Publié le 3 mai 1977

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE REPOND A L'EXPRESS, LE MARDI 3 MAI 1977

3 mai 1977 - Seul le prononcé fait foi

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE REPOND A L'EXPRESS, LE MARDI 3 MAI 1977

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LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A RECU LE DIRECTEUR DE L_EXPRESS, MARDI DERNIER. VOICI LE TEXTE DE LEUR ENTRETIEN. PHILIPPE GRUMBACH.- MONSIEUR LE PRESIDENT, TOUS LES SONDAGES - VOUS EN ETES CONVENU L'AUTRE VENDREDI - FONT APPARAITRE LA DETERIORATION DE LA MAJORITE POLITIQUE SUR LAQUELLE VOUS _COMPTIEZ, AU DEBUT DE VOTRE SEPTENNAT, POUR MENER VOTRE ACTION. L'OPPOSITION, A LA LUMIERE DES DERNIERES ELECTIONS MUNICIPALES, APPARAIT MAINTENANT MAJORITAIRE DANS LE PAYS. CE PHENOMENE SEMBLE DU AU GLISSEMENT VERS LA GAUCHE D'ELECTEURS QUI VOUS AVAIENT ACCORDE LEUR CONFIANCE EN 1974 ET QUI ONT PROFITE DE CES ELECTIONS MUNICIPALES POUR MANIFESTER LEUR MECONTENTEMENT ET LEUR INQUIETUDE. JE CROIS QUE NOUS AVONS BEAUCOUP DE CES ELECTEURS PARMI LES LECTEURS DE L_EXPRESS `JOURNAL`. JE VOUDRAIS QUE VOUS LEUR EXPLIQUIEZ POURQUOI, JUSQU'A PRESENT, VOUS N'ETES PAS PARVENU A CONFORTER LEURS ESPOIRS ET QUELLES DECISIONS VOUS _COMPTEZ PRENDRE POUR RATTRAPER MAINTENANT CE LONG TEMPS PERDU. LE PRESIDENT.- J'AI TOUJOURS PENSE QUE L'UN DES ROLES DE L'HOMME_D_ETAT ETAIT DE SAVOIR DISTINGUER CE QU'IL Y AVAIT D'EXACT ET D'INEXACT DANS UNE CROYANCE GENERALEMENT ADMISE. C'EST CE QUE J'ESSAIE DE FAIRE EN CE QUI CONCERNE EN-PARTICULIER LA POLITIQUE INTERIEURE. A CERTAINS EGARDS, JE M'ELOIGNE DE BEAUCOUP DES AFFIRMATIONS COURANTES QU'ON ENTEND REPETER PARTOUT, ET QUE JE CONSIDERE COMME FONDAMENTALEMENT INEXACTES. VOUS ME PERMETTREZ DE REVENIR EN ARRIERE. D'ABORD, POUR DIRE QUE LA CONDUITE DES AFFAIRES DE LA FRANCE - JE NE VEUX PAS PARLER SEULEMENT DE MON ROLE - LA CONDUITE DES AFFAIRES DE LA FRANCE S'EXERCE DEPUIS TROIS ANS DANS DES CIRCONSTANCES QUI SONT PARTICULIEREMENT ET OBJECTIVEMENT DIFFICILES. ALORS QUE BEAUCOUP DE NOS COMPATRIOTES CROIENT, DE BONNE FOI, QUE LES DIFFICULTES POURRAIENT ETRE AISEMENT SURMONTEES. ET LES FACTEURS QUI RENDENT LA CONDUITE DES AFFAIRES DE LA FRANCE DIFFICILE EXISTAIENT TOUS ANTERIEUREMENT A MON ELECTION. IL Y EN A QUATREÕ\
`REPONSE` PREMIER FACTEUR, LE FAIT QUE L'OPPOSITION A UNE SITUATION FORTE. LORS DE MON ELECTION, 50 - 50. EN FAIT, DES CETTE EPOQUE, L'OPPOSITION ETAIT PLUTOT MAJORITAIRE. LE CARACTERE DE MA CAMPAGNE, SA NOUVEAUTE, MON FACE_A_FACE AVEC M. MITTERRAND, ONT DU ME FAIRE GAGNER QUELQUES FRACTIONS DE POINTS. A CE PROPOS D'AILLEURS, IL FAUT SE SOUVENIR, SANS ENTRER DANS LES DETAILS, DE L'EVOLUTION ANTERIEURE. SIMPLEMENT UN CHIFFRE TRES FRAPPANT : LA COMPARAISON ENTRE L'ELECTION DE 1968 ET LES ELECTIONS DE 1973. EN 1968, L'OPPOSITION AVAIT RECUEILLI 41 % DES VOIX £ AUX ELECTIONS LEGISLATIVES DE 1973, ELLE ATTEIGNAIT DEJA 47 %. PREMIER ELEMENT DE LA SITUATION QUI A PEU EVOLUE DEPUIS 1974. J'AI DONC EU A CONDUIRE LES AFFAIRES D'UN PAYS DIVISE EN DEUX, ET AVEC, SANS DOUTE, DES LE DEPART, UN CERTAIN AVANTAGE A L'OPPOSITION. DEUXIEME DIFFICULTE OBJECTIVE : LA MAJORITE PARLEMENTAIRE QUE J'AI TROUVEE ETAIT ANTERIEURE A MON ELECTION, NE COINCIDAIT PAS AVEC ELLE, ET AVAIT COMME CARACTERISTIQUE LA PRESENCE D'UN GROUPE TRES IMPORTANT ET MAJORITAIRE FORME PAR L'UDR. ET, EN REALITE, QUELLE UDR ? JE DIRAI L'UDR QUI AVAIT ETE ELUE EN 68 `1968 ` DATE`. C'EST FINALEMENT LA VAGUE DE MAI 1968 QUI AVAIT CONDUIT L'UDR A AVOIR 291 DEPUTES OU APPARENTES. CE NOMBRE A DIMINUE D'UNE CENTAINE EN 73 `1973 ` DATE`, MAIS CE GROUPE RESTE ET DE LOIN LE PLUS IMPORTANT DE LA MAJORITE. CE SONT DES DEPUTES QUI ONT ETE ELUS AVANT L'ELECTION PRESIDENTIELLE ET DANS UNE SITUATION POLITIQUE DIFFERENTEÕ¿\
PHILIPPE GRUMBACH.- VOUS AVIEZ CERTAINEMENT EVALUE CETTE DIFFICULTE DEVANT LAQUELLE VOUS ALLIEZ VOUS TROUVER. AU MOMENT OU VOUS VOUS ETES PORTE CANDIDAT, VOUS SAVIEZ QUE VOUS ALLIEZ VOUS TROUVER DANS CETTE SITUATION. N'AVEZ-VOUS PAS ETE TENTE, A AUCUN MOMENT, SOIT DE FAIRE, DANS LA FOULEE, DES ELECTIONS LEGISLATIVES POUR MODIFIER CETTE MAJORITE, SOIT D'ENGAGER UNE AUTRE ACTION QUI VOUS AURAIT PERMIS DE SORTIR JUSTEMENT DE CETTE IMPASSE ? LE PRESIDENT.- NON. J'AI FAIT UNE AUTRE ANALYSE. JE VOUS RAPPELLE D'ABORD QUE DANS MA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE, ET PAR CONTRASTE AVEC M. MITTERRAND, J'AVAIS INDIQUE QUE JE N'AURAIS PAS A DISSOUDRE L'ASSEMBLEE_NATIONALE. ALORS QUE LUI ETAIT OBLIGE DE LA DISSOUDRE PUISQUE... BON ! EVITER LA DISSOLUTION DE L'ASSEMBLEE_NATIONALE ETAIT UN ELEMENT DE SECURITE POUR LA FRANCE. JE N'AI PAS L'HABITUDE DE FAIRE LE CONTRAIRE DE CE QUE J'AI DIT QUE JE FERAI. JE N'AI DONC PAS DISSOUS. J'IRAI PLUS A FOND SUR CE POINT, TOUT A L'HEURE... LA TROISIEME DIFFICULTE OBJECTIVE ETAIT LA SITUATION DE CRISE ECONOMIQUE PROFONDE QUE NOUS AVONS TRAVERSEE ET QUI, LA AUSSI, ETAIT ANTERIEURE A MON ELECTION, PUISQUE CE SONT LES EVENEMENTS DE L'AUTOMNE 73 QUI ONT DECLENCHE CETTE CRISE ECONOMIQUE, NOTAMMENT LE QUADRUPLEMENT PUIS LE QUINTUPLEMENT DU PRIX DU PETROLE. LE QUATRIEME FACTEUR ESSENTIEL, C'EST L'UNION DE L'OPPOSITION, C'EST-A-DIRE LE FAIT QU'IL Y AIT UN PROGRAMME_COMMUN ET UNE ENTENTE ELECTORALE ENTRE LES COMMUNISTES, LES SOCIALISTES ET LES RADICAUX DE GAUCHE. JE VOUS RAPPELLE QUE CETTE UNION A ETE REALISEE AU PRINTEMPS 72 `1972 ` DATE`. DONC, VOILA LES QUATRE DIFFICULTES OBJECTIVES, TOUTES ANTERIEURES A MON ELECTIONÕ¿\
