Publié le 15 décembre 1974

ALLOCUTION DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING A L'OCCASION DU DINER OFFERT PAR M. GERALD FORD PRESIDENT DES ETATS-UNIS AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET A MME VALERY GISCARD D'ESTAING HOTEL MERIDIEN FORT-DE-FRANCE ILE DE LA MARTINIQUE LE DIMANCHE 15 DECEMBRE 1974

ALLOCUTION DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING A L'OCCASION DU DINER OFFERT PAR M. GERALD FORD PRESIDENT DES ETATS-UNIS AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET A MME VALERY GISCARD D'ESTAING HOTEL MERIDIEN FORT-DE-FRANCE ILE DE LA MARTINIQUE LE DIMANCHE 15 DECEMBRE 1974

15 décembre 1974 - Seul le prononcé fait foi

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MONSIEUR LE PRESIDENT, MESDAMES, MESSIEURS, =POLITIQUE EXTERIEURE= NOUS SOMMES, L'UN ET L'AUTRE, DES PRESIDENTS QUI VIENNENT D'ASSUMER IL Y A QUELQUES MOIS LEURS FONCTIONS. NOUS SOMMES DONC, L'UN ET L'AUTRE, ET C'EST UNE GRANDE SATISFACTION, DE JEUNES PRESIDENTS. C'EST MEME UN SECRET DE JEUNESSE QUE D'ETRE AINSI CHOISI COMME PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE £ ET QUOIQUE JEUNES PRESIDENTS, NOUS, LES PRESIDENTS DE PAYS QUI ONT ENTRE EUX DES RELATIONS TRES ANCIENNES, RELATIONS QUE VOUS AVEZ EVOQUEES, ET IL SUFFIT POUR NOUS DE JETER LE REGARD SUR CETTE RADE DE FORT-DE-FRANCE QUI PORTE CE NOM DEPUIS TROIS SIECLES ET QUI ABRITAIT IL Y A DEUX SIECLES, LA FLOTTE FRANCAISE QUI PARTAIT CROISER AU LARGE DES COTES DES NOUVEAUX ETATS-UNIS. JE DIRAIS QUE L'AMITIE ENTRE LES ETATS-UNIS ET LA FRANCE N'APPARTIENT PAS A CE QUE J'APPELLERAIS LE PITTORESQUE DE L'HISTOIRE. CE NE SONT PAS SEULEMENT DES CIRCONSTANCES, DES ANECDOTES QUI ONT JUSTIFIE CETTE AMITIE £ C'EST INTERET RECIPROQUE TRES PROFOND ET QUI S'EST MANIFESTE AU TRAVERS DE TOUTES SORTES DE CIRCONSTANCES. C'EST AINSI PAR EXEMPLE QUE, LORSQUE LES ETATS-UNIS D'AMERIQUE SONT VENUS CONTRIBUER A LA DEFENSE DE LA FRANCE AU-COURS DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE, LE DEBARQUEMENT DES AMERICAINS EN FRANCE A ETE ACCUEILLI AVEC DES _TRANSPORTS D'ENTHOUSIASME PAR TOUTE LA POPULATION FRANCAISE. C'EST AINSI QUE LORSQUE J'AI EU L'OCCASION MOI-MEME, DE PARTICIPER A L'ACHEVEMENT DE LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE, L'UNITE A LAQUELLE J'APPARTENAIS ET QUI FAISAIT PARTIE DE LA PREMIERE ARMEE FRANCAISE ETAIT EN MEME TEMPS PLACEE AUPRES DE LA SEPTIEME ARMEE DES ETATS-UNIS\
