Publié le 25 mai 1978

DISCOURS PRONONCE PAR M. VALERY GISCARD D'ESTAING, A LA TRIBUNE DES NATIONS-UNIES SUR LE DESARMEMENT, JEUDI 25 MAI 1978

25 mai 1978 - Seul le prononcé fait foi

DISCOURS PRONONCE PAR M. VALERY GISCARD D'ESTAING, A LA TRIBUNE DES NATIONS-UNIES SUR LE DESARMEMENT, JEUDI 25 MAI 1978

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`POLITIQUE ETRANGERE` MONSIEUR LE PRESIDENT `LAZAR MOSJOV`, MESDAMES, MESSIEURS, POUR LA PREMIERE FOIS, LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE OCCUPE ICI LE SIEGE DE LA FRANCE. JE LE RESSENS COMME UN PRIVILEGE. C'EST POUR MOI L'OCCASION D'AFFIRMER LA QUALITE DES LIENS QUI UNISSENT MON PAYS A L'ORGANISATION DES NATIONS-UNIES `ONU`, DONT IL SE SOUVIENT D'AVOIR ETE UN DES MEMBRES FONDATEURS. NOUS SOMMES CONVAINCUS AUJOURD'HUI DE L'IMPORTANCE DE SON ROLE COMME FORUM D'ELABORATION DES DECISIONS SUR LES PROBLEMES DU MONDE ET AUSSI COMME LIEU DE RENCONTRE ET DE DIALOGUE ENTRE TOUS CEUX QUI PORTENT LA RESPONSABILITE - LA LOURDE RESPONSABILITE QUI ENLEVE PARFOIS LA SERENITE ET LE SOMMEIL - DES RELATIONS INTERNATIONALES ET DE LA PAIX. JE TIENS, MONSIEUR LE PRESIDENT, A JOINDRE MON HOMMAGE A CELUI QUE CETTE ASSEMBLEE GENERALE VOUS A RENDU EN VOUS ELISANT A SA TETE. CET HOMMAGE VA AU PAYS `YOUGOSLAVIE` QUE VOUS REPRESENTEZ. IL VA AUSSI A VOS QUALITES PERSONNELLES D'HOMME ET DE DIPLOMATE. PERMETTEZ-MOI ENFIN D'EXPRIMER MA CONFIANCE ET MA CONSIDERATION A NOTRE SECRETAIRE GENERAL `KURT WALDHEIM`, DONC CHACUN CONNAIT ICI MAIS AUSSI DANS LE MONDE LA COMPETENCE ET LE DEVOUEMENT AU_SERVICE DE LA PAIX
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`POLITIQUE ETRANGERE` EN VENANT A CETTE TRIBUNE, JE MESURE CE QU'A D'EXCEPTIONNEL DANS L'HISTOIRE DES NATIONS-UNIES LE DEBAT QUI SE DEROULE ICI. EXCEPTIONNEL PAR SON OBJET, LE DESARMEMENT, CAR AUCUN NE CONCERNE PLUS DIRECTEMENT L'AVENIR DE NOTRE PLANETE, ET LE SORT DE NOTRE ESPECE, L'ESPECE HUMAINE AVEC SES QUATRE MILLIARDS DE FEMMES ET D'HOMMES, ET DEMAIN BIEN DAVANTAGE. EXCEPTIONNEL PAR SON _CADRE : L'ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS-UNIES, QUI RASSEMBLE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE TOUT ENTIERE, DANS LA DIVERSITE DE SES PEUPLES, DE SES CULTURES, ET DE SES CHOIX POLITIQUES, MAIS AUSSI DANS L'UNANIMITE DE SES CRAINTES ET DE SES ESPOIRS. AUSSI JE VEUX DES MES PREMIERS MOTS, MONSIEUR LE PRESIDENT, REMERCIER ET FELICITER CEUX QUI SONT A L'ORIGINE DE CETTE INITIATIVE. LES PAYS NON-ALIGNES ONT EU, NOTAMMENT, LE MERITE D'ETRE LES PREMIERS A PRESSENTIR ET A EXPRIMER UNE DES GRANDES ASPIRATIONS DE TOUS NOS PEUPLES. IL NE SUFFIT PAS CEPENDANT QUE CE DEBAT SOIT EXCEPTIONNEL. IL FAUT SURTOUT QU'IL SOIT UTILE, C'EST-A-DIRE QU'ON PUISSE DATER DE CETTE SESSION LE DEBUT D'UN PROGRES REEL ET SIGNIFICATIF DANS LA VOIE DU DESARMEMENT. TEL EST L'ENJEU. C'EST LA RAISON POUR LAQUELLE J'AI TENU A VENIR, PERSONNELLEMENT Y FAIRE ENTENDRE LA VOIX DE LA FRANCE. NOTRE PAYS NE POURSUIT ICI AUCUN INTERET PARTICULIER. IL NE RECHERCHE AUCUN EFFET DE PROPAGANDE, TROP FACILE SUR UN TEL SUJET. IL NE S'AGIT PAS D'OBTENIR UN SUCCES ORATOIRE PUIS DE LAISSER L'ILLUSION RETOMBER. JE SUIS VENU ICI OUVRIR UN DOSSIER, L'ETUDIER AVEC GRAVITE, ET PROPOSER DES ORIENTATIONS CONCRETES
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`POLITIQUE ETRANGERE` LA FRANCE NE REVENDIQUE PAS D'AUTRES TITRES A VOTRE ATTENTION QUE SON ATTACHEMENT A LA CAUSE DE LA PAIX, ET SA CONTRIBUTION AU COMBAT POUR LE DESARMEMENT, CONTRIBUTION ILLUSTREE PAR L'ELOQUENCE GENEREUSE D'ARISTIDE BRIAND AVANT LA GUERRE, ET LA COMPETENCE ARDENTE DE JULES MOCH ICI MEME. ELLE N'ENTEND PAS MONOPOLISER LE DEBAT, SACHANT BIEN QU'IL S'AGIT, PAR _NATURE, D'UNE OEUVRE COMMUNE A LAQUELLE CHAQUE ETAT, DE L'EST A L'OUEST, DU NORD AU SUD, DEVRA APPORTER SA PIERRE. IL VA DE SOI QUE LA FRANCE APPORTERA SA CONTRIBUTION A TOUT EFFORT SIGNIFICATIF QUI SERAIT DECIDE EN_FAVEUR DU DESARMEMENT