`REPONSE` ALORS, QUE FAIRE ? UNE CONSTATATION ME PARAIT TOUT A FAIT EVIDENTE. ELLE N'EST, A MA SURPRISE, EVOQUEE ACTUELLEMENT NI PAR LES LEADERS DE L'OPPOSITION NI PAR CEUX DE LA MAJORITE : IL EST IMPOSSIBLE DE GOUVERNER DANS UN CLIMAT D'ADHESION ET D'ASSENTISSEMENT NATIONAL UN PAYS AYANT A FAIRE FACE AUX DIFFICULTES QUE NOUS CONNAISSONS, AVEC SEULEMENT LA MOITIE DE SA POPULATION. C'EST IMPOSSIBLE ! L'HISTORIEN QUI ETUDIERA CETTE PERIODE LE DIRA EN PARLANT DE NOUS. CELA S'APPLIQUE A LA MAJORITE ACTUELLE. MAIS CELA S'APPLIQUERAIT EGALEMENT A L'OPPOSITION. JE SUIS FRAPPE DE VOIR QUE LES HOMMES DE L'OPPOSITION CROIENT QU'IL SUFFIRAIT POUR EUX D'AVOIR QUELQUES POINTS D'AVANCE AUX ELECTIONS POUR POUVOIR GOUVERNER LA FRANCE COMME ILS L'ENTENDRAIENT. C'EST UNE ERREUR PROFONDE. LES MEMES FACTEURS QU'ILS EXPLOITENT AUJOURD'HUI CONTRE LA MAJORITE SE RETOURNERAIENT AUSSITOT CONTRE EUX. NOTRE TEMPERAMENT NATIONAL ET NOS HABITUDES POLITIQUES PRIVILEGIENT L'AFFRONTEMENT. LES HOMMES_D_ETAT QUI SE SONT ENFERMES - OU LAISSE ENFERMER - DANS UN CAMP ONT ECHOUE. AU CONTRAIRE, REGARDEZ PIERRE MENDES-FRANCE FACE AU DRAME DE LA DECOLONISATION ET LE GENERAL DE GAULLE RECONSTRUISANT L'ETAT : CES HOMMES ONT CHERCHE A DEPASSER LA DIVISION ET A EN APPELER A CE QUI UNIT LES FRANCAIS. ILS NE JETAIENT PAS UNE MOITIE DES FRANCAIS CONTRE L'AUTRE. J'AI ESSAYE, PENDANT CETTE PERIODE, DE VOIR S'IL Y AVAIT UNE CIRCONSTANCE OU UN MOYEN DE CHANGER CETTE SITUATION, EN PERMETTANT QUE LA FRANCE SOIT GOUVERNEE AVEC L'APPUI D'UNE PLUS LARGE PARTIE DE L'OPINION. S'IL Y AVAIT EU, AU-COURS DE CETTE PERIODE, UNE CIRCONSTANCE CONDUISANT, SOIT A UNE DISSOLUTION, SOIT A UN REFERENDUM PERMETTANT D'OBTENIR CE RESULTAT, JE L'AURAIS SAISIE. QUAND VOUS REGARDEZ CETTE PERIODE, JE N'APERCOIS AUCUNE CIRCONSTANCE OU CELA AURAIT ETE POSSIBLE, EN-RAISON A LA FOIS DE LA CRISE ECONOMIQUE ET DU MYTHE QUE L'OPPOSITION AVAIT SU CREER AU-COURS DES ANNEES PRECEDENTES AUTOUR DU PROGRAMME_COMMUNÕ¿\
PHILIPPE GRUMBACH.- ET A L'INVERSE, AUSSI A_CAUSE DE LA DIVISION, DES LE DEBUT, DE LA MAJORITE. LE PRESIDENT.- NON, CE N'EST PAS LA DIVISION DE LA MAJORITE QUI A EMPECHE QU'ELLE S'ELARGISSE. C'EST D'ABORD, UNE ERREUR DE DIAGNOSTIC QUI EST LA SUIVANTE : IL Y A DANS LA MAJORITE - ET CECI ETAIT DEJA VRAI AVANT MON ELECTIOON - UN GROUPE DE GENS CONVAINCUS QUE LE FAIT DE PROPOSER A L'ELECTORAT FRANCAIS UNE POLITIQUE IMMOBILISTE ASSURERAIT LE SUCCES DE LA MAJORITE. A L'HEURE ACTUELLE, BEAUCOUP DE COMMENTATEURS REPRENNENT CETTE IDEE A LEUR _COMPTE, Y COMPRIS, D'AILLEURS, CEUX DE L'OPPOSITION, CAR ILS VOIENT FACILEMENT LE PROFIT QU'ILS POURRAIENT TIRER DE CETTE ERREUR CAPITALE. C'EST UNE IDEE QUI EST FONDAMENTALEMENT FAUSSE. UN COMBAT QUI SERAIT MENE, A QUELQUE MOMENT QUE CE SOIT, ENTRE UNE MAJORITE D'ALLURE IMMOBILISTE ET L'OPPOSITION ASSURERAIT UN SUCCES DE 60 - 40 `%` POUR L'OPPOSITION. JE LE SAIS DEPUIS LE DEBUT. PHILIPPE GRUMBACH.- VOUS N'AUREZ PAS DE MAL A M'EN CONVAINCRE ! LE PRESIDENT.- MAIS VOUS TROUVEREZ PARTOUT TRES FREQUEMMENT ET FORTEMENT EXPRIMEE L'ERREUR SUIVANTE : SI LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AVAIT FAIT UNE POLITIQUE PLUS FAVORABLE AUX INTERETS EN_PLACE, S'IL S'ETAIT ABSTENU DE PROPOSER DES REFORMES, IL N'AURAIT PAS RENCONTRE LES DIFFICULTES ACTUELLES, ET AU FOND LA MAJORITE SERAIT SURE DE GAGNER. C'EST UNE INEXACTITUDE FONDAMENTALE, QUI FAUSSE L'APPRECIATION DE LA SITUATION POLITIQUE. QUELLE EST, A L'HEURE ACTUELLE, LA CARTE POLITIQUE FRANCAISE ? 40 % DES FRANCAIS SONT EN_FAVEUR D'UNE MAJORITE DE COMBAT, ET IL DOIT Y AVOIR 40 % POUR LE NOYAU DU PROGRAMME_COMMUN. ET AU MILIEU, ENVIRON 20 %. C'EST LE COMPORTEMENT DE CES 20 % QUI ORIENTE LA POLITIQUE DE LA FRANCEÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- SI VOUS ADMETTEZ QUE 40 % DES FRANCAIS SONT IMMOBILISTES ET RECHERCHENT SEULEMENT UN AFFRONTEMENT CONTRE LES PARTISANS DU PROGRAMME_COMMUN, QUE RESTE-T-IL A ESPERER ? LE PRESIDENT.