Publié le 28 juillet 2001

Allocution de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations et la coopération entre la France et l'Estonie, entre la France et les pays baltes en général et la candidature des ces pays à l'Union européenne, Tallinn, Estonie, le 28 juillet 2001.

Allocution de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations et la coopération entre la France et l'Estonie, entre la France et les pays baltes en général et la candidature des ces pays à l'Union européenne, Tallinn, Estonie, le 28 juillet 2001.

28 juillet 2001 - Seul le prononcé fait foi

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LE PRESIDENT -
Mes chers amis,
Je voudrais vous dire combien nous sommes heureux de cette occasion de vous rencontrer, les Français vivant à Tallinn ou en Estonie, et puis nos amis Estoniens qui, pour une raison ou pour une autre, et notamment parce qu'ils parlent le français, partagent notre affection pour la France. Et je tiens à les remercier tout particulièrement, en mon nom bien sûr, au nom des ministres ici présents, le ministre des Affaires européennes et le ministre des Entreprises, au nom des parlementaires qui sont peu nombreux, mais certains ont dû subir le charme des vieilles rues et du soleil de Tallinn.
Et puis je voudrais également saluer, présents ici pour la plupart, les représentants des entreprises françaises qui nous ont accompagnés et qui, pour certains, ont découvert, pour d'autres ont confirmé l'importance qu'il fallait attacher à ce beau pays.
Ce voyage, qui est le premier fait par un Président de la République française depuis celui que mon prédécesseur, Monsieur François MITTERRAND, avait été le premier à faire dans les trois pays baltes en 1992, au lendemain de la reprise des relations diplomatiques, avait pour objectif, d'une part de faire savoir à ces trois pays, et surtout à ces trois peuples, l'estime, l'amitié, le respect, la considération que la France leur porte et que les Français leur portent. Et puis nous voulions également qu'ils sachent que notre soutien, notre appui pour ce qui concerne leur entrée dans l'Union européenne étaient sans réserve. Qu'il s'agisse de l'Estonie qui est le plus avancé de tous les pays candidats et qui donc terminera probablement ses négociations à la fin de 2002, et en 2004 sera membre de l'Union, ou des deux autres pays, la Lituanie et la Lettonie, qui pour être un peu moins avancées devraient pouvoir atteindre le même objectif. Ces pays apporteront beaucoup à l'Union européenne par leur dynamisme, leur intelligence, leur culture, et l'Union européenne, je n'en doute pas, leur apportera, en termes de développement, de sécurité, de solidarité également, beaucoup.
C'est le message que j'étais venu porter dans un contexte où les relations entre la France et l'Estonie, la France et les trois pays baltes, les relations politiques, sont tout à fait excellentes. Il y avait juste une petite ombre au tableau, vous le savez, qui était, -voilà nos parlementaires qui rejoignent petit à petit, nous ne sommes pas encore au complet- le sort des ambassades de ces trois pays à Paris. Vieux contentieux datant maintenant de soixante ans et que nous n'arrivions pas à régler. Et c'était tout de même quelque chose qui froissait nos relations, un peu. Eh bien, à l'occasion de cette visite et compte tenu de l'effort important que le gouvernement français a décidé de faire pour aller en direction des voeux des trois pays baltes, nous avons réussi à trouver un compromis qui, comme tous les compromis, ne satisfait personne, mais finalement convient à tout le monde. Et nous sommes très heureux de cette solution.
Donc, sur le plan politique, aucun problème. Sur le plan économique, il n'en va pas de même. Et c'est avec tristesse que nous constatons la place très insuffisante de la France dans ces trois pays sur le plan des échanges, notamment commerciaux et sur le plan des investissements. Ceci tenant à des raisons historiques, puisque nous voyons bien que tous nos partenaires, notamment nos grands partenaires, ont ici une présence beaucoup plus importante que la France et, donc, ils y trouvent sans aucun doute un intérêt.
La France a trop eu l'habitude de regarder vers le sud, vers les limites de l'Union européenne, et pas au-delà, vers le nord. Et je souhaite beaucoup que cela change. La délégation conduite par le représentant du MEDEF, Monsieur ROBINET-DUFFO qui est ici, a, je crois, apprécié l'intérêt qu'il pouvait y avoir à créer un mouvement dynamique de lien économique et financier entre l'Estonie et la France, et plus généralement entre les trois pays baltes et la France.
Enfin, sur le plan culturel, c'est quand même très émouvant de voir que, dans ces trois pays, il y a deux présidents, en Estonie et en Lettonie, qui sont totalement francophones et un troisième, en Lituanie, qui comprend bien le français, même s'il ne le maîtrise pas aussi bien que ses collègues. Il n'y en a pas tellement dans l'Union européenne et dans le monde. Et ceci doit nous toucher. En tous les cas, moi, cela me touche et je suis sûr qu'il en est de même pour vous toutes et vous tous.
Et la deuxième impression émouvante que l'on ressent, c'est en se promenant, même rapidement, ce que nous avons fait, dans ces villes et tout particulièrement ici à Tallinn, c'est d'imaginer ce qu'elles étaient il y a dix ans, d'écouter les témoignages, notamment de nos compatriotes qui ont connu ces villes il y a dix ans, et de voir ce qu'elles sont devenues. Des villes qui ont retrouvé leur tradition, leur culture, leurs valeurs, leurs couleurs, où les gens sont chaleureux. Ils ont le sourire. Ce sont des villes à nouveau agréables. Et le tourisme ne peut pas ne pas se développer. On a l'impression qu'ici, avec tous les problèmes auxquels chacun est naturellement confronté, d'ailleurs dans toutes les villes du monde et dans toutes les civilisations, on a l'impression, quand on regarde le sourire ou le regard des Estoniens, en tous les cas à Tallinn, que, globalement, ils expriment plus de joie qu'on ne le remarque ailleurs. Et cela fait chaud au coeur, quand on sait les épreuves que ces pays ont supportées et que l'Estonie, en particulier, a supportées.
Alors je voudrais vous dire combien tout cela, naturellement, nous a fait plaisir. Je voudrais souligner l'action extrêmement dynamique, ici, de notre ambassadeur, Jean-Jacques SUBRENAT, qui est quelqu'un que je connais bien -voilà qu'il a disparu, il s'est mis à gauche, on ne sait jamais- et de son épouse, qui connaît particulièrement bien cette région et cette culture et qui nous représente si bien ici. Je les remercie en particulier d'avoir organisé aujourd'hui un déjeuner qui, également, m'a beaucoup touché puisque, dans la nouvelle résidence de France, il avait réuni avec nous, le Président de la République, le Premier Ministre, le Président du Parlement, plusieurs ministres et un certain nombre de hautes personnalités. Tout cela pour inaugurer la résidence de France. Et c'était chaleureux. Tout le monde riait, souriait. C'était agréable. Alors, je remercie Monsieur et Madame SUBRENAT pour le bon travail qu'ils font ici au service de notre pays.
Voilà, je vais maintenant, si vous le voulez bien, passer un petit moment avec vous. En vous disant combien je suis heureux d'être ici et parmi vous, sentiment incontestablement partagé par les membres du gouvernement, les membres du Parlement et les membres de la communauté d'affaires qui nous ont accompagnés.
Je vous remercie.

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