Publié le 9 octobre 2019

Sauver 16 millions de vies du SIDA, de la tuberculose et du paludisme

La France accueillait cette année la Conférence de restitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Trois objectifs ambitieux mais réalisables étaient à l’ordre du jour : sauver 16 millions de vies et éviter 234 millions de nouvelles infections dans les prochaines années ; à terme : éradiquer ces trois maladies d'ici 2030.
 

Sida, tuberculose, paludisme : ces maladies n’ont toujours pas disparu en 2019 ?

Et non… Loin de là malheureusement. Ces trois épidémies sont les plus meurtrières à travers le monde. Elles ravagent des pays entiers, emportant avec elles des millions de femmes et d’hommes. Les premiers touchés ? Les plus démunis et les personnes vivant dans les régions les plus reculées.

Si la situation est grave, elle l’est tout de même beaucoup moins qu’il y a quelques années. Et ce, en grande partie grâce au Fonds mondial qui lutte contre ces pandémies.
 

Que fait concrètement le Fonds mondial ? 

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été créé en 2002 sur proposition de Kofi Annan, alors Secrétaire général des Nations unies. En moins de 20 ans d’existence, les résultats obtenus grâce à son action sont impressionnants :

  • 32 millions de vies ont pu être sauvées dans 142 pays
  • 18.9 millions de personnes ont reçu un traitement antirétroviral contre le VIH
  • 5.3 millions de personnes ont été traitées pour une tuberculose.

Le Fonds agit en canalisant des ressources dans le monde entier et investit dans des programmes de prévention, de traitement et d’accompagnement des personnes touchées. Il travaille au plus près du terrain, en partenariat avec les pays qui bénéficient de ces aides ainsi que les associations œuvrant au niveau local. Ce fonctionnement rend son action très efficace.

Peter Sands, Directeur exécutif du Fonds mondial.

Et avec tout ça il reste encore des vies à sauver ?

Énormément de vies à sauver oui, le combat est loin d’être gagné ! Si les résultats obtenus en si peu de temps sont importants et prouvent que l’action du Fonds fonctionne, ce dernier a d’une certaine manière été victime de son succès. Cette impression que nous étions parvenus à éradiquer les maladies a provoqué ces dernières années une stagnation, voire une baisse, des dons. Résultats :

  • 2.8 millions de personnes meurent encore chaque année de ces pandémies
  • 40% des personnes touchées par la tuberculose ne sont pas soignées
  • 1 000 adolescentes contractent le VIH chaque jour
  • La résistance aux médicaments s’est développée, nécessitant une mobilisation de la science (et donc des financements) pour innover dans la production des traitements.
     

L’engagement de la France dans le Fonds

La situation est urgente et nécessite une mobilisation internationale. C’est pourquoi, alors que la France accueillait la Conférence du Fonds mondial ces 9 et 10 octobre 2019 à Lyon, le Président de la République s’est mobilisé à un niveau sans précédent durant plusieurs mois afin de recueillir le maximum de dons.

Aux côtés d’Elton John le 21 juin dernier, Emmanuel Macron appelait les citoyens du monde entier à l’aider à mobiliser les dirigeants politiques afin de « sauver 16 millions de vies ».

Suite à cet appel, de nombreux pays ont annoncé une augmentation inédite de leur contribution au Fonds.

Car nous pouvions faire encore mieux, le Président a renouvelé son appel il y a quelques jours à la tribune des Nations unies.

Et nous avons réussi ! Les résultats sont là : tous les donateurs du G7 augmentent leur contribution, certains de plus de 15% ; des pays sont devenus donateurs pour la première fois, à l’image de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, des Émirats arabes Unis, du Koweït et de Monaco ; certains comme l’Espagne sont revenus au tour de table des donateurs ; d’autres ont fortement augmenté leur contribution comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Irlande ; de nombreux pays ont également accepté de donner davantage et les dirigeants africains se sont mobilisés en s’engageant à renforcer les budgets dédiés à leurs systèmes de santé.

La France a quant à elle pris toute sa part à l’effort collectif en contribuant à hauteur de 1.429 milliard de dollars (soit une augmentation de 20%). Notre pays maintient ainsi son rôle de pionnier dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, conservant sa place historique de deuxième contributeur au Fonds tout en renforçant son aide bilatérale, via l’Agence française de développement et Expertise France, et en continuant à entretenir un dialogue régulier et étroit avec les pays recevant nos aides.

Au total, nous sommes parvenus à lever ce jeudi 10 octobre, plus de 14 milliards d’euros ! Aux 13.92 milliards d’euros annoncés lors de la reconstitution, s’ajouteront en effet au moins 100 millions d’euros supplémentaires que la France s’est engagée, avec Bill Gates, Bono et Peter Sands, à lever dans les semaines qui viennent. C’est la première fois que le Fonds parvient à lever autant d’argent.

« Cette restitution n’était pas pour autant le point final de la mobilisation, loin de là. Les acteurs étatiques et privés pourront encore donner après cette échéance. Interpellez-les comme je continuerai à le faire ! Ne cessons pas le combat.

L’élimination de ces grandes pandémies est possible d’ici 2030. Nous avons la possibilité de sauver 16 millions de vies dans les années qui viennent. J’ai besoin que vous continuiez à convaincre les responsables politiques et les acteurs privés du monde entier à donner. Nous avançons vite, mais tous ensemble, nous pouvons accélérer le mouvement à un niveau sans précédent. »

Emmanuel Macron

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