- JE N'AI PAS DIT CELA. IL FAUT BIEN VOIR QUE DANS CES PREMIERS 40 %, NOYAU DE LA MAJORITE, TOUT LE MONDE NE SE CONTENTE PAS DE VOULOIR MAINTENIR L'_ETAT DE CHOSES EXISTANT. A L'INTERIEUR DE CES 40 % IL Y A DES GENS QUI SONT PRETS A SOUTENIR UNE AUTRE POLITIQUE. IL Y EN A MEME BEAUCOUP £ SANS DOUTE PLUS DE LA MOITIE. MON ACTION ETAIT DE DIRE A LA MAJORITE : "VOUS DEVEZ CONQUERIR CES 20 %. IL NE FAUT PAS VOUS EXALTER OU VOUS DURCIR DANS CE QUE VOUS ETES, CELA NE SERT A RIEN £ IL FAUT CONQUERIR CES 20 %. ET VOUS AVEZ PRECISEMENT UNE CHANCE D'Y REUSSIR, PARCE QUE LE PROGRAMME_COMMUN EST UN PROGRAMME EXTREME DONT NE VEUT PAS CETTE PARTIE DU CORPS ELECTORAL. SI VOUS PRESENTEZ UNE POLITIQUE D'EVOLUTION RAISONNABLE, VOUS POURREZ CONVAINCRE CES 20 %. VOUS POURREZ ALORS GAGNER". A L'AUTOMNE 74 `1974`, LE PARLEMENT A VOTE DES TEXTES DE REFORMES QUI ONT FAIT REMONTER LA COTE DE LA MAJORITE. J'AI ENTENDU, AVEC SURPRISE, DANS LE DERNIER DEBAT DE CONFIANCE QU'ON CRITIQUAIT ENCORE, AU-SEIN DE LA MAJORITE, CES REFORMES VOTEES PAR ELLE, CE QUI, D'AILLEURS, EST UN COMPORTEMENT PROPREMENT SUICIDAIRE. QUAND UNE MAJORITE CRITIQUE LES REFORMES QU'ELLE A ELLE-MEME VOTEES, ELLE NE PEUT PAS GAGNER UNE SEULE VOIX. MAIS SURTOUT ELLE SE TROMPE, CAR LE POINT LE PLUS HAUT DE LA SITUATION POLITIQUE DEPUIS MON ELECTION A ETE LE DEBUT 75 `1975`, C'EST-A-DIRE APRES LA PREMIERE VAGUE DE REFORMES. MON IDEE ETAIT D'ENTRAINER LA MAJORITE PARLEMENTAIRE, DONT J'AVAIS HERITE, VERS CETTE POLITIQUE D'EVOLUTION. ELLE A ACCEPTE CETTE POLITIQUE PENDANT UN CERTAIN TEMPS, AVEC PLUS OU MOINS DE RETICENCES, MAIS ENFIN ELLE L'A ACCEPTEE JUSQU'AUX ELECTIONS CANTONALES. IL FAUT SAVOIR QUE DE TOUTES LES ELECTIONS QUI ONT EU_LIEU, LES PLUS DEFAVORABLES ONT ETE LES ELECTIONS CANTONALES. A L'HEURE ACTUELLE, ON SE POLARISE SUR LES ELECTIONS MUNICIPALES ET ON EN FAIT GRIEF AU PREMIER MINISTRE ACTUEL `RAYMOND BARRE`. LES ELECTIONS LES PLUS MAUVAISES ONT ETE LES ELECTIONS CANTONALES DE 76 `1976`. L'OPPOSITION A REUNI LORS DE CES ELECTIONS AUX ALENTOURS DE 53 - 54 % DES VOIX... CONSTATANT CET ECHEC, LA MAJORITE, AU_LIEU DE SE DIRE : IL FAUT ACCENTUER NOTRE EFFORT POUR GAGNER DU TERRAIN, S'EST DIT : IL FAUT NOUS REPLIER EN HATE SUR NOS POSITIONS. ET C'EST CE QUI S'EST PASSE EN 76Õ¿\
`REPONSE` ELLE A A LA FOIS REPUDIE LA VOIE REFORMATRICE ET ELLE A CONCLU : IL FAUT DURCIR NOTRE COMBAT, ET DEFENDRE APREMENT UN CERTAIN NOMBRE DE PROPOSITIONS TRADITIONNELLES. PHILIPPE GRUMBACH.- C'EST DONC A CE MOMENT-LA QUE VOUS AVEZ COMPRIS QUE L'ACTION QUE VOUS VOULIEZ MENER N'AVAIT PAS L'ACCORD DE VOTRE PREMIER MINISTRE. LE PRESIDENT.- PAS UNIQUEMENT DU PREMIER MINISTRE `CHIRAC JACQUES`, ET VOUS COMPRENDREZ QUE JE N'AIE NULLEMENT L'INTENTION D'OUVRIR QUELQUE DEBAT QUE CE SOIT AVEC QUELQU'UN QUI A ETE MON PREMIER MINISTRE PENDANT PLUS DE DEUX ANS ET QUI, D'AILLEURS, DEPUIS QUE JE SUIS PRESIDENT, A ETE A LA TETE DU GOUVERNEMENT TROIS FOIS PLUS LONGTEMPS QUE M. RAYMOND BARRE. JE PARLERAI DES DIRIGEANTS DU RPR. C'EST AU PRINTEMPS DERNIER QU'EST APPARUE CETTE VOLONTE DE REPLI SUR LES POSITIONS ANTERIEURES. C'EST EGALEMENT L'EPOQUE OU ON A COMMENCE LA CAMPAGNE CONTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE. CAMPAGNE EVIDEMMENT ORCHESTREE ET QUI AVAIT POUR OBJET D'AFFAIBLIR SA POSITION. POUR QUOI FAIRE ? POUR L'AMENER A SE RALLIER A DES THESES DE REPLI SUR LES POSITIONS TRADITIONNELLES DE LA MAJORITE. ATTITUDE QUE J'ETAIS DECIDE, NATURELLEMENT, A NE PAS ACCEPTER. A L'HEURE ACTUELLE, DEPUIS LA FORMATION DU GOUVERNEMENT RAYMOND BARRE, ON ME DIT : COMMENT POUVEZ-VOUS IMAGINER QUE LA MAJORITE RECONQUIERE LE TERRAIN PERDU ? MAIS C'EST ELLE QUI A PERDU CE TERRAIN ! CE N'EST PAS L'OPPOSITION QUI L'A GAGNE. L'OPPOSITION N'A PAS RALLIE A SES THESES UNE PLUS GRANDE PARTIE DE L'OPINION FRANCAISE QUI DEMEURE EN REALITE AUSSI HOSTILE QU'AVANT AU PROGRAMME_COMMUN, MAIS C'EST LA MAJORITE QUI A PERDU CERTAINS DE SES ELECTEURS, CAR CETTE MAJORITE N'APPARAIT PLUS COMME SUSCEPTIBLE DE REALISER CETTE EVOLUTION RAISONNABLE D'ADAPTATION, DE TRANSFORMATION DE LA SOCIETE FRANCAISE. IL FAUT QU'ELLE SE RENDE A ELLE-MEME CETTE IMAGEÕ¿\
`REPONSE` POUR GAGNER, LA MAJORITE DOIT SORTIR AU PLUS VITE DE SA DIVISION ET DE SA CONFUSION, ET REPONDRE A DEUX CONDITIONS. PREMIERE CONDITION DE BASE : LA REUSSITE DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE ET SOCIALE. LA MAJORITE ABORDANT DES ELECTIONS AVEC UNE HAUSSE DES PRIX TROP FORTE ET UN FRANC `MONNAIE` GLISSANT SUR LES MARCHES EXTERIEURS EST BATTUE D'AVANCE. C'ETAIT LA SITUATION DU PRINTEMPS DERNIER. ET C'EST POURQUOI IL EST TRES INJUSTE ET MALADROIT DE COMBATTRE L'ACTION DE REDRESSEMENT DU GOUVERNEMENT BARRE. S'IL NE REUSSIT PAS SA POLITIQUE DE REDRESSEMENT, QUOI QUE DISE LA MAJORITE, ELLE EST BATTUE. DEUXIEME CONDITION : DONNER A L'ACTION DE CETTE MAJORITE UNE CREDIBILITE QUANT A SA CAPACITE DE CONDUIRE L'EVOLUTION A VENIR DE LA FRANCE. CELA NE PEUT ETRE FAIT EN PRESENTANT LA MAJORITE COMME UNE MAJORITE UNIFORME, PUISQUE LE RPR, POUR DES RAISONS QUI LUI SONT PROPRES, SOUHAITE SE SINGULARISER. UNE MAJORITE UNIFORME, PERSONNE N'Y CROIRAIT. IL S'AGIT DONC DE MONTRER QUE LA MAJORITE EST COMPOSEE D'UN ENSEMBLE DANS LEQUEL CEUX QUI VEULENT UNE CERTAINE TRANSFORMATION DE LA SOCIETE FRANCAISE PEUVENT S'EXPRIMER, ET DANS LAQUELLE CEUX QUI VEULENT AU CONTRAIRE LE MAINTIEN DES POSITIONS EXISTANTES PEUVENT EGALEMENT S'EXPRIMER. DE FACON A CE QUE CES COURANTS S'ADDITIONNENTÕ¿\