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`POLITIQUE ETRANGERE` MONSIEUR LE PRESIDENT, ON NE PEUT PAS PARLER DU DESARMEMENT SANS JETER UN REGARD SUR LE MONDE DE NOTRE TEMPS. QUEL MONDE EN EFFET FAUT-IL DESARMER ? JE LE FERAI A-PARTIR D'UN SOUVENIR PERSONNEL. C'EST EN 1957 QUE J'AI PRIS LA PAROLE, POUR LA DERNIERE FOIS, A CETTE MEME TRIBUNE, QUI D'AILLEURS N'ETAIT PAS PLACEE EXACTEMENT ICI DANS CETTE SALLE, TOUT JEUNE ENCORE, ET TOUT EMERVEILLE D'Y REPRESENTER MON PAYS. L'IMAGE DU MONDE DONT JE DECOUVRAIS LE REFLET DANS LE MIROIR DE CETTE SALLE, COMME JE LE FAIS AUJOURD'HUI, ETAIT PROFONDEMENT DIFFERENTE DE CELLE QUE J'Y CONTEMPLE DESORMAIS. LE MONDE ETAIT ENCORE ISSU DE LA GUERRE, LES RAPPORTS ENTRE L'EST ET L'OUEST ETAIENT PLACES SOUS LE SIGNE DE LA VEHEMENCE IDEOLOGIQUE ET DE LA GUERRE FROIDE £ LES DEUX ETATS ALLEMANDS `RFA ` RDA` N'ETAIENT PAS ADMIS AUX NATIONS-UNIES. LA DECOLONISATION ETAIT A PEINE _ENTREPRISE £ L'AFRIQUE N'ETAIT REPRESENTEE QUE PAR 8 ETATS INDEPENDANTS, ALORS QUE L'ORGANISATION EN COMPTE AUJOURD'HUI 50 `NOMBRE` DONT BEAUCOUP SONT LIES A LA FRANCE PAR LES LIENS DE L'HISTOIRE, DE LA CULTURE ET DE L'AMITIE, ET QUE JE SUIS HEUREUX DE SALUER ICI. SUR-LE-PLAN ECONOMIQUE, C'ETAIT LA SUPREMATIE ASSUREE ET TRIOMPHANTE DE LA MONNAIE AMERICAINE `DOLLAR` £ CONVERTIBLE EN OR `METAL` A TAUX FIXE. TOUT JUGEMENT QUI METTAIT EN DOUTE CETTE AFFIRMATION ETAIT JUGE BLASPHEMATOIRE. NOUS VOICI, MONSIEUR LE PRESIDENT, DANS UN AUTRE MONDE
- AUJOURD'HUI LES NATIONS-UNIES, AVEC LEURS 149 `NOMBRE` MEMBRES, DONT LA NOMBREUSE CHINE QUI Y A RETROUVE SES DROITS, COMMENCENT D'APERCEVOIR UNE AUTRE ORGANISATION DE LA PLANETE. ELLES REGARDENT DEVANT ELLES, ET NON PLUS DERRIERE ELLES. CERTES, LES PROBLEMES HERITES DU PASSE NE SONT PAS TOUS REGLES. LA DECOLONISATION DOIT ENCORE ETRE ACHEVEE, NOTAMMENT EN AFRIQUE. MAIS CE QUI PREND UNE IMPORTANCE CROISSANTE DANS LES DEBATS INTERNATIONAUX, CE SONT LES PROBLEMES A DIMENSION MONDIALE, LES PROBLEMES, DIRAI-JE, A SOLIDARITE MONDIALE TELS QUE L'AIDE AU DEVELOPPEMENT, L'INSTAURATION D'UN NOUVEL ORDRE ECONOMIQUE ET MONETAIRE, ET AUJOURD'HUI LE DESARMEMENT. LE MONDE APPREND A CONNAITRE QUE SES PROBLEMES SONT MONDIAUX. SAURA-T-IL POUR AUTANT MIEUX LES RESOUDRE ?
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`POLITIQUE ETRANGERE` L'_ENTREPRISE DU DESARMEMENT A ETE JUSQU'ICI UN ECHEC. EN DEPIT DE RESULTATS PARTIELS, LE BILAN DE TRENTE ANS DE PROPOSITIONS, D'INITIATIVES, DE NEGOCIATIONS, DEMEURE TRAGIQUEMENT INSUFFISANT. IL NE S'AGIT PAS MALHEUREUSEMENT D'UN JUGEMENT PERSONNEL MAIS D'UNE CONSTATATION APPUYEE SUR DES CHIFFRES. LES CHIFFRES, ET CERTAINS ORATEURS L'ONT DEJA DIT AVANT MOI, DISENT D'ABORD L'ENORMITE DES SOMMES CONSACREES A L'ECHELLE DU MONDE AUX DEPENSES MILITAIRES : 400 MILLIARDS DE DOLLARS, SOIT PLUS D'UN MILLIARD DE DOLLARS PAR JOUR £ AUTANT QUE LE PRODUIT NATIONAL DE L'ENSEMBLE DE L'AMERIQUE LATINE £ DEUX FOIS CELUI DE L'AFRIQUE TOUT ENTIERE. ILS DISENT AUSSI LA CROISSANCE CONTINUE DES DEPENSES MILITAIRES. CROISSANCE DANS LE TEMPS : LEUR MONTANT A PLUS QUE DOUBLE AU-COURS DES VINGT DERNIERES ANNEES £ CROISSANCE DANS L'ESPACE, PUISQUE LE TIERS-MONDE QUI N'ENTRAIT DANS LEUR TOTAL QUE POUR 4 % `STATISTIQUES` EN 1960 INTERVIENT AUJOURD'HUI A HAUTEUR DE 14 %. CES CHIFFRES DISENT ENFIN LEUR DISPROPORTION. DISPROPORTION PAR-RAPPORT AUX AUTRES BESOINS DE L'HUMANITE : LE MILLIARD DE DOLLARS CONSACRE CHAQUE JOUR AUX ARSENAUX MILITAIRES EST L'EQUIVALENT DES DEPENSES DE SANTE DANS LE MONDE ENTIER. IL REPRESENTE QUATORZE FOIS LE MONTANT DE L'AIDE AU DEVELOPPEMENT SOUS TOUTES SES FORMES. C'EST DIRE DANS CETTE ENCEINTE CONSACREE A LES ETUDIER, QU'ENTRE LES DEUX GROUPES DE RELATIONS CONCRETES QUI EXISTENT ENTRE LES ETATS, ET QUI SONT D'UNE_PART LA MEFIANCE CONDUISANT A L'ARMEMENT ET D'AUTRE_PART LA SOLIDARITE ET LA COOPERATION ABOUTISSANT A L'AIDE, NOUS DONNONS QUATORZE FOIS PLUS D'IMPORTANCE A LA MEFIANCE QU'A LA SOLIDARITE. DISPROPORTION ENFIN PAR-RAPPORT AU BESOIN DE SECURITE PUISQUE LA CAPACITE DE DESTRUCTION ACCUMULEE EST SUPERIEURE A TOUT CE QU'IL FAUDRAIT POUR EXTERMINER TOUS LES HABITANTS DE NOTRE PLANETE