=POLITIQUE EXTERIEURE= MAIS LES GRANDS PROBLEMES DE NOTRE EPOQUE, MEME POUR CEUX QUI COMME NOUS SONT TRES ATTACHES A LEURS TRADITIONS, LES GRANDS PROBLEMES DE NOTRE EPOQUE SONT SITUES DEVANT NOUS ET EXIGENT DESORMAIS DE NOTRE PART BEAUCOUP D'IMAGINATION ET D'ACTION. C'EST POURQUOI IL ETAIT TRES IMPORTANT POUR MOI, MONSIEUR LE PRESIDENT, DE SAVOIR SI CES NOUVEAUX PROBLEMES, CES NOUVELLES TACHES, NOUS POUVIONS LES ABORDER AVEC VOTRE TRES GRAND PAYS DANS UN ESPRIT D'OUVERTURE, DE COMPREHENSION ET DE COOPERATION. ET IL ETAIT TRES IMPORTANT, DONC, POUR LE SAVOIR, DE VOUS RENCONTRER PERSONNELLEMENT, AINSI QUE LES EMINENTES PERSONNALITES QUI VOUS ACCOMPAGNENT. LORSQUE JE VOUS AI ACCUEILLI HIER MATIN SUR L'AERODROME, JE ME DISAIS QUE DE CES DEUX PROCHAINS JOURS, ALLAIENT NAITRE UN CERTAIN NOMBRE D'INITIATIVES, UN CERTAIN NOMBRE DE SOLUTIONS QUI INTERESSERAIENT DURABLEMENT NOS RELATIONS, ET QUI, DANS UNE CERTAINE MESURE, POUVAIENT AVOIR UNE SIGNIFICATION POUR LE MONDE. LE RESULTAT DE NOS ENTRETIENS FERA L'OBJET D'UN COMMUNIQUE QUI SERA PUBLIE EN FIN DE MATINEE DEMAIN. ET SI JE DISAIS CE SOIR CE A QUOI NOUS AVONS ABOUTI, NOUS PRIVERIONS NOS COLLABORATEURS DE LA FIN DE LEUR SOIREE, DU DEBUT DE LEUR MATINEE PENDANT LAQUELLE ILS VONT S'EFFORCER LABORIEUSEMENT DE METTRE LE TEXTE DE CE COMMUNIQUE AU-POINT. JE NE PEUX PARLER QUE DE L'ATMOSPHERE, ET JE VOUS DIRAIS, MONSIEUR LE PRESIDENT, J'AI ETE FRAPPE PAR LA CORDIALITE, LA SIMPLICITE, LA FRANCHISE, LA NETTETE ET LA COMPETENCE AVEC LESQUELLES VOUS AVEZ CONDUIT NOS ENTRETIENS\
=POLITIQUE EXTERIEURE= DANS LES RENCONTRES INTERNATIONALES, LA QUESTION QU'ON SE POSE TOUJOURS A LA FIN EST DE SAVOIR QUI L'A EMPORTE, C'EST-A-DIRE CELUI QUI A FAIT DES CONCESSIONS AUX AUTRES, ET QUEL EST CELUI QUI PEUT SE PROCLAMER VAINQUEUR. DES LE DEBUT DE NOS ENTRETIENS, JE VOUS AI DIT QUE CE QUE JE SOUHAITAIS, C'EST QU'IL N'Y AIT NI CONCESSION, NI VAINQUEUR, MAIS LE SENTIMENT QU'IL POUVAIT EXISTER ENTRE NOUS UN ESPRIT DE TRAVAIL, UN ESPRIT DE REALISME ET QUE NOUS POUVIONS FAIRE PROGRESSER ENSEMBLE LA SOLUTION DES GRANDS PROBLEMES QUI SE POSENT A NOUS. PUIS-JE VOUS DIRE, MONSIEUR LE PRESIDENT, TRES SINCEREMENT, COMBIEN NOUS REGRETTONS, MADAME GISCARD D'ESTAING ET MOI, QUE MADAME FORD N'AIT PU VOUS ACCOMPAGNER. NOUS NOUS FAISIONS UN PLAISIR DE L'ACCUEILLIR, ET D'AILLEURS, CERTAINS DES CHOIX QUE NOUS AVIONS FAITS, NOTAMMENT CELUI DE L'EMPLACEMENT DE NOTRE DEJEUNER, AVAIENT ETE DICTES PAR LE PLAISIR