PHILIPPE GRUMBACH.- MAIS COMMENT, JUSTEMENT CES COURANTS PEUVENT-ILS S'EXPRIMER ? COMMENT ESPEREZ-VOUS FAIRE CROIRE AUX FRANCAIS, PARCE QUE CE N'EST PAS LE CAS AUJOURD'HUI, QUE LA MAJORITE EST UNIE ? CE N'EST PAS CREDIBLE. LE PRESIDENT.- VOUS AVEZ RAISON. POUR ABOUTIR A CE RESULTAT, IL NE FAUT PAS PRENDRE LE THEME UNIFORMITE. CEUX QUI ONT SUIVI LE DEBAT A L'ASSEMBLEE_NATIONALE LA SEMAINE DERNIERE NE CROIRONT PAS UN INSTANT A L'AUTHENTICITE D'UN TEL THEME. IL FAUT PARLER LE LANGAGE DE LA VERITE. ET IL FAUT QUE CHACUN DES PARTENAIRES DE LA MAJORITE L'ACCEPTE CLAIREMENT, EN CESSANT AUSSITOT TOUT DECHIREMENT SUICIDAIRE. IL FAUT PARLER DE L'ENTENTE DE LA MAJORITE SUR L'ESSENTIEL, CE QUI EST TRES PROFONDEMENT VRAI. ET QUE CET ACCORD, EN REVANCHE, FASSE APPARAITRE LES DIFFERENCES ENTRE LESQUELLES LES ELECTEURS AURONT A CHOISIR. S'ILS CONSIDERENT QUE LA PRIORITE EST LE MAINTIEN D'UN CERTAIN NOMBRE D'ELEMENTS ACTUELS DE LA SOCIETE FRANCAISE, IL FAUT QU'ILS PUISSENT LE DIRE. SI, AU CONTRAIRE, ILS VEULENT SOUTENIR UNE TENDANCE DESIREUSE DE CONDUIRE UNE EVOLUTION RAISONNABLE, IL FAUT QU'ILS PUISSENT LE FAIRE, SANS AVOIR LE SENTIMENT QUE L'ENTENTE DE LA MAJORITE SERAIT ROMPUE. PRENEZ LE CAS DE L'OPPOSITION : LES GENS QUI VOTERONT POUR LA DOCTRINE COMMUNISTE ET LES GENS QUI VOTERONT POUR DES CANDIDATS RADICAUX DE GAUCHE NE VOTERONT PAS DU TOUT POUR LES MEMES SOLUTIONS. EN REALITE, LEURS CONCEPTIONS DE LA SOCIETE SONT TOTALEMENT OPPOSEES. ILS VOTERONT POUR DES HOMMES QU'ILS CROIENT CAPABLES - EN TOUS CAS QUI S'Y SONT ENGAGES - DE CONDUIRE ENSEMBLE UNE POLITIQUE QUI TIENNE _COMPTE POUR PARTIE DE CE QU'ILS SOUHAITENT. VIS-A-VIS DE LA MAJORITE, CE DOIT ETRE LA MEME CHOSE. C'EST-A-DIRE QUE LES ELECTEURS PUISSENT EXPRIMER LEUR PREFERENCE POUR TELLE OU TELLE ORIENTATION DE CETTE POLITIQUE, MAIS EN SACHANT QUE LES HOMMES QU'ILS DESIGNERONT ONT LA CAPACITE ET LA VOLONTE DE GOUVERNER ENSEMBLE EN_ACCORD SUR L'ESSENTIELÕ\
`PHILIPPE GRUMBACH.- L'AUTRE VENDREDI, BEAUCOUP DE VOS AUDITEURS AVAIENT CRU COMPRENDRE QUE VOUS PRECONISIEZ UNE UNIFICATION DE LA MAJORITE ET NON PAS UNE SORTE DE DEBAT PUBLIC AU-SEIN DE LA MAJORITE SUR SES DIVERGENCES. MAIS QU'AURIEZ-VOUS FAIT SI M. BARRE AVAIT ETE MIS EN MINORITE LA SEMAINE DERNIERE ? LE PRESIDENT.- SI LA CONFIANCE AVAIT ETE REFUSEE, J'AVAIS DECIDE DE DISSOUDRE L'ASSEMBLEE_NATIONALE, ET J'EN AVAIS PREVENU M. BARRE. IL LE SAVAIT LORSQU'IL PARLAIT, JEUDI APRES-MIDI, A LA TRIBUNE. POURQUOI CETTE DECISION ? LES PRINCIPAUX DIRIGEANTS DE LA MAJORITE N'ONT PAS CESSE DE DIRE, AU-COURS DES DERNIERS MOIS, QU'ILS SOUTENAIENT LA POLITIQUE DE REDRESSEMENT DE RAYMOND BARRE. S'ILS N'AVAIENT PAS VOTE LA CONFIANCE, TOUS LEURS PROPOS ETAIENT DEMENTIS ET LA MAJORITE ECLATAIT. IL FALLAIT QUE LE PAYS TRANCHE. LE POINT FORT, C'EST QUE DESORMAIS LE GOUVERNEMENT DE M. RAYMOND BARRE NE POURRAIT ETRE RENVERSE QUE PAR UNE MOTION_DE_CENSURE, ET DONC PAR LE VOTE EXPLICITE DE CERTAINS DEPUTES DE LA MAJORITE, JOIGNANT LEURS BULLETINS AUX BULLETINS DES DEPUTES SOCIALISTES ET DES DEPUTES COMMUNISTES, ET CREANT LA SITUATION PREALABLE A L'ARRIVEE AUX RESPONSABILITES DES REPRESENTANTS DU PROGRAMME_COMMUNÕ¿\
PHILIPPE GRUMBACH.- OUI. CEPENDANT, LA SEMAINE DERNIERE, M. GUENA, PARLANT AU NOM DU RPR EVOQUAIT LA POSSIBILITE D'UNE ABSTENTION DU RPR SUR UN PROJET DE LOI DU GOUVERNEMENT. A CE MOMENT-LA LE PROJET NE PASSE PAS. EST-CE QUE CE NE SERAIT PAS UNE ATTEINTE SUFFISANTE A L'AUTORITE DE M. BARRE POUR QU'IL VIENNE VOUS REMETTRE SA DEMISSION ? LE PRESIDENT.- NON. S'IL S'AGIT DE TEXTES COURANTS, IL EST TOUJOURS POSSIBLE D'ACCEPTER QUE CERTAINES DE LEURS DISPOSITIONS SOIENT MODIFIEES OU ECARTEES. MAIS S'IL S'AGIT D'UN TEXTE DONT LE GOUVERNEMENT CONSIDERE QU'IL EST IMPORTANT POUR SON ACTION, LE GOUVERNEMENT UTILISERA LA PROCEDURE CONSTITUTIONNELLE DE L'ARTICLE 49, ALINEA III. DES LORS, SEUL LE VOTE D'UNE MOTION_DE_CENSURE PEUT ABOUTIR AU REJET DU TEXTE. SUR TOUT TEXTE AYANT UNE VALEUR ESSENTIELLE POUR L'ACTION GOUVERNEMENTALE, LE GOUVERNEMENT, S'IL LE FAUT, ENGAGERA CETTE PROCEDURE. CE MECANISME A ETE VOLONTAIREMENT INTRODUIT DANS LA CONSTITUTION PAR LE GENERAL DE GAULLE ET LES REFORMATEURS DE 1958 POUR EN FAIRE CET USAGE. C'EST LE REMPART CONTRE LE RETOUR AU REGIME DES PARTISÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- ET SI LES PRESSIONS ET LE HARCELEMENT SONT A CE POINT PENIBLES QUE M. RAYMOND BARRE DECIDE QU'IL N'A PLUS L'AUTORITE NECESSAIRE POUR MENER A BIEN SA MISSION ? LE PRESIDENT.- VOTRE QUESTION EST SANS OBJET. M. RAYMOND BARRE EST UN HOMME DE COURAGE ET DE DEVOIR, QUI NE FAIBLIRA PAS DEVANT SES RESPONSABILITES. PHILIPPE GRUMBACH.