Hongrie, et Viktor Orbán, Premier ministre de Hongrie.

Revoir la déclaration à l'issue de l'entretien avec le Premier ministre de Hongrie :

Durant ces entretiens, le Président Emmanuel Macron a pu évoquer les exigences européennes en matière d'État de droit et de respect des valeurs européennes.

En fin d'après-midi, le Président a participé à la session plénière du Sommet du groupe de Visegrád.

Revoir la conférence de presse conjointe :

13 décembre 2021 - Seul le prononcé fait foi

CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE À L’ISSUE DU SOMMET DU GROUPE DE VISEGRÁD

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Merci Monsieur le Premier ministre. 

Je suis très heureux d’avoir l’opportunité ici aujourd’hui, après des échanges bilatéraux, de pouvoir échanger avec les membres du groupe de Visegrad à l’occasion de ce sommet, heureux que notre rencontre intervienne cette année, qui est aussi celle du 30ème anniversaire de votre coopération au sein de ce groupe, et je remercie la Hongrie qui le préside actuellement et le Premier ministre ORBAN pour cette invitation. Et je pense également en ce jour au 40ème anniversaire du décret de l’état de siège en Pologne et je veux rendre hommage aux milliers d’opposants qui furent arrêtés à cette occasion. 

La discussion a été franche et riche et le menu vient d’en être fait par le Premier ministre ORBAN. Sur le sujet des migrations, notre volonté est de pouvoir avancer, en particulier en raison des crises que nous avons successivement vécues ces derniers temps et que la Pologne, tout particulièrement ces dernières semaines, a pu subir avec cette guerre hybride menée depuis la Biélorussie. Et je crois qu’il y a une convergence de vue très forte pour dire qu’il nous faut une gouvernance plus politique de Schengen et une réforme en profondeur, ce qui est comme vous le savez, est au cœur de la présidence française. Améliorer la protection des frontières extérieures, limiter les flux secondaires et trouver les voies et moyens d’harmoniser nos règles et rendre plus efficaces les mécanismes de retour vers le pays d’origine, pour celles et ceux qui ne sont pas éligibles à l’asile et ne resteront pas sur notre sol. Et donc, nous avons eu une très longue discussion sur ce point, l’idée étant de préparer les conclusions, évidemment de cette semaine mais surtout du mois de mars prochain où nous souhaitons pouvoir avancer sur ce sujet. 

En matière d'État de droit, nous avons acté d'abord de la grande sensibilité de ce sujet. J'ai pu écouter tous les points de vue qui se sont exprimés. J'ai rappelé la position de la France. Il s'agit d'une question existentielle pour notre Europe et d'ailleurs, nous l'avons dit, qu'il s'agisse de l'Etat de droit, de la lutte contre les discriminations, du respect de toutes les minorités et sur ce sujet, nous avons essayé de regarder quelles étaient les questions que nous pourrions essayer politiquement de régler dans les prochaines semaines et prochains mois et j'ai, en tout cas, indiqué la bonne volonté de la France pour essayer de trouver les bons accords en raison des efforts qui seront faits et de la bonne volonté manifestée. Plus largement, je pense qu'il nous faut trouver un chemin sur ce sujet qui permette d'intégrer l'indispensable avancée et de sortir du blocage dans lequel notre Europe est aujourd'hui en train de se mettre. En tout cas, nous avons une discussion qui était très riche sur ce sujet et je vous en remercie et j'espère que les prochaines semaines, sur plusieurs points concrets, permettront d'obtenir des avancées. 

Sur la question de l'énergie, nous avons acté premièrement le fait que la stratégie pour nous tous passait par une réduction des consommations, par plus d'efficacité énergétique. Evidemment le renouvelable, mais le nucléaire est au cœur de nos stratégies, étant la manière la plus décarbonée non-intermittente de produire de l'électricité. Je crois qu’il y a aussi une convergence de vues pour indiquer que l'extension de l’ETS aux ménages est aujourd'hui pour nous une difficulté, et une volonté aussi clairement affirmée par chacun d'entre nous de donner plus de visibilité, de construire de la pluri-annualité dans les tarifs de l'énergie et donc permettre à nos industriels comme nos ménages d'avoir de la visibilité sur ce sujet, de procéder aussi aux bons investissements et de réduire la spéculation. 

Enfin, sur les Balkans occidentaux, là aussi, il y a une convergence de vues pour réinvestir à la fois politiquement et économiquement ce sujet et nous aurons l'occasion, au mois de juin prochain, d'organiser un sommet à cet égard. Nous allons maintenant échanger sur les sujets de souveraineté et d'Europe de la défense, les sujets internationaux, les éléments de relance et les grandes échéances, sommet de février comme de mars que nous souhaitons organiser sous présidence française, qui va permettre sur beaucoup d'autres sujets de pouvoir échanger à nouveau dans ce même cadre avec, comme je le disais, des divergences que nous connaissions avant de venir, mais je trouve que c'est toujours très important de pouvoir changer en profondeur et de comprendre ce qui, parfois dans nos histoires, peut nourrir ces différences et de le faire avec beaucoup de respect, une volonté d'avancer et des vraies convergences aussi sur beaucoup d'autres sujets. Je prends d'ailleurs à ce titre, les convergences que nous avons pu avoir, comme je l'ai évoqué sur les questions énergétiques. 

Je veux enfin avoir un mot pour notre collègue Andrej BABIS, dont c'est pour moi la dernière rencontre à ce niveau et remercier Andrej pour la coopération vraiment très bonne que nous avons pu avoir dans tous nos Conseils, dans les rencontres bilatérales et lui dire aussi que nous avons toujours été très sensibles à son amitié pour la France et la francophonie, lui qui parle un français parfait. 

Voilà, merci beaucoup, en tout cas, de m'avoir accueilli autour de la table à vos côtés et merci, monsieur le Premier ministre de l'accueil reçu aujourd'hui.
 

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