Publié le 3 mai 2019

Rencontre avec le Premier ministre irakien Adel Abdel-Mahdi

Le Président de la République Emmanuel Macron a reçu le Premier ministre de la République d’Irak Adel Abdel-Mahdi.

Le lien entre la France et l'Irak s'est renforcé ces dernières années dans l'épreuve de la guerre contre Daech. Les forces françaises se sont pleinement engagées aux côtés des forces de sécurité irakiennes.

Mais le lien entre la France et l'Irak, ne se résume pas au simple domaine de la sécurité. Transports, énergie, santé, distribution de l’eau, coopération éducative et universitaire, échanges culturels... les projets ne manquent pas. Trois exemples concrets :

  • reconstruction et développement des universités irakiennes ;
  • installation de deux espaces Campus France, ouverture de classes bilingues ;
  • coopération archéologique et réhabilitation du patrimoine détruit par Daech en lien avec la fondation ALIPH et l’UNESCO.

« Malgré les épreuves de la guerre, l’Irak a préservé son unité. (...) La France s’engage et s’engagera encore davantage aux côtés de cet Irak uni, fédéral et démocratique, convaincu que c’est précisément ce modèle qui permettra la stabilité de votre pays et de toute la région. »

Emmanuel Macron, le 3 mai 2019.

Retrouvez la déclaration conjointe du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre Adel Abdel-Mahdi :

Déclaration du Président Emmanuel Emmanuel Macron avec le Premier ministre irakien Adel Abdel-Mahdi

3 mai 2019 - Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Premier ministre, Mesdames Messieurs les ministres, Mesdames messieurs les ambassadeurs, Mesdames Messieurs, c’est avec beaucoup de plaisir que je vous accueille dans notre pays où vous êtes aussi chez vous. Monsieur le Premier ministre, formé dans nos universités, vous parlez parfaitement le français, vous connaissez parfaitement notre culture. Exilé de votre patrie (...), vous avez retrouvé en France un refuge, je dirais même un foyer, dans cette maison que vous avez bâtie vous-même dans la Loire et je suis heureux que vous puissiez être parmi nous pour un peu retrouver de votre deuxième patrie.

Et si le grand patriote irakien que vous êtes a pu retrouver son pays et y assumer les plus hautes responsabilités, je sais aussi l’affection que vous conservez pour la France. Nous avions eu l’occasion d’échanger par téléphone peu après votre arrivée. Et je dois le dire, vous incarnez à merveille les liens qui unissent très profondément nos deux pays. C’est pourquoi je suis particulièrement heureux aujourd’hui de vous accueillir. Cette histoire entre nos 2 pays a été, je dois le dire, ravivée ces dernières années par ce combat commun contre la barbarie djihadiste. Nous avons été frappés par le même ennemi à Bagdad et Paris, à Mossoul, à Nice, et nous avons fait front ensemble contre le terrorisme. Mais ça n’est pas seulement la sécurité que vous avez retrouvée dans votre pays, car malgré les épreuves de la guerre, l’Irak a préservé son unité. Les difficultés qui avaient pu être connues ont été surmontées. Et je veux ici saluer tout particulièrement votre rôle pour veiller à l’unité nationale, la réconciliation entre Bagdad et Erbil, veiller aussi à ce que le processus démocratique se poursuive et l’Irak a en effet, ces derniers mois aussi, consolidé sa démocratie avec en particulier les élections de 2018.

Et je dois le dire, la France s’engage et s’engagera encore davantage tout particulièrement aux côtés de cet Irak uni, fédéral et démocratique, convaincu que c’est précisément ce modèle qui permettra la stabilité de votre pays et de toute la région. Nos ministres des affaires étrangères ont signé hier soir une feuille de route stratégique franco-irakienne qui est en quelque sorte la nouvelle charte de cette amitié. On aura l’occasion tout à l’heure aussi de poursuivre sur le plan économique les échanges avec le ministre de l’Économie et des Finances mais je veux insister sur 3 priorités essentielles à mes yeux dans notre relation.