- TOUT SE PASSE QUAND MEME, AUJOURD'HUI COMME SI CEUX DES FRANCAIS QUI SOUHAITENT QUE LE GOUVERNEMENT FASSE AVANT TOUT PREUVE DE FERMETE, POUR FAIRE FACE AUX MULTIPLES DIFFICULTES QU'ILS EPROUVENT, SE TOURNENT VERS M. JACQUES CHIRAC. ET COMME SI LES AUTRES, CEUX D'ENTRE EUX QUI SONT PARTISANS D'UNE MODERNISATION DE LA SOCIETE SANS HEURTS EXCESSIFS, S'ETAIENT RESIGNES A REPORTER LEURS ESPOIRS DECUS SUR M. FRANCOIS MITTERRAND, QUE VOUS AVEZ BATTU EN 1974. LE PRESIDENT.- IL Y A PLUSIEURS CHOSES A DIRE. D'ABORD, UN THEME QU'IL FAUT DEGONFLER, C'EST CELUI DE L'ABSENCE DE FERMETE. CAR LA CONDUITE DE L'ACTION GOUVERNEMENTALE EST UNE DES PLUS FERMES - PROBABLEMENT LA PLUS FERME - QUI AIENT ETE MISES EN_OEUVRE DEPUIS DE NOMBREUSES ANNEES. JE VAIS VOUS CITER QUELQUES EXEMPLES. LA CORSE : LA SITUATION A ETE REDRESSEE ET MODIFIEE EN PROFONDEUR. LES REGIONS : LA PRESSION QU'EXERCAIENT IL Y A DEUX ANS CEUX QUI VISAIENT A L'ELECTION AU SUFFRAGE UNIVERSEL DES REPRESENTANTS DES REGIONS, ET CE QUI AURAIT CREE UNE NOUVELLE CAUSE D'AGITATION ELECTORALE DANS L'ENSEMBLE DE LA FRANCE. J'AI MIS UN TERME A CETTE AFFAIRE. LES AGITATIONS CATEGORIELLES : IL Y A QUELQUES ANNEES, TOUS LES FRANCAIS DISAIENT : IL SUFFIT DE DESCENDRE DANS LA RUE ET DE MALTRAITER QUELQUES AGENTS DE LA FORCE PUBLIQUE POUR AVOIR SATISFACTION. PERSONNE NE LE DIT PLUS PARCE QU'ON NE CEDE PLUS A CES PRESSIONS. L'UNIVERSITE : NOUS SOMMES DANS LA PERIODE D'APPROCHE DES EXAMENS UNIVERSITAIRES : CE SERA LA PREMIERE FOIS DEPUIS DIX ANS QUE L'ANNEE UNIVERSITAIRE SE SERA DEROULEE COMME ELLE S'EST DEROULEE CETTE ANNEE. LES PRISONS : LORSQUE JE SUIS ARRIVE A L'ELYSEE, J'AI TROUVE DES PRISONNIERS SUR LES TOITS DES PRISONS. ILS ONT REINTEGRE LEURS CELLULES. LA PORNOGRAPHIE : ELLE A ETE CHASSEE DES MURS DE NOS CITES. ET AINSI DE SUITEÕ\
`REPONSE` LA QUESTION N'EST PAS DE SAVOIR SI LE GOUVERNEMENT EST FAIBLE, LA QUESTION EST DE SAVOIR SI LE GOUVERNEMENT CHOISIT DE PRATIQUER CE QUE J'APPELLERAI UNE POLITIQUE BLOQUANTE. IL Y A DES GENS QUI DISENT : VOUS DEVRIEZ PRATIQUER UNE POLITIQUE BLOQUANTE. C'EST-A-DIRE TENTER DE S'OPPOSER AUX DESIRS DES FRANCAIS D'ALLER VERS AUTRE CHOSE. TEL EST LE FOND DE L'AFFAIRE. VOUS ME DITES : COMMENT FAIRE POUR OUVRIR UNE AUTRE VOIE ? D'ABORD, IL Y A - JE REVIENS LA A MON THEME FONDAMENTAL - LE CARACTERE PROFONDEMENT NOCIF, PROFONDEMENT DESTRUCTEUR DE LA COUPURE DE LA FRANCE EN DEUX A L'HEURE ACTUELLE. CE N'EST PAS SEULEMENT QU'ELLE SOIT COUPEE EN DEUX. TOUT PAYS DEMOCRATIQUE EST CERTES COUPE EN DEUX. MAIS LA FRANCE EST COUPEE EN DEUX TENDANCES QU'UNE MECANIQUE REPOUSSE VERS LES EXTREMES. CELA RESULTE SANS DOUTE D'UNE CERTAINE CONCEPTION DU SYSTEME MAJORITAIRE. IL Y A UNE CONCEPTION DE CE SYSTEME QUI CONSISTE A DESIGNER QUELQU'UN, ET QU'ENSUITE, CE QUELQU'UN SOIT UN FACTEUR DE RECONCILIATION OU DE RASSEMBLEMENT. LORSQUE, PAR EXEMPLE, J'AI ETE ELU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, J'ETAIS PRET A RENCONTRER MES ANCIENS CONCURRENTS. DE MEME, APRES MON ELECTION, J'AI INDIQUE AUX DIRIGEANTS DE LA MAJORITE QU'IL SERAIT BON A MES YEUX QUE, LORS DU PREMIER RENOUVELLEMENT DES BUREAUX DES COMMISSIONS DE L'ASSEMBLEE_NATIONALE, CES BUREAUX SOIENT CONSTITUES A LA PROPORTIONNELLE. ILS M'ONT DIT, EN EFFET, QUE L'IDEE LEUR PARAISSAIT BONNE. MAIS ILS NE L'ONT PAS FAIT. OR, LE BUREAU DE L'ASSEMBLEE_NATIONALE, EN-RAISON DES TEXTES, EST ELU A LA PROPORTIONNELLE. QUEL EST L'INCONVENIENT ? ACTUELLEMENT, L'OPPOSITION FAIT PIRE A BORDEAUX ET AILLEURS. IL FAUT DONC VOIR QUE NOTRE SYSTEME MAJORITAIRE, TEL QU'IL FONCTIONNE, EST UN SYSTEME QUI REPOUSSE LA FRANCE VERS SES EXTREMES. ALORS QUE L'ASPIRATION DES FRANCAIS SERAIT PLUTOT DE SE RETROUVER AUTOUR D'UNE POSITION MOYENNE `CENTRE` QUI SE DEPLACERAIT EN-FONCTION DES INSATISFACTIONS OU DES DESIRS DES UNS OU DES AUTRES. PAR EXEMPLE, IL EST ETRANGE QU'UN ELECTEUR DE LA MAJORITE MECONTENT - ILS ONT LE DROIT DE L'ETRE - N'AIT FINALEMENT COMME SOLUTION QUE DE VOTER POUR LES CANDIDATS COMMUNISTES DU PROGRAMME_COMMUN. ET QU'ILS NE PUISSENT PAS, ETANT UN PEU MECONTENTS, CHOISIR UNE TENDANCE MODEREE D'OPPOSITIONÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- VOUS AVEZ DESIGNE CLAIREMENT M. RAYMOND BARRE COMME LEADER DE LA MAJORITE. OR M. CHIRAC VIENT D'AFFIRMER SA VOCATION A ETRE LE SEUL LEADER DE LA CAMPAGNE ELECTORALE. COMMENT PEUT SE RESOUDRE CETTE CONTRADICTION ? LE PRESIDENT.- CE N'EST PAS AINSI QUE LES CHOSES SE PASSERONT. DANS LE DEBAT DE LA SEMAINE DERNIERE, M. DEBRE A RECONNU QUE M. BARRE ETAIT LE CHEF DE LA MAJORITE. C'EST D'AILLEURS DE TRADITION CONSTANTE DE LA VE REPUBLIQUE. ON SE SOUVIENT QUE M. POMPIDOU A ETE, DE 62 A 68 `1962 ` 1968`, CELUI QUI A MENE LES BATAILLES ELECTORALES DE LA MAJORITE. J'ETAIS MOI-MEME, A CE MOMENT-LA, TANTOT DANS LE GOUVERNEMENT, TANTOT EN DEHORS. JE N'AI JAMAIS MIS EN_CAUSE LE FAIT QUE C'ETAIT LE PREMIER MINISTRE QUI DEVAIT TENIR CETTE FONCTION. JE NE VOIS PAS QUI D'AUTRE PEUT L'EXERCER. LA MAJORITE N'EST PAS UN PARTI, C'EST UN ENSEMBLE, ET C'EST AUTOUR DE LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT QUE LA CONSULTATION S'ORGANISE PAR LA FORCE DES CHOSES. LE LEADER DE LA CAMPAGNE MAJORITAIRE SERA DONC M. RAYMOND BARREÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- SOUHAITEZ-VOUS ALORS, POUR MENER CE COMBAT, QUE LES PARTIS NON_RPR QUI FONT PARTIE DE LA MAJORITE SE REGROUPENT ? EST-CE QU'IL VOUS PARAIT POSSIBLE QUE CE SOIT SOUS L'AUTORITE DU PREMIER MINISTRE ? SINON QUI ? LE PRESIDENT.