Publié le 21 avril 1977

ALLOCUTION DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING, A LA CLOTURE DE LA CONFERENCE FRANCO-AFRICAINE, DAKAR, LE 21 AVRIL 1977 A 12 H

ALLOCUTION DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING, A LA CLOTURE DE LA CONFERENCE FRANCO-AFRICAINE, DAKAR, LE 21 AVRIL 1977 A 12 H

21 avril 1977 - Seul le prononcé fait foi

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MESSIEURS LES PRESIDENTS, MESSIEURS LES CHEFS DE DELEGATION, MESSIEURS LES MINISTRES, ARRIVE AU TERME DE LA 4EME REUNION DE CETTE CONFERENCE `CONFERENCE FRANCO - AFRICAINE DE DAKAR`, IL NE ME PARAIT PAS INUTILE DE DEFINIR AVEC PLUS DE PRECISION SES ASSISES POUR MIEUX LES SITUER SUR LA SCENE INTERNATIONALE ET FAIRE APPARAITRE LEUR VERITABLE DIMENSION AUX YEUX DE L'OPINION PUBLIQUE. POUR MA PART, JE VOUS PROPOSERAI LA DEFINITION SUIVANTE : NOS RENCONTRES SONT CELLES DE MEMBRES D'UNE ASSOCIATION NATURELLE ET ELECTIVE QUI S'EST FIXE POUR OBJECTIF LE DEVELOPPEMENT DES NATIONS ET LE PROGRES DES HOMMES, ET QUI SONT CONVAINCUS QUE POUR Y PARVENIR LA CONDITION FONDAMENTALE EST LA PAIXÕ\
`CONFERENCE FRANCO - AFRICAINE DE DAKAR` NOUS NOUS SOMMES LIBREMENT CHOISIS, AI-JE DIT, ET CELA ME PARAIT PRIMORDIAL. CHACUN D'ENTRE NOUS EST ICI PAR LE FAIT D'UN CHOIX POLITIQUE QUI, NOUS EN SOMMES TOUS PERSUADES, EST L'EXPRESSION PROFONDE DE LA VOLONTE DE NOS PEUPLES. SI VOUS ME DEMANDEZ D'OU VIENT CE DESIR DE RENCONTRE, JE VOUS DONNERAI LA REPONSE DE LA FRANCE : PARCE QU'ELLE EST PERSUADEE QU'IL EXISTE ENTRE NOS PAYS UNE CONVERGENCE DE DESTINEES. D'ABORD, IL Y A EU L'HISTOIRE. DE CETTE EPOQUE, DATENT UNE MULTITUDE DE LIENS DANS L'ORDRE INTELLECTUEL ET HUMAIN. IL NE M'APPARTIENT PAS DE M'ETENDRE SUR CE QUE NOUS AVONS PU APPORTER A L'AFRIQUE. MAIS JE SUIS DANS MON ROLE DE RAPPELER CE QUE L'AFRIQUE, ELLE, NOUS A APPORTE. D'ABORD UN INAPPRECIABLE ELARGISSEMENT DE NOTRE VISION DE L'HOMME. L'AFRIQUE NOUS A FAIT SORTIR DE NOUS-MEMES, ET NOUS A APPRIS CE QU'ETAIT L'AUTRE ET LE RESPECT QUE NOUS DEVIONS A SON IDENTITE. L'AFRIQUE NOUS A ENRICHIS ET CE COURANT PRECIEUX NE SE MAINTIENDRA QUE SI L'AFRIQUE RESTE ELLE-MEME, ET SI ELLE DEVELOPPE EN PAIX SA PROPRE CULTURE ET SA PROFONDE ORIGINALITE. ENRICHISSEMENT MUTUEL, TELLES PEUVENT ETRE QUALIFIEES NOS RELATIONS HUMAINES. ELLES SE COMPLETENT EN_OUTRE PAR UN VOISINAGE GEOGRAPHIQUE ET UNE COMPLEMENTARITE ECONOMIQUE EVIDENTEÕ\
