Publié le 2 octobre 1995

Discours de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la création artistique contemporaine, le rayonnement culturel de Paris, la promotion des artistes français et la prochaine réinstallation de la FIAC au Grand Palais, Paris le 2 octobre 1995.

Discours de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la création artistique contemporaine, le rayonnement culturel de Paris, la promotion des artistes français et la prochaine réinstallation de la FIAC au Grand Palais, Paris le 2 octobre 1995.

2 octobre 1995 - Seul le prononcé fait foi

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Madame la Présidente, Madame Denise René, mesdames et messieurs les organisateurs, mesdames et messieurs les exposants, mesdames et messieurs,
- Laissez-moi tout d'abord vous remercier de nous avoir invités, mon épouse et moi-même, à visiter cette FIAC 95. Permettez-moi aussi, après que nous en ayons découvert ensemble les trésors, de saluer l'oeuvre accomplie.
- Depuis 22 ans, la FIAC n'a cessé d'être un rendez-vous artistique important, attendu par tous les acteurs du marché de l'art : créateurs, galeries et musées, amateurs, bien sûr, venus du monde entier. Cette année, comme chaque année, contre vents et marées - c'est vrai, vous avez connu des moments difficiles, notamment avec la fermeture, à l'automne 1993, du Grand Palais - la FIAC a tenu à offrir à son public le meilleur de la création contemporaine.
- Pour cette 22è édition, et dans cette période un peu troublée que traverse le monde de l'art, la FIAC apparaît, comme toujours, fidèle à elle même : carrefour, rencontre, lieu d'inventions et de découvertes. Des galeries anglaises et des artistes anglais, bien sûr, qui sont à l'honneur cette année, mais aussi des artistes de partout. Je vous en fais, Madame la Présidente, mesdames et messieurs, tous mes compliments.
- Et sincèrement, je m'en félicite. Je suis de ceux qui pensent que la FIAC fait partie des quelques manifestations d'envergure - il y en a peu de par le monde - utiles tant au marché de l'art lui-même que pour conserver à Paris son rang de capitale culturelle. C'est pourquoi j'y suis depuis toujours profondément attaché.
- On n'a rien sans rien. Et Paris n'aurait pu longtemps continuer de figurer parmi les toutes premières places internationales de l'art, par la seule grâce de sa gloire passée. Elle a, c'est vrai, cette chance de jouir, aurpès des artistes et amateurs, d'une image forte de capitale de la création. Mais cet héritage nous oblige. L'événement que constitue la FIAC aura, au fil des ans, contribué à le faire fructifier.
- Il y a la tradition et il y a le mouvement. La FIAC, c'est et ce doit être le mouvement.
- Pour les amateurs, dont je suis, et qui viennent chaque année plus nombreux, la FIAC est d'abord l'occasion d'une promenade à travers tout ce que la création contemporaine compte d'intéressant et de novateur. C'est un étonnement et un plaisir.
- Au collectionneur, la FIAC et les prestigieuses galeries qu'elle rassemble, offrent leur garantie. Dans un marché un peu affaibli de ce point de vue et qui traverse une crise de confiance, ce n'est pas négligeable.
- Et puis la FIAC est et doit être un espace ouvert. Une promesse de talents, loin des sentiers battus. Un endroit où tous les jeux ne sont pas faits, où l'on peut encore parier sur l'avenir. Car si, comme on l'a dit et écrit ici ou là, rien n'est facile pour les marchands, tout n'est pas sombre pour les artistes, et cette FIAC 95 témoigne une fois encore de leur extraordinaire vitalité. De leur combativité aussi, dans ce climat de morosité qui règne actuellement sur le marché de l'art.\
A ce propos, et s'il m'est permis d'exprimer ici un regret et un espoir, je voudrais plaider la cause des artistes français, à mon sens trop peu présents sur le marché français, singulièrement sur le marché parisien. Il me semblerait judicieux qu'à l'avenir nos galeries et jusqu'à nos plus grandes institutions, poussent davantage nos artistes sur le devant de la scène, qu'elles leur accordent la place qui leur revient, que nous donnions aussi à l'étranger l'impression que nous-même croyons à nos peintres et sculpteurs.
- Enfin, plus qu'un événement, la FIAC est devenue, en 22 ans d'existence, l'un de ces rares forums où tous les partenaires peuvent se retrouver et faire ensemble le point sur la création et le négoce artistiques.
- Cette FIAC 95, je lui souhaite, Madame la Présidente, mesdames et messieurs, beaucoup de succès. Un succès à la mesure de l'entreprise et de ses espoirs. 120 galeries, 19 pays représentés, plus de 150000 visiteurs attendus : c'est dire l'ampleur du travail accompli par ses organisateurs.
- Je n'ignore pas combien vous manque le Grand Palais et combien vous avez hâte de le retrouver. Le ministre de la culture sait combien je suis également attaché à ce qu'un nouveau Grand Palais, débarrassé de tout ce qui l'encombrait naguère, devienne ce lieu d'exposition exceptionnel dont la France a besoin. C'est un projet qui doit être conduit aussi rapidement que possible. C'est dans ce Grand Palais rénové que la FIAC, je le souhaite, se réinstallera.
- Enfin, je tenais à souhaiter la plus chaleureuse des bienvenues à vos hôtes étrangers, en particulier à vos prestigieux collègues d'Outre-manche qui sont cette année les invités d'honneur de la FIAC. Je les remercie de leur confiance et d'avoir répondu avec un tel enthousiasme à votre invitation, Madame la Présidente, témoignant ainsi de l'audience internationale de la FIAC et de son importance aux yeux des professionnels.
- Et maintenant, place à l'art. Place aux rencontres, aux coups de coeur.
- Bon vent à la FIAC 1995 ! Madame la Présidente, mesdames et messieurs, je vous remercie.\

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