- JE VAIS ICI M'ADRESSER NON PAS AUX LECTEURS DE L_EXPRESS `JOURNAL` MAIS AUX DEPUTES DU RPR. PHILIPPE GRUMBACH.- ... QUI SONT EGALEMENT DES LECTEURS DE L_EXPRESS. LE PRESIDENT.-... PARCE QUE JE SAIS QUE LA THEORIE DU REGROUPEMENT LES INQUIETE, ET AUSSI PARCE QU'ON A ENTRETENU OU ORGANISE ENTRE EUX ET MOI DEPUIS 1974 UN MALENTENDU SYSTEMATIQUE. SI J'AVAIS ETE DESIREUX DE LES ELIMINER, COMME ON A VOULU LE LEUR FAIRE CROIRE, J'AURAIS FAIT CE QUE VOUS M'AVEZ DIT TOUT A L'HEURE, J'AURAIS DISSOUS LE PARLEMENT A L'AUTOMNE 74. J'AI PENSE TOUT AU CONTRAIRE QU'ILS POUVAIENT ETRE DES MEMBRES ACTIFS DE LA MAJORITE, ET ILS L'ONT ETE. OR, DEPUIS 74, ON A TOUJOURS FAIT CROIRE A CES DEPUTES RPR QUE MON OBJECTIF ETAIT DE LES FAIRE BATTRE. DANS CE BUREAU OU VOUS ETES, J'AI SOUVENT DIT AUX RESPONSABLES DE L'EPOQUE, PREMIER MINISTRE, SECRETAIRES GENERAUX DE PARTIS ETC. : EXPLIQUEZ AUX DEPUTES RPR, QUE MON INTENTION N'EST PAS DE LES FAIRE BATTRE. MON INTENTION EST DE LES FAIRE GAGNER. EXPLIQUEZ-LE LEUR POUR QU'ILS SACHENT. JE SUIS PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE. JE NE SUIS PAS CHEF DE PARTI. JE NE ME CONSIDERE PAS COMME REPRESENTANT D'UNE TENDANCE A L'ELYSEE. CE QUI _COMPTE POUR MOI, C'EST DE SAVOIR S'IL Y A UNE MAJORITE CAPABLE DE SOUTENIR UNE ACTION. DES LORS QU'IL Y A DES GENS CAPABLES DE LE FAIRE, PEU IMPORTE, POUR MOI, LEUR ETIQUETTE. L'INFORMATION NE LEUR A SANS DOUTE PAS ETE TRANSMISE ET C'EST DOMMAGE. EN REVANCHE, JE N'AI JAMAIS EU SUR CE SUJET DE DIFFICULTE AVEC LES MINISTRES UDR PARCE QU'ILS ME RENCONTRENT ET M'ECOUTENT. IL N'Y A JAMAIS EU UN MINISTRE UDR OU RPR QUI SE SOIT SENTI MAL A L'AISE SUR CE SUJET, PARCE QUE J'AI LA POSSIBILITE DE LEUR EXPLIQUER DIRECTEMENT CE QUE JE RECHERCHEÕ\
`REPONSE` J'EN VIENS AUX PROBLEMES DE REGROUPEMENT DE LA MAJORITE. MON IDEE N'EST PAS DE CHERCHER UN SYSTEME AYANT POUR OBJET L'ELIMINATION DES DEPUTES UDR QUI ONT SOUTENU L'ACTION DU GOUVERNEMENT. MAIS IL FAUT QUE LES FRANCAIS PUISSENT S'EXPRIMER ET AIENT LE SENTIMENT QUE LA MAJORITE LEUR FOURNIT LES MOYENS D'UNE EXPRESSION POLITIQUE. CELA SE FERA, EN REALITE, LORS DE L'ELABORATION DES PROGRAMMES ELECTORAUX. S'IL Y A UN SEUL PROGRAMME SUR LEQUEL S'ENTENDE L'ENSEMBLE DE LA MAJORITE, IL N'Y A AUCUNE RAISON QUE TELLE OU TELLE FAMILLE SE REGROUPE AVEC TELLE AUTRE. CHACUN DEFENDRA SES COULEURS HABITUELLES. SI, AU CONTRAIRE, UNE TENDANCE DE LA MAJORITE REFUSE LE PROGRAMME PROPOSE PAR LES AUTRES, IL PEUT SE FAIRE QUE CES AUTRES SE METTENT D'ACCORD POUR SOUTENIR LE PROGRAMME QU'ELLES AURONT ARRETE EN_COMMUN. QUANT AU PROBLEME DE LA CANDIDATURE UNIQUE OU DE LA CANDIDATURE MULTIPLE, C'EST AFFAIRE DE SITUATION LOCALE. SI LA MAJORITE ESTIME AVOIR INTERET A PRESENTER UN CANDIDAT UNIQUE - ET QUI, EN-GENERAL, DANS CE CAS-LA, EST LE SORTANT - PARCE QU'IL EST LE MIEUX PLACE POUR GAGNER AU PREMIER TOUR, IL FAUT LE FAIRE. SI, AU CONTRAIRE, DANS LA LOGIQUE D'UN SCRUTIN A DEUX TOURS, ON PENSE QU'IL VAUT MIEUX OFFRIR UNE DIVERSITE AU PREMIER TOUR, POUR POUVOIR RASSEMBLER AU SECOND, IL FAUT CHOISIR CETTE DIVERSITE. CE N'EST PAS UNE APPROCHE DOGMATIQUE AYANT POUR OBJET DE SUBSTITUER UNE MAJORITE A UNE AUTRE. C'EST LA, SOUVENT, UNE QUESTION DE PERSONNES. IL S'AGIT DE FAIRE GAGNER LA MAJORITE DANS LES MEILLEURES CONDITIONS. JE VOUDRAIS ICI RAPPELER COMMENT LE PRESIDENT POMPIDOU A GAGNE LES ELECTIONS EN 73 `1973`. IL A GAGNE EN RECUPERANT UNE PARTIE DE L'OPPOSITION. SI ON VEUT GAGNER L'ELECTION DE 78 `1978`, C'EST PAR UNE OPERATION DE RECUPERATION D'ELECTEURS ACTUELLEMENT TENTES PAR L'OPPOSITION. VOUS CONNAISSEZ L'OPPOSITION, PAR L'_ETAT D'ESPRIT DE CERTAINS DE VOS LECTEURS. CE N'EST PAS PAR UNE ATTITUDE DE REPLI, ENCORE MOINS DE DURCISSEMENT QUE LA MAJORITE A UNE CHANCE QUELCONQUE DE POUVOIR GAGNER SUR ELLE. ON POURRAIT A LA RIGUEUR FANATISER AINSI UNE PARTIE DE LA MAJORITE, MAIS ON NE PEUT CERTAINEMENT PAS GAGNER ALORS SUR L'OPPOSITIONÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- EST-CE QUE VOUS NE PENSEZ PAS QUE CERTAINS MEMBRES DE LA MAJORITE SONT DECIDES A FAIRE UNE CURE D'OPPOSITION AU TERME DE LAQUELLE ILS ESPERENT SE RETROUVER DANS UNE SITUATION D'AUTORITE ? LE PRESIDENT.