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`POLITIQUE ETRANGERE` LE MONDE EST A L'HEURE ACTUELLE EN _ETAT DE SURARMEMENT. POUR COMPRENDRE CETTE SITUATION, IL FAUT RAPPELER QUE C'EST LE DERNIER CONFLIT MONDIAL, LE PLUS DEVASTATEUR QU'AIT CONNU L'HISTOIRE DE L'HUMANITE QUI, EN SE PROLONGEANT AUSSITOT PAR LA GUERRE FROIDE, A DONNE L'ECHELLE DE L'EFFORT D'ARMEMENT DES DEUX SUPERPUISSANCES. C'EST EN REALITE UNE ECHELLE DU TEMPS DE GUERRE, ET NON UNE ECHELLE DU TEMPS DE PAIX. CES REFLEXIONS DOIVENT NOUS CONDUIRE A REEXAMINER EN PROFONDEUR LE PROBLEME DU DESARMEMENT. NOUS NE SOMMES PAS REUNIS EN EFFET POUR DEPLORER UN ECHEC OU POUR ACCEPTER UNE FATALITE, MAIS POUR RECHERCHER LES MOYENS D'UN PROGRES REEL. DEUX OBSERVATIONS PREALABLES S'IMPOSENT A L'ESPRIT. ON NE PEUT PROGRESSER DANS LA VOIE DU DESARMEMENT QU'A CONDITION D'AVANCER VERS UNE NOUVELLE AMELIORATION DES RELATIONS INTERNATIONALES. CE N'EST PAS UNIQUEMENT LORSQU'ON PARLE DU DESARMEMENT QU'ON LE FAIT AVANCER, MAIS CHAQUE FOIS QU'ON ATTENUE UNE DES TENSIONS INTERNATIONALES. LA POLITIQUE DE DETENTE ENTRE L'EST ET L'OUEST, L'AMELIORATION DE LA SECURITE DES ETATS AFRICAINS, LA MISE EN_OEUVRE D'UNE SOLUTION GLOBALE ET JUSTE AU PROCHE-ORIENT, LA CONSIDERATION DE LA SITUATION DE LA CHINE, SONT NECESSAIRES A TOUT PROGRES DU DESARMEMENT. LA SECONDE OBSERVATION C'EST QUE, SI L'ON DOIT RETENIR COMME OBJECTIF ULTIME UN DESARMEMENT REEL, GENERAL ET CONTROLE, IL FAUT EN RECHERCHER LES MOYENS, NON A-PARTIR DES SONGES PARESSEUX DE L'UTOPIE, MAIS A-PARTIR DE L'ANALYSE DES CONDITIONS CONCRETES DE NOTRE TEMPS. C'EST A CET EFFORT DE REFLEXION QUE LA FRANCE PEUT APPORTER SA CONTRIBUTION, EN VOUS PROPOSANT UNE APPROCHE DU DESARMEMENT, DONT JE VAIS MAINTENANT VOUS EXPOSER LES PRINCIPES ET LE CONTENU
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`POLITIQUE ETRANGERE` CETTE APPROCHE `DU DESARMEMENT`, MONSIEUR LE PRESIDENT, EST BASEE SUR TROIS IDEES FONDAMENTALES : LA PREMIERE C'EST QU'IL EXISTE POUR CHAQUE ETAT UN DROIT LEGITIME A LA SECURITE. C'EST UN DROIT UNIVERSEL, EGAL POUR TOUS ET CONSACRE PAR LA CHARTE DES NATIONS-UNIES. LE FAIT EST ICI EN ACCORD AVEC LE DROIT. AUCUN ETAT REPRESENTE DANS CETTE SALLE, QU'IL SOIT FAIBLE OU PUISSANT, RICHE OU DEMUNI, N'EST DISPOSE A ABANDONNER LA RESPONSABILITE DE SA SECURITE ELEMENTAIRE. SI LE PRINCIPE DE CE DROIT A LA SECURITE N'EST PAS CONTESTABLE, IL FAUT EN TIRER LA CONSEQUENCE PRATIQUE QUI S'IMPOSE POUR LE DESARMEMENT. DANS LE MONDE TEL QU'IL EST, LE DESARMEMENT NE PEUT PAS SE FIXER COMME OBJECTIF IMMEDIAT DE PARVENIR A UN NIVEAU ZERO DES ARMEMENTS DANS LE MONDE. CE N'EST PAS RENDRE SERVICE A LA CAUSE DU DESARMEMENT ET DE LA PAIX QUE DE PROPOSER D'ATTEINDRE DANS UNE PREMIERE PHASE LE DESARMEMENT INTEGRAL, PAS PLUS D'AILLEURS QU'AUCUN DE NOS ETATS N'ENVISAGE, QUELLE QUE SOIT L'ESTIME QU'IL AIT POUR SES CITOYENS, DE FAIRE DISPARAITRE LES MOYENS NORMAUX DE SA SECURITE INTERIEURE. IL Y A DONC MIEUX A FAIRE QUE DE REPETER L'ERREUR DE PLANS RESTES INAPPLICABLES POUR AVOIR ETE IRREALISTES, ET QUI SERVIRAIENT D'ALIBI A L'INACTION. SI LA FRANCE PROPOSE DE PLACER LE DROIT LEGITIME A LA SECURITE AU CENTRE DE NOS REFLEXIONS, C'EST QU'IL CONSTITUE UN ELEMENT DU DROIT POSITIF, ET PERMET DE RECHERCHER COMME NOUS LE VERRONS, LES MOYENS CONCRETS DE PROGRESSER VERS LE DESARMEMENT
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`POLITIQUE ETRANGERE` LA DEUXIEME IDEE EST QUE LE DESARMEMENT N'EST PAS LE MONOPOLE DE QUELQUES-UNS, MAIS DOIT DEVENIR L'AFFAIRE DE TOUS. LA REUNION DE CETTE SESSION SPECIALE EN EST UNE DEMONSTRATION VISIBLE MAIS MOMENTANEE. IL FAUT FAIRE EN SORTE QUE CETTE CONSTATATION INSPIRE DESORMAIS L'ENSEMBLE DES DEBATS SUR LE DESARMEMENT. CERTES, LES RESPONSABILITES DES SUPERPUISSANCES, DONT LES DEPENSES D'ARMEMENT REPRESENTENT A ELLE SEULES LES DEUX TIERS DES DEPENSES MONDIALES, NE PEUVENT PAS ETRE IGNOREES OU CONTESTEES. MAIS, LA PLUPART DES ENCEINTES OU LE DESARMEMENT SE DISCUTE ONT ETE CREEES A UNE EPOQUE DOMINEE PAR L'AFFRONTEMENT DES BLOCS. MALGRE LES ADAPTATIONS QU'ELLES ONT SUBIES, ELLES CONTINUENT D'EN PORTER LA MARQUE. IL FAUT MAINTENANT METTRE TOUS LES ETATS EN_MESURE DE PARTICIPOER A UNE OEUVRE D'INTERET COMMUN