D'ACCUEILLIR PARMI NOUS MADAME FORD. MAIS CECI COMPORTE PEUT-ETRE UN AVANTAGE, C'EST QUE DANS LES RITES TRES ORGANISES DES RELATIONS INTERNATIONALES, IL N'EST PAS POSSIBLE D'INVITER DEUX FOIS DE SUITE LE MEME CHEF_D_ETAT. DONC, QUEL QUE SOIT LE PLAISIR QUE NOUS Y TROUVERIONS, JE NE PEUX PAS VOUS INVITER A NOUVEAU. MAIS CE QUE NOUS POUVONS FAIRE, C'EST D'INVITER MADAME FORD, ET JE SOUHAITE QU'ELLE ACCEPTE NOTRE INVITATION. ET DANS CE CAS, PEUT-ETRE ACCEPTEREZ-VOUS DE L'ACCOMPAGNER\
=POLITIQUE EXTERIEURE= MONSIEUR LE PRESIDENT, DANS CE MONDE ET DANS CETTE PERIODE OU TOUT LE MONDE S'INTERROGE SUR TOUT, ON S'INTERROGE PARFOIS SUR CE QUI FAIT QUE LES HOMMES_D_ETAT AGISSENT, ET QUELLE PEUT ETRE LA _NATURE DE L'INSPIRATION QUI FAIT QU'ILS SACRIFIENT TOUTES SORTES D'ASPECTS DE LEUR EXISTENCE AUX GRANDES RESPONSABILITES QUI PESENT ACTUELLEMENT SUR LES HOMMES D'ETAT. ET JE VOUDRAIS VOUS DIRE QU'EN VOUS RENCONTRANT, J'AI EU LE SENTIMENT QUE CETTE INSPIRATION POUR VOUS, COMME ELLE L'EST D'AILLEURS POUR MOI, C'EST DE CHERCHER A FAIRE PROGRESSER LES PROBLEMES DE NOTRE TEMPS. NOUS AVONS LE SORT HEUREUX OU MALHEUREUX D'EXERCER DES RESPONSABILITES PUBLIQUES DANS UNE EPOQUE OU CELLES-CI SONT SANS DOUTE TRES LOURDES, MAIS OU DONC, LA CONTRIBUTION QUE NOUS POUVONS LEUR APPORTER, PEUT ETRE, JE CROIS SIGNIFICATIVE. LE PROGRES DE L'HUMANITE, LA PAIX DANS LE MONDE, NE DEPENDRONT PAS DES EFFORTS D'UN SEUL ETAT, AUSSI GRAND SOIT-IL. ILS DEPENDRONT DE LA REUNION DES EFFORTS, DE LA COMPREHENSION QUI S'ETABLIRA ENTRE CEUX QUI, A L'HEURE ACTUELLE, ICI OU AILLEURS, EXERCENT CES RESPONSABILITES. JE SAIS DESORMAIS, APRES NOTRE RENCONTRE, QUE DANS CE DOMAINE, NOUS POURRONS TRAVAILLER ENSEMBLE. MONSIEUR LE PRESIDENT, J'IMAGINE QUE LORSQUE LA FLOTTE FRANCAISE EST PARTIE, IL Y A DEUX SIECLES, POUR LES CONTINENTS NORD-AMERICAINS, AVANT SON DEPART, A BORD, IL A DU Y AVOIR UNE FETE ET MON LOINTAIN PARENT DE L'EPOQUE A DU PORTER UN TOAST. JE PENSE QUE DANS CE TOAST, IL DEVAIT SOUHAITER QUE L'AMERIQUE QU'ILS ALLAIENT DECOUVRIR ETAIT UN PAYS REPONDANT A LEUR ATTENTE, A LEUR ESPOIR, A LEUR CONFIANCE. A L'HEURE ACTUELLE, LA SITUATION EST INVERSE, PUISQUE C'EST NOUS QUI VOUS ACCUEILLONS ICI, ET JE PEUX VOUS DIRE AVEC DEUX SIECLES D'ECART, QUE LA MARTINIQUE FRANCAISE DE L'EPOQUE ET QUE LA MARTINIQUE FRANCAISE D'AUJOURD'HUI EST HEUREUSE ET FIERE D'ACCUEILLIR LE PRESIDENT AMI DES ETATS-UNIS D'AMERIQUE\

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