Publié le 19 novembre 2010

Message video de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, adressé à M. Luiz Inacio Lula Da Silva, Président de la République fédérative du Brésil, sur les relations franco-brésiliennes, le 19 novembre 2010.

Message video de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, adressé à M. Luiz Inacio Lula Da Silva, Président de la République fédérative du Brésil, sur les relations franco-brésiliennes, le 19 novembre 2010.

19 novembre 2010 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Président,
Très Cher Lula,
Te voilà donc désigné Homme de l'année par la Chambre de commerce franco-brésilienne. Je l'avoue, je suis un peu jaloux, un titre de plus pour toi qui es déjà l'homme de toutes les années pour les Brésiliens. D'ailleurs, ne dit-on pas déjà les années Lula, et même, que tu es l'Homme de l'histoire.
Moi, je sais que tu accordes une grande importance à ce prix et je soupçonne même, qu'avec l'élection d'une femme à la présidence du Brésil, tu t'es assuré de ne pas avoir de concurrent au titre d'Homme de l'année.
Hélas, je ne peux être à tes côtés ce soir, mais je tenais à être là, malgré tout, pour te féliciter à travers Christine Lagarde et, personnellement, avec ce message vidéo.
Lula, si on m'avait consulté, je n'aurais pas hésité une seconde à voter pour toi tant tu as apporté à la relation franco-brésilienne. Tout le monde peut en témoigner ici. Ensemble, nous avons réussi à porter nos relations économiques à un niveau record. Toutes les entreprises françaises qui comptent ont fait le choix du Brésil en multipliant les partenariats avec les entreprises brésiliennes, au point que les investissements français au Brésil sont aujourd'hui plus de deux fois supérieurs à ceux qui sont en Chine, trois fois supérieurs à ceux qui sont en Russie, cinq fois supérieurs à ceux qui sont en Inde. Cela en dit long sur la confiance des entreprises françaises pour le Brésil. 500 d'entre elles sont déjà établies dans ton pays et emploient près de 400.000 travailleurs brésiliens. Je sais que les entreprises brésiliennes commencent à investir chez nous, en France. Sache qu'elles sont les bienvenues. Et le plus remarquable, c'est qu'entre la France et le Brésil, il ne s'agit plus seulement de vendre ou d'acheter, mais de faire ensemble pour conquérir ensemble les marchés internationaux.
Cher Lula, quand le monde a été frappé par la crise, le Brésil, sous ta direction, a su la surmonter mieux que tout autre. Je n'oublie pas que c'est au pire moment de cette crise que nous avons, en décembre 2008, conclu notre partenariat stratégique. Je me souviens alors de ton optimisme, de ta force, de ta détermination, de ta conviction qu'il fallait changer la gouvernance mondiale. Cette conviction, comme tu le sais, je la partage. Cette ambition, nous l'avons portée ensemble et nous pouvons être fiers du chemin parcouru depuis deux ans. On l'a encore vu à Séoul, il y a quelques jours, la France et le Brésil sont des partenaires privilégiés pour que les choses changent. Ils le resteront tout au long de la Présidence française du G20, en 2011, et au-delà, pour promouvoir des réformes, des réformes audacieuses, pour adapter notre monde et ses institutions aux réalités du XXIe siècle, pour lutter contre la spéculation effrénée qui fausse la concurrence mondiale et exacerbe les déséquilibres en créant les conditions pour de nouvelles catastrophes.
Lula, je te remercie surtout d'avoir su, d'avoir voulu pendant ces années garder le cap de notre alliance, malgré les épreuves de la vie internationale et parfois les différences, par le dialogue, par le partenariat, nous avons pu et nous pourrons toujours les surmonter.
Sur l'Oyapock comme sur la scène internationale, le Brésil et la France sauront toujours bâtir des ponts.
Cher Lula, tu as dit l'autre jour : «le Roi est mort, vive le Roi !» pour exprimer ce qui allait se passer avec la fin de ta présidence et l'arrivée de Dilma. Heureusement, dans la démocratie que tu as si bien su consolider, les présidents qui transmettent le pouvoir, ne meurent pas. Ils ne deviennent pas plus comme ces grands vases chinois que tu évoquais, beaux mais encombrants au point que l'on ne sait trop où les mettre.
Tu resteras Lula. Tu resteras pour tous les Brésiliens et pour tous les Français, comme pour le monde entier, tu resteras une référence, une source d'inspiration et un exemple de sagesse. Tu resteras pour moi, Lula, un ami, un ami personnel, un ami très cher.
Je te souhaite de rester demain aussi engagé dans les affaires du monde que tu l'as été au cours de tes deux mandats. Le monde a besoin de la vision et de l'audace de Lula.
Ele precisa de você. (En français : «Le monde a besoin de toi»). Salut Lula !

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