Publié le 14 septembre 2007

Déclaration conjointe à la presse de MM. Nicolas Sarkozy, Président de la République, et Laszlo Solyom, Président de la République de Hongrie, sur les relations franco-hongroises et sur les droits des minorités hongroises de l'extérieur, à Budapest le 14 septembre 2007.

Déclaration conjointe à la presse de MM. Nicolas Sarkozy, Président de la République, et Laszlo Solyom, Président de la République de Hongrie, sur les relations franco-hongroises et sur les droits des minorités hongroises de l'extérieur, à Budapest le 14 septembre 2007.

14 septembre 2007 - Seul le prononcé fait foi

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M. Laszo SOLYOM - Monsieur le Président, je suis heureux de vous accueillir très chaleureusement en Hongrie et c'est avec un plaisir particulier que je constate que votre première destination a été notre pays. Je considère que c'est un geste qui signifie que la France comprend le rôle que joue la Hongrie dans cette région d'Europe centrale. Je viens, par ailleurs, d'inviter Monsieur le Président à une visite d'Etat officielle en Hongrie et je suis content qu'il ait accepté cette invitation. Nous avons évoqué ensemble le fait que, le 8 novembre prochain, à Budapest, se déroulera une grande conférence scientifique tournée vers les sciences et l'avenir. Des Chefs d'Etat y assisteront et cinq d'entre eux ont déjà confirmé leur présence dont M. Horst KÖHLER, Président allemand, qui fera une escale de quelques heures à Budapest en route pour l'Afrique. J'ai demandé à Monsieur le Président s'il pouvait éventuellement participer à cette conférence. Ce serait, en effet, vraiment remarquable que les deux moteurs de l'Union européenne puissent y être présents pour parler de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures. Monsieur le Président m'a répondu qu'il considérerait la possibilité de venir et donc je l'espère bien. Nous avons aussi abordé des questions liées à l'Union européenne pour constater notre accord. Nous sommes même d'accord pour dire qu'il faut maintenir l'identité culturelle des Hongrois qui vivent en Hongrie et des Hongrois qui vivent au-delà de nos frontières. Enfin, nous assurerons ensemble le haut patronage de l'exposition qui va bientôt ouvrir ses portes à Compiègne : c'est une exposition sur le patrimoine, les trésors des Esterhazy. Je vous remercie.
LE PRESIDENT - Monsieur le Président, je voudrais vous remercier de votre accueil extrêmement chaleureux. J'ai bien noté que, grâce à vous, entre les visites d'Etat et les colloques, je passerai désormais mon temps en Hongrie ! Je viendrai, bien sûr, en visite d'Etat parce que, pour moi, la Hongrie est un pays particulier. Particulier parce que c'est le pays de ma famille paternelle, particulier parce que la Hongrie a joué un rôle essentiel en 1989 dans la chute du mur. Je fais partie d'une génération qui a vécu dans le souvenir de 1956 à Budapest et de 1968 à Prague. Je fais partie d'une génération qui, lorsqu'elle était étudiante, a toujours apprécié le courage de ce peuple hongrois qui n'a jamais renoncé. Et, malgré ce qui s'est passé en 1956, la Hongrie a toujours eu une place a part dans le bloc de l'Est de l'époque.
J'ai voulu venir ici pour porter le message que l'Europe a besoin de la Hongrie et que la France sera très présente en Europe centrale et en Europe de l'Est. Parce que beaucoup se jouera ici, dans la capacité de l'Europe à accompagner le développement économique et la démocratie politique des huit pays qui nous ont rejoints. Que les choses soient claires : dans l'esprit de la France, il n'y a pas les petits pays et les grands pays. Il n'y a pas les pays qui ont le droit de parler et ceux qui n'ont que le droit de se taire. Il y a des nations et des états égaux en droits et en devoirs. De tous les pays d'Europe d'ailleurs, la Hongrie est celle qui a une tradition nationale et étatique parmi les plus fortes. Quand elle se retourne sur son histoire, la Hongrie la considère avec des siècles.
Je voudrais terminer en disant deux choses, Monsieur le Président. D'abord, que la France partage vos préoccupations environnementales. Et je connais la spécificité du Président hongrois, dont la candidature n'a pas vraiment été proposée par des partis, mais par des forces dont la préoccupation environnementale était avérée. Croyez bien que la France sera à vos côtés pour la préservation de notre planète.
Enfin, je souhaite que nous continuions à réfléchir à la question très difficile des minorités. L'histoire a fait payer cher à la Hongrie les erreurs de quelques-uns de ses dirigeants. Il y a dix millions de Hongrois en Hongrie et il n'y en a pas moins de cinq millions ailleurs. La France est attachée à la stabilité et à la paix. La France ne peut pas appuyer quelque revendication territoriale quelqu'elle soit. Mais je comprends parfaitement la sensibilité culturelle et affective des liens qui existent entre les Hongrois de l'extérieur et les Hongrois de l'intérieur. La France soutient les droits individuels des minorités et la France est plus réservée sur les droits collectifs. Mais je souhaite que nous puissions réfléchir, dans une dynamique, à cette question très importante qui est une question culturelle, pas simplement pour la Hongrie mais aussi pour nombre de pays en Europe, et particulièrement en Europe centrale.
Monsieur le Président, voici une nouvelle idée de colloque et peut-être une nouvelle opportunité d'invitation pour moi !
Merci à tous.

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