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`POLITIQUE ETRANGERE` LA TROISIEME IDEE EST QUE L'APPROCHE DU DESARMEMENT DOIT TENIR_COMPTE DES SITUATIONS REGIONALES. EN EFFET, DANS UN MONDE AUSSI DIVERS QU'IL L'EST AUJOURD'HUI, VOULOIR IMPOSER A TOUS LES ETATS DES PRINCIPES IDENTIQUES, SERAIT CONTREDIRE LA REALITE ET SE CONDAMNER A L'INEFFICACITE. A PLUS FORTE RAISON, ET SI CES PRINCIPES ETAIENT CONCUS EN-FONCTION DES DEUX PLUS GRANDES PUISSANCES, QUI SONT COMPARABLES ENTRE ELLES, MAIS QUI NE SONT COMPARABLES AVEC AUCUNE AUTRE. EN SE PLACANT A L'ECHELLE REGIONALE, EN ANALYSANT LES MENACES CONTRE LA SECURITE, TELLES QU'ELLES SONT RESSENTIES PAR LES ETATS EN CAUSE, ON PEUT ESPERER DEGAGER LES MESURES LES PLUS EFFICACES ET LE CONSENSUS NECESSAIRE POUR LES APPLIQUER. CES TROIS IDEES, QUE LE DESARMEMENT DOIT SE FONDER SUR LE DROIT LEGITIME A LA SECURITE, QU'IL EST L'AFFAIRE DE TOUS ET QU'IL FAUT LE CONDUIRE A-PARTIR D'UNE BASE REGIONALE, AMENENT A UNE REVISION DES OBJECTIFS ET DES METHODES DU DESARMEMENT. POUR LE MONTRER, JE ME PLACERAI SUCCESSIVEMENT AU POINT_DE_VUE MONDIAL, ET AU POINT_DE_VUE REGIONAL
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`POLITIQUE ETRANGERE` AU POINT_DE_VUE MONDIAL, IL FAUT FAIRE EN SORTE QUE LE DESARMEMENT SE REALISE AVEC LE _CONCOURS DE TOUS, SOUS LE CONTROLE DE TOUS, ET AU BENEFICE DE TOUS. AVEC LE _CONCOURS DE TOUS D'ABORD. CERTES, NOUS POURRONS DECIDER, COMME JE LE SOUHAITE ET COMME CERTAINS L'ONT DEJA PROPOSE, LA REUNION D'AUTRES SESSIONS SPECIALES. MAIS CECI NE NOUS DISPENSE PAS DE NOUS DOTER D'INSTITUTIONS PERMANENTES. AU NIVEAU DE LA DELIBERATION LE PRINCIPE D'UNIVERSALITE IMPLIQUE QU'UNE COMMISSION PARTICULIERE DE L'ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS-UNIES SOIT CHARGEE DE SUIVRE EN PERMANENCE LA QUESTION DU DESARMEMENT, AVEC LA PARTICIPATION DE TOUS LES ETATS. AU NIVEAU DE LA NEGOCIATION, CELA SIGNIFIE QUE L'ORGANISME PLUS RESTREINT, QUI EN SERA CHARGE, S'INSPIRE DANS SON ESPRIT, DANS SA COMPOSITION ET DANS SES PROCEDURES DE LA REGLE DE L'UNIVERSALITE. CE N'EST PAS ACTUELLEMENT LE CAS, ON LE SAIT, DE LA CONFERENCE DU COMITE DE GENEVE. LE MOMENT EST VENU DE LUI SUBSTITUER UN ORGANISME DONT LE RATTACHEMENT AU SYSTEME DES NATIONS-UNIES SOIT AFFIRME, DONT LA COMPOSITION SOIT OUVERTE, ET DANS LEQUEL SOIT ASSUREE L'EGALITE DES PARTICIPANTS. J'AI D'AILLEURS NOTE, MONSIEUR LE PRESIDENT, A CET EGARD LES REFLEXIONS QUE VOUS AVEZ FAITES A L'OCCASION DE L'OUVERTURE DE NOS TRAVAUX. CES PRINCIPES UNE FOIS ACQUIS, LA FRANCE EST PRETE A DISCUTER DES MODALITES DE CREATION ET D'ORGANISATION D'UN TEL ORGANISME, ET ELLE Y PRENDRAIT ALORS SA PLACE
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`POLITIQUE ETRANGERE` AU NIVEAU DE LA REFLEXION, CELA SIGNIFIE QUE NOUS DEVONS DISPOSER A L'ECHELON DE L'ORGANISATION D'UN INSTRUMENT DE RECHERCHES SUR LE DESARMEMENT. IL S'EN EST DEJA CREE DANS PLUSIEURS PAYS NOTAMMENT EN SUEDE, ET CERTAINS D'ENTRE EUX JOUISSENT D'UNE AUTORITE RECONNUE. MAIS QUELS SERVICES POURRAIT RENDRE UN ORGANISME DU MEME GENRE S'IL ETAIT PLACE AUPRES DES NATIONS-UNIES, QUI LUI APPORTERAIENT LEUR APPUI MATERIEL, TOUT EN RESPECTANT SA NECESSAIRE INDEPENDANCE INTELLECTUELLE
- A COTE DE SA TACHE DE RECHERCHE SUR LE DESARMEMENT, CET INSTITUT POURRAIT CONDUIRE, A L'IMAGE DE CE QUE FAIT LE FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL `FMI` POUR LA SITUATION FINANCIERE DES ETATS MEMBRES, POURRAIT CONDUIRE DES ETUDES SUR LE NIVEAU DES ARMEMENTS. C'EST POURQUOI, SANS OUBLIER LES INITIATIVES QUE D'AUTRES PAYS ONT PRIS DANS CE SENS, JE PROPOSE LA CREATION D'UN INSTITUT MONDIAL DE RECHERCHE SUR LE DESARMEMENT. LA DELEGATION FRANCAISE SOUMETTRA A CETTE FIN UN PROJET PRECIS
