Publié le 20 juillet 2007

Déclaration conjointe de MM. Nicolas Sarkozy, Président de la République, et Gordon Brown, Premier ministre du Royaume-Uni, sur l'initiative franco-britannique en faveur du réglement du conflit du Darfour, à Paris le 20 juillet 2007.

20 juillet 2007 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration conjointe de MM. Nicolas Sarkozy, Président de la République, et Gordon Brown, Premier ministre du Royaume-Uni, sur l'initiative franco-britannique en faveur du réglement du conflit du Darfour, à Paris le 20 juillet 2007.

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Nous partageons une préoccupation commune sur la crise en cours et son niveau inacceptable de souffrances : 2,2 millions de personnes déplacées ou réfugiées au Tchad, 4 millions de personnes dépendantes de l'aide alimentaire, des violences et des actes de banditisme à grande échelle and des effets déstabilisateurs croissants sur toute la région.
Nous sommes prêts à aider sur le plan diplomatique, politique et financier. Nous sommes déterminés à réaliser des progrès plus larges et plus importants, sur la base du consensus international qui s'est formé lors de la réunion de Paris le 25 juin, de la visite à Khartoum du Conseil de sécurité (17 juin), et lors de la conférence de Tripoli (15-16 juillet). Dans cette perspective un plan en quatre points fondé sur une approche globale dans le cadre d'une stratégie plus large au Soudan et dans sa région :
1) une accélération du déploiement de l'opération hybride UA/ONU.
Nous voulons parvenir, d'ici la fin du mois de juillet, à un accord sur une résolution du Conseil de sécurité visant à donner un mandat à la force hybride, à assurer son financement par l'ONU et à fixer les progrès à accomplir s'agissant du respect du cessez-le-feu, du processus politique et d'une amélioration immédiate de la situation humanitaire.
Nous nous félicitons de l'appel du Secrétaire général des Nations-Unies à un déploiement de la force le plus rapidement possible. Nous appelons les Nations-Unies à accélérer ses préparatifs pour que le déploiement puisse commencer en septembre / octobre £ Khartoum et les rebelles à faciliter le déploiement £ et les Etats-membres des Nations-Unies à offrir des troupes et du soutien logistique.
Dans le même temps, nous sommes déterminés à continuer à soutenir l'AMIS, financièrement et d'un point logistique, et nous travaillerons avec l'ONU et l'UA en vue d'un déploiement rapide du « paquet de soutien lourd », qui ouvrira la voie à l'opération hybride.
2) Nous soutenons activement le processus politique conduit par l'Union Africaine et les Nations-Unies.
Nous nous félicitons des décisions prises à Tripoli sur les négociations de paix. Nous appelons fermement les principaux chefs rebelles à participer à la réunion d'Arusha (3-5 août prochain) comme convenu par la communauté internationale lors de la conférence de Tripoli. Nous appelons instamment le gouvernement d'union nationale et les rebelles à négocier dans le cadre, les conditions et les délais fixés dans la feuille de route de l'UA et de l'ONU, et à aider à l'inclusion des autres groupes du Darfour dans ce processus.
Nous appelons toutes les parties à garantir le respect du cessez-le-feu et à mettre un terme aux actes d'agression et de banditisme, à assurer un espace aux discussions politiques et faire en sorte que la vie des populations du Darfour change immédiatement.
3) Nous traiterons la question du relèvement à court terme du Darfour ainsi que celle de la reconstruction à plus long terme.
Nous appelons toutes les parties à s'engager à respecter un cessez-le-feu effectif pendant les prochaines négociations. Dès qu'un règlement politique sera atteint, nous contribuerons à la reconstruction à long terme. Nous nous félicitons du travail engagé par les Nations-Unies et la Banque Mondiale pour évaluer et planifier les besoins de reconstruction et mettre en place un fonds fiduciaire. Nous soutiendrons pleinement la conférence des donateurs qui se tiendra aux Pays-Bas.
Dès que les conditions de sécurité le permettront, nous engagerons [80 MUSD] pour le développement des projets de terrain qui permettront une amélioration rapide de la vie quotidienne des habitants : dans le domaine de l'accès à l'eau, de l'appui au retour des personnes déplacées, aidant à la promotion d'un habitat durable, veillant à ce que les services basiques soient assurés. Les aides devront transiter via le fonds établi par les Nations-Unies.
Tout le monde bénéficiera d'un retour durable à la paix. Dès que les critères fixés seront satisfaits, nous travaillerons avec toutes les parties pour aider le Soudan à développer son économie, y compris par des allègements de dette et le commerce, en lien avec un accord stable et transparent sur le partage des revenus du pétrole. Nous appelons toutes les parties à mettre en oeuvre pleinement le CPA (comprehensive peace agreement ou accord Nord-Sud).
4) Une stratégie globale de règlement de la crise du Darfour est nécessaire.
Dans ce cadre, il ne peut y avoir aucun règlement de la situation au Darfour sans régler ses effets déstabilisateurs dans la région. Nous sommes préoccupés par la situation dans l'est du Tchad et au nord-est de la RCA. Nous soutenons pleinement l'idée d'un engagement ONU/UE dans la région à travers une opération PESD et une présence civile de l'ONU dans les camps au Tchad. Nous appelons le gouvernement tchadien et soudanais à coopérer pleinement pour la paix et la stabilité dans la région. Si aucun progrès n'était enregistré en matière de sécurité, respect du cessez-le-feu, processus politique et accès humanitaire, nous travaillerions ensemble en vue de nouvelles sanctions des Nations Unies. Tous les acteurs, en particulier le Gouvernement soudanais et les groupes rebelles, seront jugés sur leurs actions, non sur leurs déclarations.

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