18 novembre 2018 - Seul le prononcé fait foi

DÉCLARATION CONJOINTE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ET ANGELA MERKEL

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Merci beaucoup Madame la Chancelière,

Chère Angela, pour ces mots et merci encore pour votre présence en France la semaine dernière.

En effet, cette invitation et ma présence pour le Volkstrauertag est en quelque sorte un écho à votre présence… notre présence ensemble dans la carrière de Rethondes, puis à l'Arc de Triomphe et votre ouverture du Forum de Paris pour la paix la semaine dernière et je crois que ces démarches communes, qui sont symboliques, mais nous disent combien notre histoire nous engage. C'est pourquoi je suis extrêmement à la fois honoré et heureux d'être à la Chancellerie et d'avoir été justement à l’instant devant vos représentants pour  m'exprimer un jour si important pour l'amitié entre nous et pour votre peuple.

En effet, ce que je suis venu dire au Bundestag ce matin, dans la continuité de nos déclaration communes de la semaine dernière - et je crois ce que nous avons souhaité l'un et l'autre - c'est combien la responsabilité franco-allemande était grande pour préparer l'avenir et refonder l'Europe. Cette responsabilité, c'est la construction tout à la fois d’une souveraineté européenne et d'une unité européenne plus forte autour de celle-ci. Alors, comme vous venez de l'évoquer, la question maintenant est de rentrer dans les détails et ça va être tout l'objet de notre discussion et des travaux des prochaines semaines. Evidemment, l'Europe ne se résume pas au tête-à-tête franco-allemand, mais pour avancer, il n'est pas possible de le faire sans un accord profond franco-allemand ; c'est ce que nous avons commencé à faire à Meseberg en juin dernier et nos échanges doivent aujourd'hui porter autour de plusieurs thématiques qui sont les conditions de cette unité et de cette efficacité.

D'abord, montrer que l'Europe avance sur les sujets économiques et sociaux - le renforcement de la zone euro, la fiscalité du secteur numérique,  notre politique d'innovation et d'investissement dans l'innovation et dans l'intelligence artificielle, évidemment les questions de défense et de sécurité communes sur lesquelles, là aussi, nous avons jeté les premières bases et nous souhaitons entrer dans le détail. Beaucoup a été fait depuis un peu plus d'un an, au niveau européen, par des coopérations renforcées, par des engagements franco-allemands le 13 juillet 2017, mais nous souhaitons passer des étapes supplémentaires et discuter aussi de nos ambitions communes en matière de transition environnementale et énergétique où nos deux pays auront à porter dans les semestres à venir, des décisions fortes dans l'agenda européen et où la bonne coordination de nos transitions, est importante.

Enfin, il y a également le sujet des migrations, que vous avez évoqué, qui n'est pas neuf pour l'Europe mais où, là aussi, la capacité à avancer est absolument décisive et où l'accord franco-allemand qui est là, existe mais sa capacité maintenant à s'élargir est indispensable.

Les grandes thématiques sont donc là, économiques et sociales et d'innovation, de défense et de sécurité, d'environnement, d'énergie et de migration.

Sur ces points, je le disais, nous avons eu une étape importante à Meseberg et nous devons maintenant nous concentrer sur la bonne application de cet accord. Il y a aussi des décisions nouvelles que nous souhaitons prendre et sur lesquelles nous allons nous pencher avec des rendez-vous dans les prochaines semaines et les prochains mois, essentiels, avant les prochaines élections européennes.

Nous aurons évidemment - et nous en parlerons tout à l'heure - à décider dans les prochaines semaines, les prochains jours même, de notre position sur le Brexit ; nous aurons en décembre beaucoup de choses à décider, suivant l'agenda que je viens d'ailleurs d'évoquer, qu'il s'agisse de la zone euro, des sujets de coopération ou d’immigration ; et nous aurons en janvier l'anniversaire du Traité de l'Elysée et la volonté qui est la nôtre d'avoir un nouveau Traité de l'Elysée qui porte je dirais la même clarté que celui de 1963, mais également des ambitions nouvelles sur chacun des sujets que je viens de mentionner.

C'est pourquoi je me réjouis de nos échanges, de ce dialogue franco-allemand ouvert, de cette ambition partagée de l'action et j'attends beaucoup à la fois de nos échanges, mais aussi des prochaines semaines, des prochains mois de discussions et de décisions au niveau franco-allemand comme au niveau européen car nous pouvons et nous devons faire beaucoup d'ici au mois de mai prochain pour porter justement cette Europe plus unie, plus souveraine, plus efficace dont nous avons besoin.

Je vous remercie beaucoup.

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