Publié le 8 mai 1981

Déclaration de M. Valéry Giscard d'Estaing lors de la campagne officielle pour le second tour de l'élection présidentielle, Paris, vendredi 8 mai 1981.

8 mai 1981 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. Valéry Giscard d'Estaing lors de la campagne officielle pour le second tour de l'élection présidentielle, Paris, vendredi 8 mai 1981.

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Françaises,
- Français,
- Dans cette campagne `campagne électorale`, j'ai essayé de vous faire apparaître la vérité pour que vous choisissiez en toute connaissance de cause, cette vérité que mon concurrent `François Mitterrand` supporte si mal : perdant son sang-froid, en venant aux insultes, et justifiant ainsi l'adage : "Il n'y a que la vérité qui blesse".
- Ce n'est pas comme cela qu'on gouverne un grand peuple. où est la force tranquille ?
- Toutes les propositions que j'ai citées figuraient dans le "projet socialiste" qu'il s'est engagé, par écrit, à appliquer £ j'ai toutes les preuves et toutes les références. Alors pourquoi nier ?
- On vous a noyés sous un flot de paroles et de promesses, faites pour vous séduire, mais aussi pour vous tromper. Quel est l'essentiel ?
- Sur-le-plan politique, si vous élisez mon concurrent, ce sera le désordre politique : la dissolution immédiate de l'Assemblée nationale que vous avez élue, un gouvernement intérimaire, et de nouvelles élections d'ici 7 semaines. Ce ne sera pas nouveau, ce sera ancien. Nous avons connu cette situation dans le passé, et nous vivrons de nouveau au jour le jour, au mois le mois, au hasard des combinaisons des partis. Ce sera la fin, en réalité, de la Vème République que les Français ont choisie massivement, contre mon concurrent d'aujourd'hui, qui a toujours voté contre, et qui veut maintenant en assumer la Présidence.\
Si vous m'élisez, nous allons, grâce-au dialogue qui s'est établi entre nous, où je vous ai entendus et compris, grâce-à un large renouvellement des équipes et des hommes, nous allons repartir d'un autre pied, mais sans secousse ni désordre. Ensemble, nous ferons tout de suite redémarrer la France.
- Sur-le-plan économique et social : d'un côté, on vous propose de dépenser ce que nous avons protégé, c'est-à-dire notre monnaie et nos ressources publiques. Vous avez oublié, ou vous n'avez pas connu si vous êtes jeune, les conséquences des budgets en déficit tels que la France les pratiquait il y a plus de 20 ans. Ces conséquences sont simples : la vie plus chère, encore plus d'injustices pour les petits revenus, c'est-à-dire les personnes âgées qui s'en souviennent, les familles et tous ceux qui travaillent à leur compte.
- Et puis, comme il faudra bien que tout se paye, le tour de vis de l'austérité est au bout de ce chemin-là. La démagogie est une tentation, mais c'est aussi un grave danger.
- J'ai le devoir de vous avertir que les premières conséquences financières seraient immédiates, et que ces conséquences vous toucheraient dans votre vie quotidienne. J'ai le devoir de vous le dire. Et dans ces conditions, personne ne pourrait plus embaucher.\
De mon côté, dans le programme que je vous propose, le plus dur a déjà été fait : nous avons préservé le franc, limité le déficit. Grâce-à l'effort et aux sacrifices des Français, la confiance est prête à ressurgir, à condition de ne pas dilapider nos chances. Nous pourrons ainsi résoudre les grands problèmes de la France : le chômage par la création d'un million d'emplois nouveaux, et celui de l'avenir économique de la France que nous avons préparé avec soin et avec acharnement. La France peut réussir, car elle est de plus en plus compétitive.
- Je veux que la France du septennat nouveau soit plus ouverte et plus douce à vivre. Je veux m'occuper autant des Français que de la France.
- Je souhaite que l'effort que j'ai entrepris, pour ouvrir plus largement les responsabilités aux femmes, se poursuive : elles doivent pouvoir mieux concilier, grâce-à des solutions nouvelles leur vie de famille, qu'elles aiment, et leur activité de travail qu'elles souhaitent. Elles ont beaucoup à apporter à la France : quelque chose de nouveau, de raisonnable et de généreux.
- Les jeunes m'ont beaucoup aidé, dans ma campagne `campagne électorale` £ ils ont compris que je ne cherchais pas à réveiller le passé, mais à ouvrir l'avenir. Ils ont vu que la France était bien placée pour devenir un des pays de tête du monde, que, pour cela, il fallait regarder en avant, avoir de grands projets, comprendre et aimer le monde de notre temps, à l'intérieur et à l'extérieur de nos frontières.\
Dans cette campagne `campagne électorale`, j'ai reçu beaucoup de conseils £ on m'a dit souvent : "ne parlez pas du rôle et de la place de la France dans le monde, ce n'est pas cela qui fera voter les Français". Je ne suivrai pas ce conseil.
- J'ai été votre Président pendant 7 ans £ une grande partie de mon temps a été consacrée à représenter la France dans le monde, à vous représenter vous-mêmes, pour que la France joue son rôle, tienne sa place, soit digne et respectée. Je sais que cela compte pour vous, que vous viviez en métropole, ou dans nos départements et territoires d'outre-mer qui prolongent la France dans le monde, et dont nous poursuivrons le progrès. Et il est vital, pour toute l'Europe, que la France reste forte et stable.\
Françaises, Français, nous voici égaux les uns et les autres. Notre bulletin de vote, à vous et à moi, pèsera d'un même poids pour décider le sort de notre pays. Chaque voix compte, aucune ne doit manquer au moment décisif £ on le regrette amèrement plus tard.
- Réfléchissez, réfléchissez, tant qu'il est encore temps.
- L'enjeu, c'est l'avenir, l'avenir immédiat et lointain de la France, l'avenir de chacune et de chacun de vous, et aussi l'avenir de vos enfants, dont vous ne voulez pas qu'ils vivent dans un pays affaibli, en désordre, en déclin. L'enjeu, c'est la France.
- Je me suis donné beaucoup de peine dans cette campagne `campagne électorale`, comme je crois que vous l'avez compris. Après votre choix de dimanche, je suis sûr qu'ensemble, lundi, nous entreprendrons notre marche vers une Frace plus forte dans le monde, plus fraternelle pour les Français.
- Vive la République,
- et allez la France !\

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