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`POLITIQUE ETRANGERE` AVEC LE _CONCOURS DE TOUS, MAIS AUSSI SOUS LE CONTROLE DE TOUS. LE PROBLEME DU CONTROLE, CHACUN LE SAIT, EST AU_COEUR DU DESARMEMENT : PAS DE DESARMEMENT REEL SANS CONTROLE EFFICACE. OR LES PROGRES DE LA TECHNIQUE, QUI ENFANTENT PAR AILLEURS LES ARMES LES PLUS REDOUTABLES, OFFRENT AUJOURD'HUI DES POSSIBILITES NOUVELLES GRACE-AUX SATELLITES D'OBSERVATION. LES DEUX PLUS GRANDES PUISSANCES SONT SEULES POUR LE MOMENT A DETENIR DE TELS MOYENS. D'AUTRES PAYS, TELS QUE LA FRANCE, LES ACQUERRONT A LEUR TOUR DANS LES CINQ PROCHAINES ANNEES. MAIS ILS RESTERONT POUR LONGTEMPS A LA DISPOSITION D'UNE INFIME MINORITE D'ETATS. IL NOUS SEMBLE OPPORTUN QUE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE PUISSE DISPOSER DES MOYENS DE CONTROLE QU'OFFRENT LES SATELLITES. C'EST POURQUOI LA FRANCE PROPOSE QUE SOIT ETUDIEE LA CREATION D'UNE AGENCE DE SATELLITES DE CONTROLE. LES SATELLITES NE RESOUDRONT PAS A EUX SEULS TOUT LE PROBLEME DU CONTROLE. LEUR UTILISATION INTERNATIONALE SOULEVERA, NOUS LE SAVONS, DES QUESTIONS COMPLEXES. MAIS L'INTERET D'UNE TELLE AGENCE POUR LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE EST TROP EVIDENT POUR QUE CHACUN NE VEUILLE PAS Y APPORTER SON _CONCOURS, SELON DES MODALITES QUI DEVRONT ETRE SOIGNEUSEMENT ETUDIEES ET DEFINIES
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`POLITIQUE ETRANGERE` LE DESARMEMENT DOIT ENFIN S'OPERER AU BENEFICE DE TOUS. L'IDEE S'EST IMPOSEE DEPUIS LONGTEMPS D'UN LIEN ENTRE LE DESARMEMENT ET LE DEVELOPPEMENT. ET LA NECESSITE DE CE LIEN APPARAISSAIT TOUT A L'HEURE A LA COMPARAISON DES CHIFFRES DES DEPENSES MILITAIRES 14 FOIS SUPERIEURES AUX DEPENSES D'AIDE AU DEVELOPPEMENT. CETTE IDEE N'A PAS PU SE TRADUIRE JUSQU'ICI DANS LES FAITS, FAUTE D'UN MOYEN INCONTESTABLE ET OBJECTIF DE MESURER LE NIVEAU REEL DES ARMEMENTS. ELLE N'EN REPOND PAS MOINS A UNE EXIGENCE DE JUSTICE. OR, IL SE TROUVE, POUR DES RAISONS QUI TIENNENT A LA FOIS AUX PROGRES DE LA DETECTION, ET A LA LOGIQUE DE LA DISSUASION, QUE LES ARMEMENTS LES PLUS IMPORTANTS, CONVENTIONNELS ET NUCLEAIRES, SONT RELATIVEMENT BIEN CONNUS. LA CREATION D'UN FONDS SPECIAL DU DESARMEMENT POUR LE DEVELOPPEMENT DEMEURE UNE _ENTREPRISE DIFFICILE. LA FRANCE A ELABORE SUR CE SUJET DES PROPOSITIONS QU'ELLES SOUMETTRA A LA DISCUSSION DE CETTE ASSEMBLEE GENERALE, A COTE DES PROJETS QUI ONT ETE OU QUI SERONT PRESENTES PAR D'AUTRES MEMBRES, ET A LA LUMIERE DES REFLEXIONS QUI NOUS ONT ETE SOUMISES AVANT-HIER PAR LE SECRETAIRE GENERAL `KURT WALDHEIM`
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`POLITIQUE ETRANGERE` MONSIEUR LE PRESIDENT, POUR IMPORTANTES QU'ELLES SOIENT, CES PREMIERES IDEES NE SERAIENT PAS SUFFISANTES A ELLES SEULES. SI ELLES SONT DE _NATURE A FAVORISER LE DESARMEMENT PARCE QU'ELLES LE PREPARENT OU PARCE QU'ELLES L'ACCOMPAGNENT OU LE CONTROLENT, ELLES NE LE DETERMINENT PAS DIRECTEMENT. L'APPROCHE DU DESARMEMENT RESTERA INCOMPLETE AUSSI LONGTEMPS QU'ON N'AJOUTERA PAS A DES MESURES DE CARACTERE MONDIAL, UNE ACTION DE REDUCTION DES ARMEMENTS CONDUITE A-PARTIR DES SITUATIONS REGIONALES. JETONS EN EFFET UN REGARD SUR LA CARTE MILITAIRE DU MONDE. DEUX GRANDES ZONES Y APPARAISSENT : DANS LA PREMIERE, LES ARMES NUCLEAIRES SONT ABSENTES, DANS LA SECONDE, ELLES CONSTITUENT UN ELEMENT ESSENTIEL DE L'EQUILIBRE DES FORCES. CETTE DISTINCTION FONDAMENTALE EST INDISPENSABLE POUR ECLAIRER NOTRE DEMARCHE. LE PROBLEME ET LES SOLUTIONS NE PEUVENT PAS ETRE IDENTIQUES DANS LES DEUX CAS
