Publié le 29 mars 1993

Allocution radiotélévisée de M. François Mitterrand, Président de la République sur le résultat des élections législatives du 28 mars et sur la nomination du nouveau Premier ministre, Paris le 29 mars 1993.

29 mars 1993 - Seul le prononcé fait foi

Allocution radiotélévisée de M. François Mitterrand, Président de la République sur le résultat des élections législatives du 28 mars et sur la nomination du nouveau Premier ministre, Paris le 29 mars 1993.

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Mes Chers compatriotes,
- En élisant une majorité nouvelle, très importante, à l'Assemblée nationale, vous avez marqué votre volonté d'une autre politique. Cette volonté sera scrupuleusement respectée.
- J'ai reçu et accepté ce matin la démission de Monsieur Pierre Bérégovoy auquel j'ai exprimé mes remerciements pour l'oeuvre accomplie par son gouvernement et dont j'ai constamment apprécié le grand mérite personnel.
- Je confie dès ce soir la charge du Premier ministre à Monsieur Edouard Balladur, député de Paris, ancien ministre d'Etat. Non seulement parce qu'il apparaît comme le plus apte à rassembler les différentes composantes de la majorité mais aussi en raison de ses compétences. Je souhaite qu'il soit en mesure de former une équipe gouvernementale solide et cohérente dans les plus brefs délais. La France ne peut attendre plus longtemps.
- Quant à moi, je me conformerai aux devoirs et aux attributions que la Constitution me confère.
- Je veillerai à la continuité de notre politique extérieure et de notre politique de défense. L'Europe, la construction communautaire, l'unité progressive de notre continent doivent demeurer au premier rang de nos préoccupations. Le traité de Maastricht déjà ratifié par 10 pays a été approuvé par le peuple. Il nous appartient de le mettre en oeuvre sans esprit de retour.
- Dans l'immédiat, il faut préserver le système monétaire européen. Cela ne dépend pas que de nous mais un franc à parité maintenue avec le mark allemand en est une condition. Sans système monétaire commun, il n'y a pas d'Europe.
- Enfin, je n'ai pas besoin de rappeler que dans un monde en crise l'unité nationale reste notre principal atout. Elle repose notamment sur la cohésion sociale du pays.
- A la majorité qui s'en va et qu'accompagnent mes pensées fraternelles, je dis qu'au-delà des difficultés du moment, viendra le temps du jugement serein sur la période qui s'achève. J'ai confiance dans celui de l'Histoire.
- A la majorité qui arrive, je dis mon souhait qu'elle sache trouver les voies qui lui permettront de répondre aux aspirations des Français.
- A vous, mes chers compatriotes, je dis : travaillons, travaillons tous, au succès de la France.
- Vive la République.
- Vive la France.\

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