Publié le 13 juin 1998

Tribune de M. Jacques Chirac, Président de la République, dans le numéro spécial "France-Syrie" du magazine "Al-Shahr" du 13 juin 1998, sur les relations franco-syriennes, le souhait d'un règlement global au Proche-Orient et la prochaine visite du Président Hafez El-Assad à Paris.

Tribune de M. Jacques Chirac, Président de la République, dans le numéro spécial "France-Syrie" du magazine "Al-Shahr" du 13 juin 1998, sur les relations franco-syriennes, le souhait d'un règlement global au Proche-Orient et la prochaine visite du Président Hafez El-Assad à Paris.

13 juin 1998 - Seul le prononcé fait foi

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La France et la Syrie sont deux nations qui plongent leurs racines dans les périodes les plus anciennes de la civilisation. Leurs relations ont été nourries, au cours des siècles, d'échanges denses et intenses. Le dialogue et le partage ont parfois laissé place à la tension et aux désaccords, sans que jamais ne soit rompue une relation aussi féconde que fructueuse pour les deux parties.
Aujourd'hui, nous vivons une des périodes les plus positives des relations entre nos deux pays. C'est un véritable partenariat que la France et la Syrie s'emploient à construire dans tous les domaines, économique, culturel et humain. Aussi, je salue l'initiative du journal "Al-Shahr" qui, en consacrant ce numéro spécial à la relation franco-syrienne, brosse un panorama encourageant des réalisations en cours.
J'ai pu mesurer lors de ma visite officielle à Damas, en octobre 1996, la chaleur de l'accueil réservé à la France par la Syrie, ses dirigeants et son peuple. La communauté syrienne en France et la communauté française en Syrie font preuve d'un dynamisme remarquable au service de la relation entre nos deux pays. Les touristes, les étudiants et les hommes d'affaires français se rendent de plus en plus nombreux en Syrie et en reviennent toujours marqués par l'hospitalité légendaire du peuple syrien, comme par la richesse exceptionnelle de son patrimoine et de son héritage.
Au niveau politique, les positions de nos deux pays sont bien connues et souvent convergentes. La France, comme la Syrie, souhaite que la paix prévale au Proche-Orient, sur la base d'un règlement global, conforme aux résolutions des Nations unies et aux principes de Madrid, dont celui de l'échange des territoires contre la paix. La France considère que la souveraineté syrienne sur le Golan est incontestable et j'ai moi-même rappelé en Israël que la paix avec la Syrie supposait la restitution de ce territoire occupé depuis 1967. La France condamne sans appel toutes les formes de terrorisme et souhaite que tous les pays de la région, dont bien sûr Israël, puissent vivre dans des frontières sûres et reconnues. Enfin, la France, tout comme la Syrie, a mis en garde contre les dangers d'un recours à la force militaire lors de la récente crise entre l'Iraq et les Nations unies, souhaitant que le droit s'applique et demandant à l'Iraq d'appliquer toutes les résolutions du Conseil de sécurité.
Le dialogue politique entre Paris et Damas est régulier et de haut niveau, alimenté par de fréquents échanges de visites entre les plus hauts responsables de nos deux pays.
La relation que j'ai nouée avec le président Hafez El-Assad depuis longtemps est solide et confiante. Le président Assad et moi-même nous entretenons fréquemment des développements de la situation régionale. J'ai gardé un souvenir fort et précis des longues conversations que nous avons eues à Damas en 1996, où la qualité de ses analyses m'a impressionné. Aussi, je suis particulièrement heureux d'accueillir prochainement à Paris ce chef d'Etat, respecté, au prestige reconnu dans le monde arabe et sur la scène internationale. J'attache une grande importance à cette visite d'Etat, qui renforcera encore l'élan des relations entre nos deux pays.
Pour conclure, pour saluer le présent et exprimer ma confiance dans l'avenir, je n'aurai que ces mots : vive la Syrie, vive la France.

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