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`POLITIQUE ETRANGERE` CONSIDERONS D'ABORD LES ZONES NON_NUCLEAIRES. RIEN NE SERAIT PLUS DESTABILISANT ET N'ACCROITRAIT DANS DES PROPORTIONS PLUS CONSIDERABLES LE DROIT LEGITIME A LA SECURITE QUE D'INTRODUIRE DANS CES ZONES L'ARME NUCLEAIRE. IL EN RESULTERAIT NECESSAIREMENT UNE NOUVELLE ESCALADE DANS LA COURSE AUX ARMEMENTS. L'OBJECTIF QU'IL FAUT S'ASSIGNER, EN PRIORITE, EST DONC D'EVITER CE RISQUE. C'EST AUX PAYS INTERESSES QU'IL REVIENT, DE TOUTE EVIDENCE, DE PRESERVER LEUR SITUATION D'ETATS NON_NUCLEAIRES. CERTAINS ONT DEJA PRIS DES INITIATIVES CONCRETES EN_VUE DE SE CONSTITUER EN ZONES NON_NUCLEAIRES. C'EST LE CAS DE L'AMERIQUE LATINE. D'AUTRES EN RESSENTENT LA NECESSITE ET EN ONT ANNONCE L'INTENTION : JE PENSE ICI A L'AFRIQUE. J'AI NOTE, A CET EGARD, LES VOEUX EXPRIMES PAR LA CONFERENCE ISLAMIQUE LORS DE SA RECENTE REUNION A DAKAR. EN CHOISISSANT CETTE OPTION, LES ETATS DE CES ZONES EXERCENT LEUR SOUVERAINETE SANS PORTER ATTEINTE, BIEN ENTENDU, AUX REGLES DU DROIT INTERNATIONAL. ILS ONT, EN REVANCHE, LE DROIT D'ETRE ASSURES QU'ILS NE SERONT DISCRIMINES NI DU POINT_DE_VUE DE LEUR SECURITE, NI DU POINT_DE_VUE DE LEUR DEVELOPPEMENT
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`POLITIQUE ETRANGERE` DU POINT_DE_VUE DE LEUR SECURITE, LE CHOIX PAR LES ETAT D'UNE REGION, DE CONSERVER UNE SITUATION NON_NUCLEAIRE DEVRAIT ENTRAINER POUR LES PUISSANCES NUCLEAIRES MILITAIRES L'OBLIGATION DE NE PAS CHERCHER A EN TIRER UN AVANTAGE MILITAIRE. LES PUISSANCES NUCLEAIRES MILITAIRES DEVRAIENT, EN-PARTICULIER, S'INTERDIRE, SELON UNE FORMULE A DEFINIR, TOUT RECOURS A L'EMPLOI ET A LA MENACE D'EMPLOI DE L'ARME NUCLEAIRE CONTRE LES ETATS FAISANT PARTIE D'UNE ZONE NON_NUCLEAIRE. DU POINT_DE_VUE DE LEUR DEVELOPPEMENT, CE CHOIX DOIT S'ACCOMPAGNER DE LA PART DES PAYS FOURNISSEURS DE MATIERES OU D'EQUIPEMENTS D'ENERGIE NUCLEAIRE, DE LA MISE EN_OEUVRE D'UNE POLITIQUE DE NON_PROLIFERATION ADAPTEE : UNE POLITIQUE CERTES MINUTIEUSE POUR EVITER TOUT RISQUE DE DISSEMINATION DE L'ARME NUCLEAIRE, MAIS AUSSI UNE POLITIQUE OUVERTE, POUR FACILITER L'ACCES AUX UTILISATIONS PACIFIQUES DE L'ENERGIE NUCLEAIRE D'AUTANT PLUS QUE LE RISQUE MILITAIRE AURAIT ETE ECARTE. LA FRANCE CONSIDERERAIT AVEC FAVEUR QUE DES CONTINENTS SE CONSTITUENT EN TOTALITE OU EN PARTIE EN ZONES NON_NUCLEAIRES. S'IL NE LUI APPARTIENT PAS D'EN PRENDRE L'INITIATIVE DANS DES REGIONS DONT ELLE NE FAIT PAS PARTIE, ELLE EST PRETE A FAVORISER CE PROCESSUS EN NEGOCIANT AVEC CES ZONES LES ACCORDS NECESSAIRES POUR DONNER UN CARACTERE CONTRACTUEL ET CONTRAIGNANT AUX ENGAGEMENTS QUE J'AI EVOQUES. C'EST EGALEMENT DANS CET ESPRIT QU'ELLE A SIGNE ET RATIFIE DES 1974 LE PROTOCOLE NO 11 DU TRAITE DE TLATELOLCO. ELLE SOUHAITE EGALEMENT POUVOIR SIGNER LE PROTOCOLE NO 1. C'EST DANS CETTE INTENTION QU'ELLE VA ENTRER EN CONTACT AVEC LES AUTORITES INSTITUEES PAR LE TRAITE, EN_VUE D'EXAMINER LES CONDITIONS DANS LESQUELLES CETTE SIGNATURE POURRAIT INTERVENIR
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`POLITIQUE ETRANGERE` IL NE SUFFIT PAS D'ECARTER LE DANGER NUCLEAIRE DE CES ZONES. IL FAUT AUSSI Y CONTRECARRER LA MENACE D'UNE COURSE AUX ARMEMENTS CONVENTIONNELS. C'EST ENCORE DANS UN _CADRE REGIONAL QUE LE PROBLEME POURRA ETRE ABORDE AVEC LE PLUS DE CHANCES DE SUCCES. UNE CONCERTATION ENTRE PAYS D'UNE MEME REGION DEVRAIT PERMETTRE DE FIXER DES PLAFONDS D'ARMEMENTS, OU DES NIVEAUX SUCCESSIFS DE REDUCTION DES ARMEMENTS. SI DE TELS ACCORDS REGIONAUX VOYAIENT LE JOUR, LA FRANCE SERAIT PRETE A EN FACILITER L'APPLICATION EN Y ADAPTANT SA POLITIQUE DE VENTE DE MATERIEL MILITAIRE. LA REUNION AUTOUR D'UNE MEME TABLE DES PAYS D'UNE REGION ACHETEURS DE MATERIEL D'ARMEMENT, ET DE L'ENSEMBLE DES PAYS FOURNISSEURS, ME PARAIT CONSTITUER L'APPROCHE LA PLUS REALISTE POUR ABOUTIR, COMME NOUS LE SOUHAITONS, A UNE LIMITATION CONCERTEE DES ACHATS ET DES VENTES. VOICI LES DIRECTIONS DANS LESQUELLES LA FRANCE PROPOSE D'ENGAGER L'ACTION DANS TOUTES LES REGIONS DU GLOBE QUE NE COUVRE PAS LA DISSUASION NUCLEAIRE. A MOINS DE VOULOIR IMPOSER UNE TELLE ACTION, IL NE PEUT S'AGIR QUE D'UNE INITIATIVE COLLECTIVE DONT CHACUN, PUISSANCE NUCLEAIRE OU PUISSANCE NON_NUCLEAIRE, FOURNISSEUR OU ACHETEUR D'ARMES CONVENTIONNELLES, DEVRA PRENDRE SA PART
