Publié le 25 mars 1998

Propos à la presse de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la qualification de la France pour l'Euro, à l'issue du conseil des ministres, à Paris le 25 mars 1998.

Propos à la presse de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la qualification de la France pour l'Euro, à l'issue du conseil des ministres, à Paris le 25 mars 1998.

25 mars 1998 - Seul le prononcé fait foi

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Q - Monsieur le Président, que peut apporter aux Français, la qualification de la France pour l'euro, au-delà de la satisfaction de l'amour propre collectif ? Quelles seraient les perspectives ?
R - D'abord, je me réjouis de cette qualification. Je crois que l'on peut dire que c'est un succès pour les Français. C'est une réussite que les Français doivent à leur courage, à leur détermination. Cela fait déjà un certain nombre d'années qu'ils font des efforts pour améliorer leur situation économique. Ces efforts ont permis d'une part, l'entrée dans l'euro, mais ils ont également permis l'amélioration que l'on observe aujourd'hui de la situation économique et donc des perspectives de l'emploi.
Je voudrais aussi rendre hommage à tous mes prédécesseurs et à tous les gouvernements successifs qui dans une continuité remarquable notamment pour notre pays ont, pas après pas, bâti l'Europe. Une Europe qui est la première puissance économique du monde aujourd'hui et qui va se doter d'une monnaie qui sera l'autre grande monnaie du monde à côté du dollar, un moyen très fort pour permettre le développement.
Naturellement, la monnaie n'est pas tout. J'ai bien l'intention de veiller à ce que l'euro soit mis au service du développement économique, de l'emploi et donc du progrès social. Mais aujourd'hui est une journée importante.
Q - Précisément, Monsieur le Président, en quoi, concrètement, l'entrée de la France dans l'euro est de nature à améliorer la situation économique et sociale des Français ?
R - D'abord en harmonisant le grand marché européen et en éliminant toute les variations monétaires qui représentaient des inconvénients graves souvent, au développement notamment pour la France. Ensuite en donnant une force monétaire considérable à l'Europe, au service d'une puissance économique importante mais qui lui permettra de se battre beaucoup plus efficacement dans le monde pour la défense de ses intérêts. Cela est vrai pour toute l'Europe et pour la France en particulier.
Q - Alors, cela, c'est la fin d'une période où on a dit aux gens de se serrer la ceinture un peu pour arriver à la monnaie, ou est-ce le début d'autre chose ?
R - Je crois que c'est le début d'une ère nouvelle. Naturellement, une évolution de la conjoncture n'est jamais prévisible à long terme mais c'est le début d'une ère nouvelle. Je crois que nous nous dotons à la fois d'un sérieux dans la gestion de nos affaires auxquelles nous sommes, je dirais, obligés par les disciplines d'une monnaie unique.
Vous savez, gérer des affaires en bon père de famille, c'est toujours mieux. Qu'il s'agisse d'une nation, d'une entreprise ou d'une famille. Et puis, nous nous dotons aussi d'un instrument, je le répète, monétaire qui va être l'un des plus importants du monde et cela c'est également un moyen de défense de nos intérêts - si j'ose m'exprimer ainsi - un moyen de puissance au bon sens du terme qui est important.
Q - Qu'est-ce que vous pouvez dire aux Français qui peuvent être concrètement inquiets par ce changement d'habitude que va être le passage du franc à l'euro, dans leur vie quotidienne ?
R - Alors, il y a effectivement un problème. Nous l'avons connu au moment du passage de l'ancien franc au nouveau franc et beaucoup de gens ont été fortement perturbés. Il y a maintenant, je crois, des moyens à la fois de communication et aussi des moyens matériels qui permettront, je l'espère, de faire cette transition sans trop de difficultés pour nos compatriotes et notamment pour ceux qui sont les plus âgés, par exemple, et donc les plus ancrés dans leurs habitudes.
Mais j'ai bien l'intention de veiller personnellement à ce que cet effort à la fois technique de conversion - si j'ose dire - et de communication pour que chacun comprenne bien, limite au maximum les effets perturbants dans la vie quotidienne de chacun.
Je vous en remercie.\

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