- C'EST EN EFFET UNE QUESTION QUI SE POSE : EST-CE QU'IL Y A DES HOMMES QUI CHOISISSENT LA STRATEGIE DE L'ECHEC ? DANS LES ENTOURAGES POLITIQUES, CERTAINEMENT OUI ! VOTRE METIER DE JOURNALISTE VOUS CONDUIT A LES RENCONTRER. C'EST UNE DOUBLE FOLIE. PARCE QUE, D'ABORD, ELLE CONSISTE A CONTRIBUER AU SUCCES DE L'OPPOSITION, QUE L'ON DECRIT PAR AILLEURS COMME UNE CATASTROPHE NATIONALE. C'EST AUSSI UNE ERREUR DE JUGEMENT MONUMENTALE, PARCE QUE L'OPPOSITION PRENDRA, BIEN EVIDEMMENT, LES DISPOSITIONS NECESSAIRES, ET NOTAMMENT LES DISPOSITIONS TOUCHANT LA LOI ELECTORALE, POUR RETARDER LE RETOUR DU BALANCIER. ET D'AILLEURS, LORSQU'IL SE FERA, CE RETOUR NE S'EFFECTUERA PAS AU PROFIT DE CEUX QUI AURAIENT PRIS LA RESPONSABILITE DE LA CRISE. LA STRATEGIE DE L'ECHEC MERITE BIEN SON NOMÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- VOUS AVEZ FAIT ALLUSION TOUT A L'HEURE A UNE CAMPAGNE DE CALOMNIE CONTRE VOUS. QUI EN SONT LES AUTEURS, A VOTRE AVIS ? LE PRESIDENT.- J'IMAGINE QUE LES JOURNALISTES ONT LES MOYENS DE LE SAVOIR ET QUE D'AILLEURS ILS LE SAVENT. LES CAMPAGNES SE SUCCEDENT SUR DES THEMES CHANGEANTS, MAIS BIEN ENTENDU CONSTAMMENT PERNICIEUX. PRENONS UN EXEMPLE PRECIS : IL Y A EU AU PRINTEMPS 76 `1976` UNE CAMPAGNE DE CRITIQUE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, FONDEE SUR UN THEME HABILEMENT CHOISI, LORSQU'ON S'ATTAQUE A L'EXECUTIF, LE THEME DE LA FAIBLESSE OU DE LA FRAGILITE. C'EST UNE AFFAIRE QUI A ETE TROP ORCHESTREE POUR N'AVOIR PAS ETE ORGANISEE. ELLE NE VENAIT NULLEMENT DE LA BASE. D'AILLEURS, LES SONDAGES FAITS A L'EPOQUE ONT MONTRE QUE LES GENS N'Y CROYAIENT PAS. ELLE NE VENAIT PAS DE L'OPPOSITION, CAR L'OPPOSITION MENAIT SON COMBAT, MAIS SANS UTILISER CES ARMES. J'AJOUTE QUE CETTE CAMPAGNE NE POUVAIT MENER A RIEN, SI CE N'EST A AFFAIBLIR COLLECTIVEMENT LA MAJORITE. J'AI ETE MINISTRE DES FINANCES PENDANT UNE LONGUE PERIODE, ET ON A BIEN VU QUE JE N'ETAIS NI FAIBLE NI FRAGILE. J'AI EU PENDANT TOUTES CES ANNEES A PRENDRE DES POSITIONS QUI N'ETAIENT NI FACILES A PRENDRE NI FACILES A TENIR, ET CE N'EST PAS PARTICULIEREMENT DE FAIBLESSE QU'ON M'ACCUSAIT A CETTE EPOQUE. JE VOUS AI DIT, ET C'EST VRAI, QUE L'ACTION GOUVERNEMENTALE DEPUIS 1974 A ETE PLUS FERME QU'A AUCUNE AUTRE EPOQUE. EN SECOND _LIEU, L'OBJET DE CES CAMPAGNES ETAIT D'AFFAIBLIR LA POSITION PRESIDENTIELLE, POUR QUE LE PRESIDENT SE RALLIE A UNE POLITIQUE CHOISIE PAR D'AUTRES, ET QUI ETAIT PRECISEMENT LA POLITIQUE QU'IL NE VOULAIT PAS FAIRE. POUR TOUT OBSERVATEUR RAISONNABLE, IL N'Y AVAIT EVIDEMMENT AUCUNE CHANCE DE M'Y CONTRAINDRE. EN REVANCHE, LA MAJORITE SORT CHAQUE FOIS AFFAIBLIE DE CES MANOEUVRESÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- AFFAIBLIE PARCE QUE DIVISEE ? LA SESSION PARLEMENTAIRE RISQUE DONC D'ETRE RUDE. QUELLE EST VOTRE STRATEGIE ? LE PRESIDENT.- LA REPONSE EST FACILE. D'UNE_PART RESPECTER LES INSTITUTIONS DONT JE SUIS PAR MES FONCTIONS LE DEFENSEUR NATUREL, ET DONC FAIRE EN SORTE QUE L'EXECUTIF ET LES PARTIS JOUENT CHACUN LE ROLE QUI EST LE LEUR. CE NE SONT PAS LES PARTIS QUI GOUVERNENT LA FRANCE, CE N'EST PAS LE GOUVERNEMENT QUI LEGIFERE. D'AUTRE_PART, RAPPELER PERIODIQUEMENT ET SOLENNELLEMENT LA MAJORITE A SON DEVOIR D'UNITE SUR L'ESSENTIELÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- VOUS ETES DANS LA SITUATION PARADOXALE DE DONNER DES LECONS DE GAULLISME AU RPR. EST-CE QUE VOUS NE VOUS SENTEZ PAS UN PEU GENE PAR CETTE SITUATION ? LE PRESIDENT.- NON. TOUT D'ABORD, JE SAIS QUE LE RPR MALGRE LE LANGAGE DE QUELQUES-UNS, DEMEURE FONDAMENTALEMENT ATTACHE AUX INSTITUTIONS ET NOTAMMENT A L'INSTITUTION PRESIDENTIELLE. EN SECOND _LIEU, CE QUI S'OBSERVE AUJOURD'HUI N'EST PAS COMPLETEMENT NOUVEAU, MEME SI LA TENDANCE EST PLUS ACCENTUEE : A L'APPROCHE D'UNE ECHEANCE ELECTORALE, LES DEPUTES DE LA MAJORITE DEVIENNENT D'UNE TRES GRANDE SENSIBILITE. C'EST CE QUI S'EST PASSE DU TEMPS MEME DU GENERAL DE GAULLE EN 1963 ET 1967. J'EN GARDE UN SOUVENIR PRECIS. IL FAUT LES COMPRENDRE, MEME S'ILS SE TROMPENT SUR LES REACTIONS DE LEURS ELECTEURS, EN PRENANT DE LA DISTANCE A L'EGARD DE L'OEUVRE QU'ILS ONT EUX-MEMES ACCOMPLIE. JE LES COMPRENDS, MAIS, BIEN ENTENDU, MON DEVOIR EST DE FAIRE RESPECTER LES INSTITUTIONS DE LA VEME REPUBLIQUE. C'EST EVIDEMMENT DANS CES PERIODES QUE CES INSTITUTIONS APPARAISSENT TRES SUPERIEURES AUX PRECEDENTES. CAR RAPPELEZ-VOUS LES PERIODES PREELECTORALES DE LA IVE REPUBLIQUE... LE PAYS CESSAIT D'ETRE GERE PENDANT PLUSIEURS MOIS... IL CONTINUERA A ETRE GEREÕ¿\