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`POLITIQUE ETRANGERE` MONSIEUR LE PRESIDENT, RESTE LA VASTE ZONE QUI S'ETEND SUR LA PLUS GRANDE PARTIE DE L'HEMISPHERE NORD, DE L'AMERIQUE A L'UNION SOVIETIQUE, EN PASSANT PAR L'ENSEMBLE DE L'EUROPE. C'EST LA QUE SE FONT FACE, EN EUROPE ET EN ASIE, LES PREMIERES PUISSANCES DU MONDE. C'EST LA QU'UN CONFLIT, S'IL VENAIT A SURGIR, AURAIT POUR L'HUMANITE TOUT ENTIERE, LES CONSEQUENCES LES PLUS DEVASTATRICES. CE QUI CARACTERISE CETTE ZONE, C'EST QU'ELLE EST COUVERTE PAR LA DISSUASION NUCLEAIRE ET QU'ELLE CONNAIT MAINTENANT CETTE SITUATION DEPUIS PLUS D'UN QUART DE SIECLE. L'ARME NUCLEAIRE Y EST DEVENUE PARTIE INTEGRANTE DE L'EQUILIBRE MILITAIRE D'ENSEMBLE. C'EST LA RAISON POUR LAQUELLE LA RIVALITE DES PUISSANCES N'Y A JAMAIS DEBOUCHE, MALGRE DE GRAVES ALERTES DONT CHACUN SE SOUVIENT, SUR L'ECHANGE EXTERMINATEUR. NULLE PART L'ERREUR NE SE PAIERAIT D'UN PRIX PLUS INCALCULABLE. NULLE PART LA RIGUEUR DE L'ANALYSE NE DOIT ETRE DAVANTAGE A LA MESURE DE L'IMMENSITE DU DANGER. AUSSI FAUT-IL ECARTER L'ILLUSION, POURTANT BIEN TENTANTE, QU'IL SUFFIRAIT DE SUPPRIMER L'ARME NUCLEAIRE POUR ASSURER DANS CETTE ZONE LA SECURITE DE TOUS. UNE TELLE MESURE N'AURAIT D'AUTRE RESULTAT, DANS LES CIRCONSTANCES PRESENTES, QUE DE FAIRE APPARAITRE UN DESEQUILIBRE DES ARMES CONVENTIONNELLES, GENERATEUR DES PLUS GRANDS DANGERS
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`POLITIQUE ETRANGERE` LA MENACE DANS CETTE ZONE NE RESIDE PAS, AU PREMIER CHEF, DANS L'EXISTENCE MEME DE L'ARME NUCLEAIRE, MAIS DANS SON ACCUMULATION ET DANS LES PROGRES CONTINUS DE SON PERFECTIONNEMENT. SUR CE DOUBLE PLAN, QUANTITATIF ET QUALITATIF, LE RYTHMNE DE L'EVOLUTION EST DETERMINE PAR LES ETATS-UNIS D'AMERIQUE ET PAR L'UNION SOVIETIQUE. C'EST DE LEUR COMPETITION QUE POURRAIT SURGIR LE DESEQUILIBRE FATAL. EN CONDUISANT CES DEUX PAYS A SE DOTER DE MOYENS SUPERIEURS A CEUX QU'EXIGERAIT LA SEULE DISSUASION, ELLE RISQUERAIT DE RENDRE PLAUSIBLES DES HYPOTHESES DE PREMIERE FRAPPE, OU DES HYPOTHESES DE GUERRE NUCLEAIRE QU'ON DIT "LIMITEES", PARCE QU'ELLES SERAIENT MENEES, EN DEHORS DES "SANCTUAIRES NATIONAUX", SUR LE SOL DE PAYS TIERS. C'EST DONC BIEN DE L'EFFORT DE CES DEUX PAYS QUE DEPEND, EN PRIORITE, L'ARRET DE LA COURSE AUX ARMEMENTS. LES DIRIGEANTS AMERICAINS ET SOVIETIQUES EN ONT CONSCIENCE. DEPUIS PLUSIEURS ANNEES, ILS ONT ENGAGE DES NEGOCIATIONS SUR LA LIMITATION DE LEURS ARMEMENTS STRATEGIQUES. LA FRANCE S'EN FELICITE ET SOUHAITE LE SUCCES DE LEUR ACTION. ELLE N'EN MECONNAIT PAS LA DIFFICULTE CAR IL S'AGIT, EN EFFET, D'ABOUTIR A DES REDUCTIONS SUBSTANTIELLES DES QUANTITES D'ARMES ET A UN GEL DU PROGRES TECHNOLOGIQUE, SANS COMPROMETTRE NI LA SECURITE DES DEUX PARTENAIRES, NI CELLE DE LEURS ALLIES. LES RESULTATS NE S'INSCRIRONT DANS LA REALITE QUE LENTEMENT ET PAR ETAPES SUCCESSIVES. NOUS SOUHAITONS QUE CES ETAPES SOIENT PROCHAINES ET SUBSTANTIELLES
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`POLITIQUE ETRANGERE` QUELLE PEUT ETRE ALORS LA CONTRIBUTION DE LA FRANCE ? IL EXISTE UNE DISPROPORTION CONSIDERABLE ENTRE LES FORCES NUCLEAIRES STRATEGIQUES DES SUPER-PUISSANCES ET CELLES DONT NOUS DISPOSONS POUR ASSURER LA SECURITE ET LA CREDIBILITE DE NOTRE DISSUASION. SI, A LA SUITE DE REDUCTIONS SUCCESSIVES, CETTE DISPROPORTION DEVAIT CHANGER DE _NATURE, NOUS POURRIONS ALORS ENVISAGER D'EN TIRER LES CONSEQUENCES. LA MENACE QUI PESE SUR L'EUROPE NE RESULTE PAS SEULEMENT DE L'ACCUMULATION ET DU PERFECTIONNEMENT DES ARSENAUX NUCLEAIRES. ELLE TIENT AUSSI A LA PRESENCE SUR LE SOL DE NOTRE CONTINENT D'UNE ENORME QUANTITE D'ARMEMENTS CONVENTIONNELS ET A LEUR DISPARITE. IL NE FAUT PAS S'Y TROMPER : LE DESARMEMENT NUCLEAIRE TROUVERAIT TRES VITE SES LIMITES SI CETTE SITUATION N'ETAIT PAS REDRESSEE. L'INEGALITE VISIBLE DES ARMEMENTS CONVENTIONNELS CONSTITUE UN VERITABLE CRAN D'ARRET A LA REDUCTION DES MOYENS NUCLEAIRES. C'EST POURQUOI LA FRANCE PROPOSE A TOUS LES PAYS INTERESSES A L'AVENIR DE LA SECURITE EN EUROPE, ET QUI ONT PARTICIPE A-CE-TITRE A LA