`CONFERENCE FRANCO - AFRICAINE DE DAKAR` A CES RAISONS GEOGRAPHIQUES, HUMAINES, ECONOMIQUES, S'AJOUTE UN MOTIF POLITIQUE ESSENTIEL ! EN DEHORS DE NOS CONTINENTS, SE SONT CONSTITUEES CE QUE L'ON DENOMME COMMUNEMENT DES SUPERPUISSANCES, SUPERPUISSANCES HUMAINES PAR LE VOLUME DE LEURS POPULATIONS, ECONOMIQUES PAR L'ETENDUE DE LEURS RICHESSES, ET ENFIN POLITIQUES PAR LA REUNION DE CES FACTEURS ET LA CROYANCE DANS UNE IDEOLOGIE QUI LES FONT PESER D'UN POIDS SOUVENT DECISIF SUR L'AVENIR DU MONDE ET SUR LE NOTRE. SI NOUS VOULONS PRESERVER NOTRE IDENTITE, NOUS DEVONS EVITER, NOUS EUROPEENS, ET VOUS, AFRICAINS, D'ETRE ENGLOBES DANS L'ENVIRONNEMENT DE CES SUPERPUISSANCES, ET DE TOMBER DANS UNE DEPENDANCE PLUS OU MOINS DIRECTE, A LEUR EGARD. NOUS DEVONS UNIR NOS DESTINS, AFIN DE CREER CETTE VOIE MEDIANE NECESSAIRE A L'EPANOUISSEMENT DE NOS PEUPLES ET DE NOS CULTURES : LA VOIE MEDIANE POUR LES CONTINENTS MEDIANS, DE L'EUROPE ET DE L'AFRIQUE. POUR Y PARVENIR, IL N'EST PAS DE TACHE PLUS URGENTE QUE DE CONSOLIDER L'INDEPENDANCE DES ETATS AFRICAINS EN LEUR DONNANT LES MOYENS DE L'INDEPENDANCE ECONOMIQUE QUI LEUR PERMETTRA, SEULE, DE PESER DE LEUR VRAI POIDS DANS LE DEVENIR DE NOTRE UNIVERS. LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DOIT RECONNAITRE LE CARACTERE SPECIFIQUE ET PRIORITAIRE DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET DU PROGRES SOCIAL DE L'AFRIQUE, ET EN TIRER LES CONSEQUENCES. C'EST A LA LUMIERE DE CES QUELQUES CONSIDERATIONS, JE CROIS, QU'IL FAUT SITUER NOS TRAVAUXÕ\
`CONFERENCE FRANCO - AFRICAINE DE DAKAR` AIDER AU DEVELOPPEMENT DES HOMMES ET DES NATIONS, TELLE FUT L'ORIGINE DE NOTRE ASSOCIATION, TEL EST TOUJOURS SON OBJECTIF PRIMORDIAL. POUR ATTEINDRE CET OBJECTIF, IL Y FAUT NATURELLEMENT DES RESSOURCES, DES CAPITAUX ET DES HOMMES, MAIS IL Y FAUT AUSSI ET AVANT TOUT LA PAIX ET LA SECURITE. LES MATIERES PREMIERES, QUELLES SOIENT AGRICOLES OU MINERALES, NE VOUS FONT PAS DEFAUT, ET LES CAPACITES PRODUCTIVES DE VOS PAYS SE SONT DEVELOPPEES. CE PROGRES NE NOUS FERA PAS DEVIER CEPENDANT DE LA LIGNE QUE NOUS NOUS SOMMES FIXEE EN-MATIERE D'ORGANISATION DES MARCHES. C'EST SANS RESERVE QUE LA FRANCE S'EST ENGAGEE DANS LE PROGRAMME POUR LES PRODUITS DE BASE ADOPTE A NAIROBI, ET QU'ELLE S'EN EST FAIT AUPRES DES UNS ET DES AUTRES UN ACTIF DEFENSEUR. LA NECESSAIRE DEFINITION D'UN ORDRE ECONOMIQUE PLUS JUSTE, L'ORGANISATION DES MARCHES DES MATIERES PREMIERES SONT DES BUTS QUI DOIVENT ETRE POURSUIVIS AVEC OPINIATRETE, MAIS LE DEVELOPPEMENT DE L'AFRIQUE NE PEUT ATTENDREÕ\