PHILIPPE GRUMBACH.- SI VOUS N'ETES PAS LE CHEF DE LA MAJORITE PARLEMENTAIRE AU SENS PROPRE, DU MOINS EN ETES-VOUS, EN QUELQUE SORTE, LE TUTEUR. QUELS CONSEILS, SINON QUELLES DIRECTIVES ALLEZ-VOUS LUI DONNER A LA VEILLE DE LA CAMPAGNE ELECTORALE ? LE PRESIDENT.- DEUX CONSEILS. D'ABORD, DEMEURER UNIE SUR L'ESSENTIEL. JE NE REVIENDRAI PAS SUR CETTE EVIDENCE. ENSUITE, SE BATTRE, CE QU'ELLE N'A PAS ENCORE VERITABLEMENT COMMENCE ET QUI CHANGERA AUSSITOT LE CLIMAT POLITIQUE. DANS CETTE BATAILLE, ELLE DOIT SE DEFENDRE ET ATTAQUER. LA MEILLEURE FACON DE SE DEFENDRE ET DE LUTTER CONTRE LES PARTISANS DU PROGRAMME_COMMUN EST DE DIRE AUX FRANCAIS CE QU'IL Y A DEDANS. LA MOITIE D'ENTRE EUX A PEU PRES S'APPRETENT A VOTER POUR CE PROGRAMME. COMBIEN L'AURONT LU ? OR, CE PROGRAMME EST DANGEREUX. LE DANGER N'EST PAS QU'IL SOIT APPLIQUE - CAR IL EST INAPPLICABLE. LE DANGER EST QU'ON TENTE DE L'APPLIQUER. IL FAUT QUE CHAQUE FRANCAIS SOIT INSTRUIT DES INCOHERENCES ET DES RISQUES GRAVES QUE RECELE LE PROGRAMME_COMMUN ET QUI SAUTENT AUX YEUX DES QU'ON L'EXPLIQUE. LA MAJORITE DOIT SE DEFENDRE EN EXPLIQUANT. QU'ELLE LE FASSE SANS TARDER ! ELLE DOIT AUSSI ATTAQUER. IL N'Y A PAS D'AUTRE MOYEN DE LE FAIRE QU'A-PARTIR DE PROPOSITIONS POSITIVES. LE MIEUX SERAIT EVIDEMMENT QUE L'ENSEMBLE DE LA MAJORITE S'ACCORDE SUR UN TEXTE, ET JE SAIS QUE L'INTENTION DU PREMIER MINISTRE EST D'OEUVRER PROCHAINEMENT ET ACTIVEMENT DANS CE SENS. C'EST A-PARTIR DE PROPOSITIONS CONCRETES QUE LA MAJORITE DOIT RETROUVER SA VERITABLE IMAGE : SYNTHESE DE TOUS CEUX QUI, ATTACHES AUX VALEURS TRADITIONNELLES, DESIRENT EVOLUER VERS UNE SOCIETE PLUS JUSTE ET PLUS MODERNE. C'EST DANS CETTE VOIE QUE J'INVITE LA MAJORITE A S'ENGAGER. ET C'EST A MOI QU'IL APPARTIENDRA DE SITUER L'ENJEU NATIONALÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- VOUS ETES REVENU PLUSIEURS FOIS AU-COURS DE CET ENTRETIEN SUR CE QUE VOUS AVEZ APPELE UN THEME CENTRAL : VOUS DEPLOREZ LA COUPURE DE LA FRANCE EN DEUX. ET, CEPENDANT, VOUS VOUS DECLAREZ PRET A VOUS ENGAGER DANS LA BATAILLE ELECTORALE. N'Y-A-T-IL PAS LA UNE CONTRADICTION PROFONDE ? LE PRESIDENT.- CE QUE JE REPROCHE FONDAMENTALEMENT AUX ARTISANS DU PROGRAMME_COMMUN, C'EST PRECISEMENT D'AVOIR ORGANISE LA COUPURE IDEOLOGIQUE DE LA FRANCE EN LIGOTANT LA MOITIE DU CORPS ELECTORAL, QUI N'Y PEUT MAIS, A UNE IDEOLOGIE ET A UN PROGRAMME EXTREMISTES, AINSI QU'A UNE ALLIANCE POLITIQUE DANGEREUSE. C'EST POURQUOI JE PENSE PROFONDEMENT QUE POUR COMBLER CE QU'IL Y A D'EXCESSIF DANS LA COUPURE ACTUELLE DE LA FRANCE IL EST INDISPENSABLE QUE CELLE-CI ECARTE LE PROGRAMME_COMMUN. DANS MON ESPRIT, IL NE S'AGIT PAS DE PERMETTRE A UN CAMP DE L'EMPORTER SUR L'AUTRE, COMME S'IL S'AGISSAIT DE DEUX ARMEES ENNEMIES EN PRESENCE, MAIS D'OBLIGER UNE PARTIE AU MOINS DE L'OPPOSITION A PRENDRE DAVANTAGE EN CONSIDERATION LE TEMPERAMENT REEL DU PEUPLE FRANCAIS ET A CESSER DE CHERCHER A LUI IMPOSER LE CARCAN D'UNE IDEOLOGIE ET D'UNE ALLIANCE QUI NE LUI CONVIENNENT PAS. JE DIS QUE SI, COMME CELA RESTE PARFAITEMENT POSSIBLE ET CORRESPOND A MON PROPRE JUGEMENT, LES FRANCAIS ECARTENT LE PROGRAMME_COMMUN, IL N'EN RESULTERA PAS UNE VICTOIRE PASSAGERE D'UN CAMP SUR L'AUTRE, MAIS UNE NOUVELLE MODIFICATION EN PROFONDEUR DE LA SITUATION POLITIQUE DE LA FRANCE, QUI LUI PERMETTRA ENFIN DE DEPASSER CE QU'IL Y A D'EXCESSIF DANS SES DIVISIONS ACTUELLES. NON QU'IL S'AGISSE POUR MOI DE CHANGER DE MAJORITE, MAIS BIEN AU CONTRAIRE DE L'ELARGIR. J'ASPIRE PROFONDEMENT A UNE SITUATION DANS LAQUELLE LA FRANCE POURRAIT ETRE GOUVERNEE PAR DES HOMMES REPRESENTANT 60 A 65 % DE SA POPULATION. LA CONDITION POUR PARVENIR A UN TEL RESULTAT, C'EST LA VICTOIRE DE LA MAJORITE AUX PROCHAINES ELECTIONS. C'EST POURQUOI, DANS MON ESPRIT IL N'Y A PAS DE CONTRADICTION ENTRE LE FAIT DE VOULOIR SURMONTER LA COUPURE IDEOLOGIQUE DE LA FRANCE, ET DE VOULOIR LA VICTOIRE ELECTORALE DE LA MAJORITEÕ\
PHILIPPE GRUMBACH.- POUR CONCLURE CET ENTRETIEN, JE VOUDRAIS VOUS DEMANDER SI VOUS CROYEZ ENCORE POSSIBLE D'ENTRAINER LES FRANCAIS VERS CETTE DEMOCRATIE FRANCAISE QUE VOUS AVEZ ESQUISSEE DANS VOTRE LIVRE. AU DEBUT DE LA QUATRIEME ANNEE DE VOTRE SEPTENNAT, VOUS SENTEZ-VOUS ENCORE LA FORCE D'ENTREPRENDRE CETTE TACHE AVEC SUCCES ? LE PRESIDENT.- QUAND ON EXERCE UNE FONCTION COMME LA MIENNE, IL Y A DES CHOSES QU'ON NE PEUT PAS SE PERMETTRE, ET NOTAMMENT ON NE PEUT PAS ETRE DECOURAGE. DONC, JE NE LE SUIS JAMAIS. ET CEUX QUI TRAVAILLENT AVEC MOI SAVENT QUE J'ESTIME QUE LA SITUATION S'EST, A CERTAINS EGARDS, ASSAINIE ET CLARIFIEE DEPUIS UN AN. IL Y A UN AN, NOUS ETIONS DANS UNE SITUATION TOUT A FAIT CONFUSE. L'ECONOMIE SE DETERIORAIT ET INQUIETAIT LES FRANCAIS £ DU POINT_DE_VUE DE LA POLITIQUE INTERIEURE, LES CARTES ETAIENT POSEES SUR LA TABLE, MAIS LA FACE SUR LE TAPIS, ET PERSONNE N'EN RETOURNAIT JAMAIS UNE. JE PREFERE QUE LES CHOSES SOIENT CLAIRES. ACTUELLEMENT, LA SITUATION EST DIFFICILE, MAIS PLUS CLAIRE. D'AUTRE_PART, JE CROIS QUE FINALEMENT L'ESSENTIEL, POUR LE CHOIX DES FRANCAIS EN 78, C'EST QUE LA POLITIQUE QUI AURA ETE MENEE JUSQU'EN 1978 LEUR APPARAISSE COMME SERIEUSE. CE N'EST PAS TELLEMENT L'ATTITUDE DES PARTIS QUI LES DETERMINERA. SI LA POLITIQUE EST MAUVAISE ET RESSENTIE COMME MAUVAISE, ILS EN ESSAIERONT UNE AUTRE. MAIS SI LA POLITIQUE EST RESSENTIE, AU CONTRAIRE, COMME RAISONNABLE, JE SAIS QU'ILS CHOISIRONT DE LA CONTINUER. DONC L'ESSENTIEL EST LA CONDUITE DE LA POLITIQUE FRANCAISE, AU SENS PLEIN DE CE TERME. ET AUSSI AU SENS ELEVE DU MOTÕ\

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