CSCE DE SE REUNIR EN UNE CONFERENCE DU DESARMEMENT POUR L'EUROPE. DES DEMAIN, NOUS LES SAISIRONS D'UN PROJET PRECISANT EN DETAIL LES OBJECTIFS, LE CHAMP D'APPLICATION ET LES PROCEDURES D'UNE TELLE CONFERENCE. JE DIRAI SIMPLEMENT QU'EN PRENANT CETTE INITIATIVE, LA FRANCE ENTEND SE MONTRER FIDELE A L'ESPRIT QUI L'A ANIMEE TOUT AU LONG DE LA CONFERENCE D'HELSINKI. LA CONFERENCE QU'ELLE PRECONISE VISERAIT DANS UNE PREMIERE ETAPE A RENFORCER LA CONFIANCE ENTRE TOUS LES PAYS EUROPEENS, PAR DES MESURES D'INFORMATION ET DE NOTIFICATION APPROPRIEES, ET DANS UNE SECONDE ETAPE A REALISER UNE REDUCTION EFFECTIVE DES ARMEMENTS A L'INTERIEUR DE L'ENSEMBLE GEO-STRATEGIQUE QUE CONSTITUE L'EUROPE DE L'ATLANTIQUE A L'OURAL. SI NOUS Y PARVENONS, NOUS AURONS AMELIORE LA SECURITE DU CONTINENT EUROPEEN EN DESARMANT LE DETONATEUR LA OU IL EST ACTUELLEMENT PLACE, ET NOUS AURONS OUVERT AU MONDE DES PERSPECTIVES D'AVENIR MOINS CHARGEES DE MENACES
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`POLITIQUE ETRANGERE` MONSIEUR LE PRESIDENT, VOICI LES REFLEXIONS ET LES PROPOSITIONS DE LA FRANCE POUR AVANCER DANS LA VOIE DU DESARMEMENT. LE TEMPS DONT JE DISPOSE ICI SUIVANT L'USAGE NE ME PERMET PAS DE REPONDRE A L'AVANCE AUX CRITIQUES. J'Y AI POURTANT REFLECHI. CERTAINES DE CES CRITIQUES VIENDRONT DE CEUX QUI INSISTENT SUR UNE DECISION GLOBALE, IMMEDIATE, DE DISPARITION DES ARMEMENTS. SI CETTE VUE EXPRIME LEUR CONVICTION GENEREUSE, NUL NE PEUT LES EN BLAMER. MAIS SI ELLE SERT D'ALIBI AU REFUS DE L'ACTION, ALORS IL N'EST PAS DIGNE DE TRAVESTIR AINSI L'ESPOIR EN ILLUSION. LES AUTRES VIENDRONT DE CEUX QUI HESITERONT A FAIRE LE PREMIER PAS. LES 400 MILLIARDS DE DOLLARS `SOMME` DE DEPENSES ANNUELLES D'ARMEMENTS, EXPRIMENT EN EFFET L'ANGOISSE COLLECTIVE DE TOUS LES DIRIGEANTS DEVANT LA SECURITE DE LEUR PEUPLE. ET QUI DONC OSERA LE PREMIER ABAISSER SA GARDE ? C'EST PARCE QUE JE PENSE PROFONDEMENT QU'AUCUN RESPONSABLE, MEME LE PLUS GENEREUX, NE PEUT JOUER AVEC LA SECURITE DE SON PEUPLE, QUE JE VOUS PROPOSE CETTE APPROCHE CONCRETE QUI CONSISTE A RESSERRER, PAR ETAPES, LA DIALECTIQUE DE LA SECURITE ET DU DESARMEMENT. ECARTER, LA OU C'EST POSSIBLE, LA MENACE DE L'INTRODUCTION DE L'ARME NUCLEAIRE, REDUIRE PAR PALIERS LE NIVEAU DES ARMEMENTS NUCLEAIRES STRATEGIQUES TOUT EN MAINTENANT L'EQUILIBRE DE LA DISSUASION, OUVRIR UN DEBAT REGIONAL SUR LE NIVEAU DE LA SECURITE, ET LA LIMITATION DES VENTES D'ARMES. NE NOUS FAISONS PAS D'ILLUSION, SI TOUT CECI EST ENTREPRIS ET ACCOMPLI PAR NOTRE GENERATION, LA DERNIERE QUI AIT PARTICIPE AUX HORREURS D'UN CONFLIT MONDIAL, ALORS LA CONFIANCE COMMENCERA A S'INSTAURER, ET L'ON POURRA PARLER UTILEMENT DE L'ETAPE DU DESARMEMENT GENERAL
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`POLITIQUE ETRANGERE` MONSIEUR LE PRESIDENT, JE DIRAI EN CONCLUSION QUE NOUS AVONS PARLE, IL Y A SIX ANS, A SANTIAGO DU CHILI `CNUCED`, DE L'EFFORT MILLENAIRE QUE MENE NOTRE ESPECE, L'ESPECE HUMAINE, AU-DELA DES RACES ET DES FRONTIERES, POUR FAIRE RECULER LA MISERE ET LA FAIM. NOUS PARLONS AUJOURD'HUI D'UN AUTRE EFFORT £ CELUI QUI TEND A EVITER L'AFFRONTEMENT DES HOMMES ENTRE EUX, AFFRONTEMENT EGALEMENT MILLENAIRE DONT NOUS TROUVONS LES TEMOIGNAGES DANS LES FOUILLES QUI EXHUMENT LA VIE PRIMITIVE DES HOMMES SOUS LA FORME DES PREMIERES ARMES DONT ILS SE SONT DOTES, LUTTE DONT LE CLIQUETIS RETENTIT TOUT LE LONG DE NOTRE HISTOIRE, GRAVANT ICI LES EPHEMERIDES DE LA GLOIRE, MAIS REPANDANT SUR NOTRE PLANETE LA CENDRE DES VILLES MORTES ET LA TACHE DU SANG VERSE. C'EST BIEN LE MEME EFFORT QU'IL NOUS FAUT CONDUIRE : CELUI QUI ASSURERA LA SUPREMATIE DE LA CONNAISSANCE SUR L'IGNORANCE, DE LA JUSTICE SUR L'INEGALITE, DE LA PAIX SUR LA GUERRE. PUISSIONS-NOUS AU MOMENT OU VA BIENTOT LUIRE L'AUBE ETRANGE DU TROISIEME MILLENAIRE, APPORTER NOTRE CONTRIBUTION POUR QUE L'HUMANITE EN FRANCHISSE LE SEUIL EN ETANT MOINS PAUVRE, ET PLUS PACIFIQUE. JE VOUS REMERCIE, MONSIEUR LE PRESIDENT
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