`CONFERENCE FRANCO - AFRICAINE DE DAKAR` UN CERTAIN NOMBRE DE FONDS SE SONT CREES, ET ONT ETE MIS EN_PLACE, COMME NOTRE FONDS DE SOLIDARITE. D'AUTRES INITIATIVES ONT ETE PRISES NOTAMMENT AU CAIRE PAR LES PAYS ARABES QUI SONT DE-NATURE A FAVORISER LE DEVOLOPPEMENT DE VOS ETATS. MAIS LA TACHE EST IMMENSE ET JE CROIS PLUS JUSTIFIE QUE JAMAIS UN EFFORT EXCEPTIONNEL DES GRANDES PUISSANCES INDUSTRIELLES OCCIDENTALES. JE RENOUVELLE ICI SOLENNELLEMENT L'APPEL QUE JE LANCAIS A VERSAILLES EN MAI 1976 EN_FAVEUR DE LA CREATION D'UN FONDS EXCEPTIONNEL DE PROMOTION DE L'AFRIQUE. DANS QUELQUES JOURS, A LONDRES `SOMMET DE LONDRES`, JE M'EMPLOIERAI D'AILLEURS A PERSUADER DE CE NECESSAIRE EFFORT LE PRESIDENT CARTER ET NOS PRINCIPAUX PARTENAIRES OCCIDENTAUX. CECI N'EXCLUT PAS L'IDEE LANCEE PAR LE PRESIDENT SENGHOR D'UN _PLAN DECENNAL D'AIDE AU DEVELOPPEMENT DES PLUS DEMUNIS, A LAQUELLE LA FRANCE ADHERE PLEINEMENT ET DONT LE FINANCEMENT DEVRAIT ETTRE ASSURE PAR TOUTES LES NATIONS MIEUX POURVUES, QU'ELLES SOIENT DE L'EST OU DE L'OUEST. MAIS, LES CAPITAUX, LES MATIERES PREMIERES, LE SAVOIR_FAIRE ET LES HOMMES NE PEUVENT ENGENDRER DE FRUITS QUE DANS LA STABILITE ET LA PAIXÕ\
APPELEE A FRANCHIR EN QUELQUES DECADES LES ETAPES QUI DURERENT PLUSIEURS SIECLES DANS LES NATIONS AVANCEES, L'AFRIQUE EST VULNERABLE DANS SES HOMMES ET DANS SES INSTITUTIONS. OR, DEPUIS QUELQUES ANNEES NOUS ASSISTONS A UNE MONTEE DES PERILS QUI N'EST PAS SANS NOUS INQUIETER. LES CONFLITS SE MULTIPLIENT, LES ANTAGONISMES S'APPROFONDISSENT ET L'AFRIQUE RISQUE DE PLUS EN PLUS DE SE VOIR ENTRAINEE DANS DES CONFLITS QUI DETOURNENT SES FORCES DE L'OBJECTIF DU DEVELOPPEMENT. A CET EGARD, IL NE FAUT PAS IGNORER LE ROLE CAPITAL QUE LES PROBLEMES DE L'AFRIQUE AUSTRALE JOUENT DANS LA DETERIORATION DE LA SITUATION GENERALE EN AFRIQUE. CES PROBLEMES, EN EFFET, CONCERNENT NON SEULEMENT LES VOISINS IMMEDIATS, MAIS L'AFRIQUE ENTIERE ET SONT UNE CAUSE AGGRAVANTE DES TENSIONS QUI S'Y REVELENT. JE N'ENTRERAI PAS DANS L'EXAMEN DES PROBLEMES QUI SE POSENT CONCERNANT LA NAMIBIE, LA RHODESIE OU L'AFRIQUE_DU_SUD, MAIS JE CONSTATE QUE C'EST SUR CES QUESTIONS ET LA MANIERE DE LES RESOUDRE QUE S'ETABLISSENT DES CLIVAGES DANGEREUX QUI ONT PERMIS A CERTAINS D'INTERVENIR ENTRE LES AFRICAINS, ET DE SUSCITER, A-PARTIR DE LA, DES PRISES DE POSITIONS IDEOLOGIQUES QUI ENTRAINENT L'AFRIQUE DANS DES QUERELLES QUI NE SONT PAR LES SIENNES. JE COMPRENDS A LA FOIS L'INDIGNATION ET L'INQUIETUDE DES AFRICAINS DEVANT UNE SITUATION QUI BAFOUE LA MORALE ET BLESSE LA DIGNITIE DE L'HOMMEÕ\