La première, c’est évidemment la lutte contre la menace terroriste car cette bataille n’est pas terminée. Si la bataille territoriale a été une étape positive et a été marquée par une victoire, nous avons aujourd’hui encore à poursuivre ce combat. La France veut rester un partenaire de premier plan de la sécurité de l’Irak en vous aidant à renforcer vos capacités anti-terroristes, à protéger vos frontières, à réarmer votre appareil sécuritaire, notamment en contribuant à l’intégration et à la reconversion de nombreux combattants. Et je sais ô combien cet enjeu est important pour vous.

La deuxième priorité, c’est évidemment la reconstruction du pays avec une aide toute particulière mais cette feuille de route bilatérale qui vient la sous-tendre. La mobilisation politique et financière de notre pays sera accrue à vos côtés. L’Agence française de développement s’implantera prochainement à Bagdad, avec des moyens démultipliés pour vous aider dans cette reconstruction. Et nous veillerons aussi à ce que, à vos côtés, l’ensemble des composantes de la population irakienne, qui ont été particulièrement persécutées, je pense notamment aux Yézidis et aux Shabaks, retrouvent leur place pleine et entière au sein de ce nouvel Irak. Et c’est pourquoi, dans cette perspective, je souhaiterais tout particulièrement que l’Irak copréside à nos côtés à l’automne la conférence de soutien aux victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient. Dans ce cadre, comme je le disais, la feuille de route stratégique que nous avons adoptée renforcera notre coopération dans des domaines essentiels comme l’économie, l’éducation et la culture, avec des ambitions que nous partageons en la matière. Notre ambition commune pour le relèvement de Mossoul est, je crois, un des exemples les plus emblématiques de ce que nous pouvons et voulons faire en la matière. Dans les locaux des universités que nous avons contribué à reconstruire, les bâtiments utilisés par Daesh pour produire les explosifs utilisés dans ces attentas accueillent aujourd’hui un institut culturel franco-irakien. Et nous travaillons également avec la fondation Aliph et l’Unesco pour restaurer l’immense patrimoine, non seulement de la ville mais de l’Irak toute entière. Et donc notre volonté est, à travers cette feuille de route, ce que nous avons commencé à faire, pouvoir faire davantage et vous allez tout à l’heure rencontrer nos entreprises investies dans la reconstruction de l’Irak qui est une véritable terre d’opportunité. Et qu’il s’agisse de transport, d’énergie, d’agriculture, d’eau, de gestion urbaine, nous souhaitons les mobiliser pleinement, comme nous avons mobilisé une ligne de financement de 1 milliard d’euros pour faciliter ces nouveaux projets.

Enfin, le troisième axe, c’est évidemment celui de l’agenda régional. La stabilité de l’Irak est, pour nous, déterminante pour la stabilité de la région toute entière. En effet, je crois que ce sur quoi vous êtes en train d’œuvrer, c'est-à-dire un Irak qui continue à gagner la bataille sécuritaire, qui parvient à reconstruire en préservant son unité, ce mouvement démocratique inclusif que vous avez réussi jusqu’alors est la condition même de la stabilité de toute la région et aussi un modèle pour beaucoup d’autres transitions en cours. C’est pourquoi je veux saluer, à ce titre, le dialogue que vous entretenez avec tous les pays de la région et les offres de médiation que vous avez faites ces dernières semaines. La France, vous le savez, partage cette politique d’équilibre et cette volonté d’apaisement des tensions régionales et nos échanges d’aujourd’hui permettront également de poursuivre les visions communes mais aussi les initiatives communes que nous pouvons prendre pour la stabilisation de toute la région.

Voilà Monsieur le Premier ministre les quelques mots que je souhaitais dire, avant que nous puissions échanger plus longuement ensemble mais vous redire aussi la joie et le bonheur que nous avons de vous accueillir en France, vous dire que vous avez toujours ici une deuxième patrie qui non seulement vous accueille avec bonheur mais a vocation aussi à vous aider chaque jour là où vous œuvrez aujourd’hui. Merci Monsieur le Premier ministre.

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