Publié le 29 juillet 2009

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, à l'issue du Conseil des ministres, sur son état de santé, à Paris le 29 juillet 2009.

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, à l'issue du Conseil des ministres, sur son état de santé, à Paris le 29 juillet 2009.

29 juillet 2009 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et Messieurs,
C'est inhabituel, je ne prends pas la parole en général après le Conseil des Ministres. Mais après les
événements de ces derniers jours je voulais d'abord remercier le personnel hospitalier et infirmier, tous
ceux qui se sont si bien occupés de moi au Val de Grâce.
Je voulais dire bien sûr aux Français que ma santé était bonne, que j'avais eu un coup de fatigue et que
quand le Président de la République a un problème, il est tout à fait normal que les Français en soient
informés et que les examens auxquels il se livre soient extrêmement approfondis. Donc j'ai passé toute
une batterie d'examens pendant 24 heures à l'hôpital du Val de Grâce. Ces examens ont conclu que je
n'avais rien. J'en suis très heureux et il était normal que je vienne pour donner moi-même de mes
nouvelles en remerciant tous ceux qui se sont inquiétés, les milliers de messages que j'ai reçus et les
innombrables boîtes de chocolats qui m'ont été envoyées. Je crois qu'il me faudrait plusieurs vies pour
pouvoir les consommer. J'ai voulu en temps réel que l'on dise aux Français la vérité sur l'incident qui
m'est arrivé, puisque c'est l'Elysée qui l'a révélé. Sur les examens auxquels je me suis livré, la
première après-midi d'hospitalisation et sur les examens auxquels je me suis livré le lendemain
puisque j'ai bénéficié d'une coronographie et bien sûr s'il y avait eu à l'issue de ces examens quoi que
ce soit, j'estime qu'il eut été de mon devoir de le dire. Je dois cette transparence. Je ne l'avais pas fait
quand j'ai eu un problème à la gorge, bien mal m'en a pris. J'aurais bien mieux fait de le dire. J'avais
voulu par souci de discrétion ne pas indiquer que j'avais ce phlegmon. Je pensais que cela n'intéressait
que peu de monde. Mais quand on ne dit pas les choses, cela les complique. J'ai décidé que
dorénavant, les choses seront parfaitement claires et que si je fais l'objet d'une hospitalisation ou d'un
examen, je le dirai.
D'abord, cela m'a permis de voir le quotidien des personnels hospitaliers et je pense bien sûr à tous
ceux qui sont dans les hôpitaux, ceux de nos compatriotes qui n'ont pas la chance d'en sortir aussi
rapidement et en aussi bonne santé. Il est toujours important d'aller voir de l'autre côté ce qui se passe
et comment cela fait. Cela permet de mesurer que personne n'est au dessus des règles et de voir le
dévouement des personnels et puis aussi la souffrance de ceux qui sont dans les hôpitaux.
Les vacances seront bienvenues pour tous les Français parce que l'année a été rude. Et pour moi je
crois que depuis 2002, quand je suis entré au ministère de l'Intérieur, cela fait 7 ans maintenant, je n'ai
pas eu beaucoup de répit. Et donc nous allons partir avec Carla et les enfants, en vacances dans le Midi
chez nous et on va s'y tenir tranquille. Si l'actualité veut bien nous laisser tranquilles.
QUESTION - Est-ce que vous allez changer votre mode de communication par rapport à votre état de
santé et tenir votre promesse électorale ?
LE PRESIDENT - Oui, mais franchement je crois que je l'ai tenue par la transparence totale de ce
qui a été donné. Mais qu'est-ce qui est important ? C'est de dire quand il se passe quelque chose. Pas
de dire quand il ne se passe rien. Donc là je peux vous dire qu'en 24 heures j'ai eu un check-up
absolument complet. Vous avez la liste des examens. Certains lourds auxquels je me suis livré,
fatigants et je pense je ne les aurais pas faits si je n'avais pas eu cette occasion. Donc je dirai chaque
fois qu'il se passe quelque chose ce qui doit être dit, c'est-à-dire la vérité, mais si on m'avait trouvé
quelque chose, je l'aurai dit. Je vous demande de me croire.
QUESTION - Est-ce que vous allez faire évoluer votre rythme de travail à la rentrée, Monsieur le
Président ?
LE PRESIDENT - Est-ce que je crains que cela se reproduise ? Je ne suis pas au dessus des règles
physiques, je suis un être humain. J'ai eu un coup de fatigue. Est-ce que c'était dû à la déshydratation,
à la chaleur, à la fatigue ? Je ne sais. J'ai couru des milliers de fois comme cela sans qu'il y ait quoi
que se soit. Chacun sait bien que le sport est nécessaire et souhaitable. J'ai vu que j'avais reçu
beaucoup de conseils pour mon régime, mon activité sportive. Moi, j'aime beaucoup le sport. Les
médecins m'ont dit que c'était tout à fait nécessaire que je puisse continuer, mais de façon raisonnable.
Vous savez, je n'ai jamais eu le sentiment de faire des grandes performances non plus, n'exagérons
pas et par ailleurs je fais toujours attention à ce que je mange, la façon dont je me nourris et je
continuerai comme cela. Simplement, il faut que je me repose. Quant au rythme de travail, je pense
que quand on est Président de la République on a des responsabilités. Il faut les assumer mais depuis
sept ans, entre les campagnes électorales, le ministère de l'Intérieur, le ministère des Finances, la
Présidence de l'UMP, la Présidence de la République, certainement que cela a été rude.
QUESTION de journaliste
LE PRESIDENT - Cela n'a rien de très original. Sur Facebook j'ai beaucoup de supporters. Nous
avons reçu des milliers de messages de soutien. J'ai voulu répondre.
Déléguer, vous savez je délègue beaucoup. En ce moment, Monsieur KOUCHNER est parti vers le
Pacifique. Nous travaillons main dans la main avec le Premier ministre. Je délègue ce que je dois
déléguer. Pour le reste, Président de la République, je dois assumer mes responsabilités.
QUESTION de journaliste
LE PRESIDENT - Franchement, vous savez avec mon épouse nous ne sortons jamais le soir. Nous
n'allons jamais dans les dîners. Je ne bois pas comme vous le savez. Je ne fume pas de cigarette même
si j'ai une faiblesse pour un cigare de temps en temps. Donc je n'ai pas à faire de changement
structurel considérable. Au fond, je n'avais pas une vie de patachon, vous le savez bien. Et, partant,
voilà, c'est une panne d'essence qui arrive à chacun. J'imagine que chacun peut être en a connue dans
sa vie. C'est normal que pour moi cela ait plus de conséquences, dans la mesure où je suis Président de
la République. Donc au fond, cette partie là de ma vie appartient aussi à la Nation en ce sens que je la
conduis, que je dois rendre des comptes. On va prendre quelques semaines et puis comme je sais que
vous allez passer de longues heures à attendre, il était normal que je me livre à vos questions. Je vous
souhaite de bonnes vacances à vous-même et à vos familles.
QUESTION de journaliste
LE PRESIDENT - Pardon ? Qu'est ce que vous pensez ? Bien sûr ! Cela fait partie de la vie privée.
Merci à tous, bonnes vacances.

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