`RELATIONS FRANCO - AFRICAINES` VOUS SAVEZ LES MESURES QUE J'AI EUES L'OCCASION DE CONFIRMER, IL Y A QUELQUES SEMAINES A BAMAKO, CONCERNANT L'INTERDICTION DES VENTES D'ARMES, MAIS NOUS IRONS PLUS LOIN POUR MARQUER NOTRE POSITION SUR DES PRINCIPES SUR LESQUELS ON NE SAURAIT TRANSIGER. NOUS PESERONS DE TOUTE NOTRE CONVICTION AUPRES DE NOS PARTENAIRES, POUR QU'ILS ADOPTENT UNE ATTITUDE IDENTIQUE A LA NOTRE, AFIN QU'UNE SOLUTION JUSTE ET CONFORME A LA DIGNITE DE L'HOMME NOIR SOIT TROUVEE. L'ELIMINATION DE CES CAUSES AGGRAVANTES NE SUPPRIMERA PAS TOUTES LES TENSIONS ET LES RISQUES D'INSECURITE, MAIS ELLE EN REDUIRAIT L'AMPLEUR. L'OUA A TOUJOURS DEFENDU LE PRINCIPE DE L'INTANGIBILITE DES FRONTIERES DES ETATS, ET, COMME CONSEQUENCE, LE RESPECT DE LEUR INTEGRITE TERRITORIALE AINSI QUE LE RAPPELAIT RECEMMENT LE PRESIDENT SIR SEEWOOSAGUR RAMGOOLAM. LA SECURITE DOIT ETRE RECONNUE POUR TOUS LES ETATS, DANS L'EXERCICE DE LEURS DROITS LEGITIMES, ET QUELLE QUE SOIT LEUR OPTION POLITIQUE. JE RAPPELLERAI, A CET EGARD, L'ARTICLE 3 DE LA CHARTE DE L'OUA. TOUTES LES ATTEINTES A CE PRINCIPE, SOULIGNAIT NOTRE EMINENT AMI, DOIVENT SE HEURTER A LA SOLIDARITE DES AUTRES ETATS AFRICAINS ENVERS LE GOUVERNEMENT VICTIME DE CES ATTEINTES. LA FRANCE TIENDRA BIEN ENTENDU LES ENGAGEMENTS QU'ELLE A SOUSCRITS DANS CE DOMAINE. JE ME SUIS ETENDU SUR CES PROBLEMES DE SECURITE CAR ILS CONDITIONNENT TOUT L'EFFORT DE DEVELOPPEMENT DE L'AFRIQUEÕ¿\
`RELATIONS FRANCO - AFRICAINES` OR, IL FAUT QUE L'AFRIQUE RESTE AUX AFRICAINS. L'AFRIQUE, EN EFFET, A SA VIE PROPRE ET SA SAGESSE HUMAINE ET NOUS PENSONS QU'ELLE NE SAURAIT SE SATISFAIRE A TERME DE LA FEBRILITE ALIENANTE DES CIVILISATIONS OCCIDENTALES, DE LEUR APRETE AU GAIN, DE LEUR MATERIALISME ENVAHISSANT, MEME S'IL EST TEMPERE PAR DES VALEURS PRECIEUSES DE DIGNITE HUMAINE ET D'EMANCIPATION. LES TERMES DE NEGRITUDE, D'AUTHENCITE, DE SOCIALISME AFRICAIN, DE TROISIEME VOIE, QUE JE RELEVE ICI ET LA DANS LES DECLARATIONS DE TOUS LES RESPONSABLES, ME SEMBLENT LA PREUVE IRREFUTABLE DE CETTE QUETE INSTINCTIVE D'UNE ROUTE MEDIANE, OU L'HOMME NOIR S'OUVRIRAIT LIBREMENT AU PROGRES SANS RENIER SES PROPRES VALEURS. C'EST DANS CETTE VOIE QUE LA FRANCE VOUDRAIT AIDER SON AMIE L'AFRIQUE A PROGRESSER. NOUS PENSONS QUE L'AFRIQUE EST SEULE CAPABLE DE FIXER SES OBJECTIFS, DE DETERMINER LES TYPES DE SOCIETE QUI LUI CONVIENNENT, ET DE CONSENTIR LES SACRIFICES QUE TOUT DEVELOPPEMENT SUPPOSE. LA FRANCE FAIT SIENNE UNE POLITIQUE CONFORME A CET IDEAL, ET ENTEND S'Y CONFORMER AVEC LOYAUTE. ET ELLE CONTINUERA A APPORTER A L'AFRIQUE COMME ELLE LE FAIT METHODIQUEMENT DEPUIS PLUS DE TRENTE ANNEES SA COOPERATION EN HOMMES, EN CAPITAUX ET EN MATERIEL PARTOUT OU CELLE-CI SERA DESIREE, POUR CONTRIBUER AU DEVELOPPEMENT DU CONTINENT AFRICAIN, DANS LA DIGNITE DE SES HOMMES, ET DANS LA SECURITE DE SES ETATSÕ\

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